Gouvernement Lecornu : « L’erreur des Républicains, c’était de penser qu’il y aurait un casting renouvelé », estime le sénateur de l’Oise, Olivier Paccaud.

Invité de la matinale de Public Sénat, le sénateur de l’Oise et membre des Républicains, Olivier Paccaud, est revenu sur les nominations du gouvernement, déplorant sa composition et l’absence de véritables signes de rupture.
Louis Dubar

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La nuit n’a pas apaisé la colère des Républicains. « Nous avons l’impression d’avoir été totalement floués », confie le sénateur Les Républicains de l’Oise, Olivier Paccaud, quelques minutes avant l’annonce de la démission de Sébastien Lecornu. Un virage à 180°, car la veille, les ténors de la droite avaient validé, au cours d’une visioconférence, leur participation au gouvernement.

Une participation des LR validée

La veille encore, les ténors de la droite avaient acté, à l’issue d’une visioconférence, leur participation au premier gouvernement de Sébastien Lecornu. « On a eu un débat parmi les 185 parlementaires Républicains avec comme conclusion qu’il valait mieux participer au gouvernement, mais sans le cautionner. 80 % des parlementaires étaient favorables à une participation exigeante », rappelle Olivier Paccaud. « Laurent Wauquiez a dit son scepticisme. Bruno Retailleau a expliqué qu’il valait mieux infléchir de l’intérieur le cours du paquebot France », poursuit-il, précisant que la droite se réservait le droit de rompre cette coopération si certaines lignes rouges venaient à être franchies. Il cite plusieurs dossiers sur lesquels Les Républicains refusent de transiger, notamment le plafonnement d’une allocation sociale unique.

« L’erreur des Républicains, c’était de penser qu’il y aurait un casting renouvelé »

Mais ce qui a provoqué la colère de la droite, c’est l’absence de rupture promise. « L’erreur des Républicains, c’était de penser qu’il y aurait un casting renouvelé. […] Et cerise sur le gâteau avarié, le retour de Bruno Le Maire [nommé ministre des Armées], « l’Attila de Bercy », l’empereur du déficit… C’est une provocation. Les Français n’en veulent pas, et Les Républicains n’en veulent pas », poursuit le sénateur. « On nous avait vendu Monsieur Lecornu comme un petit Machiavel ; on découvre en réalité Jean-Claude Dusse à Matignon. « Sur un malentendu, ça peut passer » ? Non, ça ne passera pas », lâche l’élu Les Républicains de l’Oise.

« On nous ressort le jeu des sept familles. Les Français en ont soupé du « en même temps ». Les Républicains ne cautionnent pas du tout ça », déplore encore Olivier Paccaud, qui assure que le patron de son parti ignorait tout de la composition avant son annonce officielle. « Bruno Retailleau a été le premier à avoir été surpris par la composition de la nouvelle équipe gouvernementale. C’est un homme de conviction, il n’a pas de double langage », insiste le sénateur de l’Oise.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Montpellier: Jean-Luc Melenchon gestures at a rally
7min

Politique

Mort de Quentin Deranque : sous la menace d’un cordon sanitaire, LFI sommée de « clarifier » sa position vis-à-vis de la violence politique

10 jours après la mort du jeune militant d’extrême droite, Quentin Deranque, tué sous les coups de militants antifa, lors d’une bagarre de rue à Lyon, la pression ne faiblit pas sur les élus LFI. A droite, à l’extrême droite, mais aussi à gauche, les appels à la formation d’un cordon sanitaire autour de la formation de Jean-Luc Mélenchon, se multiplient. LFI est-il hors du champ républicain ? Une question loin d’être tranchée au Sénat.

Le

Gouvernement Lecornu : « L’erreur des Républicains, c’était de penser qu’il y aurait un casting renouvelé », estime le sénateur de l’Oise, Olivier Paccaud.
3min

Politique

Saluts nazis pendant l’hommage à Quentin Deranque : Marion Maréchal juge « résiduels » les débordements

Invitée de la matinale de Public Sénat, la présidente du parti Identité-Libertés, Marion Maréchal a évoqué la « complicité morale » de LFI dans la mort de Quentin Deranque. L’eurodéputée juge que les débordements ayant eu lieu lors de l’hommage à Quentin Deranque sont « résiduels » alors que la préfecture a rapporté avoir reçu des signalements évoquant des saluts nazis.

Le