Gouvernement Lecornu : « S’il n’engage pas la confiance, il y aura une motion de censure », prévient Éric Coquerel 

Invité de la matinale de Public Sénat, le député insoumis de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel a demandé la démission d’Emmanuel Macron et l’organisation de nouvelles élections.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Il n’y a que les naïfs qui peuvent penser qu’il va changer de politique », assure Éric Coquerel (LFI), député et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale. Après les premières orientations budgétaires dévoilées par Sébastien Lecornu dans un entretien accordé au Parisien le 26 septembre, Éric Coquerel et La France insoumise dénoncent la poursuite de la politique d’Emmanuel Macron. Le Premier ministre a d’ores et déjà exclu de reprendre deux propositions majeures de la gauche, la remise en cause de la réforme des retraites de 2023 et la création d’une taxe de type Zucman sur le patrimoine des ultra-riches. « Ça va être globalement le même budget, le même qui sévit depuis 2017 », anticipe Éric Coquerel. 

La gauche se prépare à censurer Sébastien Lecornu

Face à cette situation, une grande partie de la gauche affirme être prête à censurer Sébastien Lecornu. « Si le gouvernement n’engage pas la confiance, il y aura une motion de censure qui sera déposée. On dialogue avec [le PS] et on leur a proposé de signer cette motion de censure », rapporte Éric Coquerel. A l’inverse, ce dernier met en garde le parti socialiste en cas d’accord avec l’exécutif : « Ils ont permis au macronisme de poursuivre sa route en ne censurant pas Monsieur Bayrou en février pour des clopinettes. Il y a eu cette leçon j’espère que maintenant ils vont comprendre ». 

Le Parti socialiste se montre encore prêt à négocier avec l’exécutif, mais Olivier Faure a prévenu, ce lundi 29 septembre, que « si rien ne change, il y aura une censure ». Le premier secrétaire du PS demande une « copie complète » avant de rencontrer Sébastien Lecornu ce vendredi. 

La France insoumise continue de demander la démission d’Emmanuel Macron 

Pour le député insoumis, seules de nouvelles élections peuvent débloquer la situation. « Je pense qu’il faut un retour au peuple. On ne peut pas continuer un an de plus avec des gouvernements minoritaires », considère Éric Coquerel. Si le Rassemblement national appelle de ses vœux à une nouvelle dissolution, le patron du PS s’est également dit prêt à de nouvelles élections si Sébastien Lecornu était censuré.

Néanmoins, La France insoumise continue de demander la démission du président de la République plutôt qu’une nouvelle dissolution. Le président de la commission des finances a d’ailleurs rappelé que son groupe avait lancé une procédure de destitution et espère obtenir le soutien des autres groupes d’opposition pour inscrire la motion de destitution à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. « Ce serait une manière de repartir sur des bases démocratiques », juge Éric Coquerel.

Partager cet article

Dans la même thématique

6min

Politique

Municipales 2026 : les prisons privées du vote par correspondance

Conformément à la loi promulguée en juillet 2025, les détenus ne pourront plus voter par correspondance aux scrutins locaux, dans le souci d’éviter toute distorsion électorale. Au mois de mars, les municipales seront les premières élections concernées par ce changement.

Le

image prétexte écran ordinateur
5min

Politique

 « Où va ma France ? » : Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat, juge l’initiative « totalement scandaleuse et illégale ».

La députée écologiste Sabrina Sebaihi a dénoncé, lundi 5 janvier sur le réseau social X, le site « Où va ma France ? », qu’elle accuse de constituer un « fichage dangereux ». La plateforme cartographiant mosquées, quartiers dits « sensibles » et hébergements pour migrants, fait désormais l’objet de plusieurs saisines judiciaires.

Le

Le Senat, Paris.
5min

Politique

Fin de vie : « Un référendum sur le texte inopérant du Sénat, n’aurait pas de sens », considère Olivier Falorni

Cette semaine, la commission des affaires sociales du Sénat a restreint la portée de la proposition de loi établissant « un droit à l’aide à mourir », le remplaçant par une « assistance médicale à mourir ». L’auteur de la proposition de loi, le député Olivier Falorni, juge la version du Sénat « inopérante » et espère « un dernier mot » de l’Assemblée avant l’été. Le chef de l’Etat a rappelé qu’il était prêt à aller au référendum si la navette parlementaire était interrompue.

Le