Gouvernement : « Monsieur Retailleau agite des peurs, il agite des sentiments, une sorte de racisme permanent », affirme Pierre Jouvet (PS)
Invité de la matinale de Public Sénat, Pierre Jouvet, député européen et porte-parole du Parti socialiste est revenu sur la composition du gouvernement et la nomination de Bruno Retailleau à l’intérieur. Ce dernier dénonce la communication du nouveau ministre, s’interrogeant sur la politique qu’il souhaite défendre sur le fond.
« Qui ne veut pas d’ordre ? On est dans une forme de débat caricaturé, vous pensez qu’il y a un élu qui ne veut pas d’ordre ? » a réagi le député européen socialiste Pierre Jouvet, faisant échoaux déclarations de Bruno Retailleau hier lors de la passation de pouvoir au ministère de l’Intérieur. Le nouveau député européen déplore des actions de communication plutôt que de fond après la visite, ce matin, de Bruno Retailleau à La Courneuve.
Quelle ligne pour le ministre de l’Intérieur ?
Le Premier ministre a dit dans sa première réunion [qu’il fallait] travailler avant de communiquer », relève Pierre Jouvet, « avec quel budget, quels moyens, quelle politique ? », s’interroge le socialiste. Alors que le programme et la feuille de route du gouvernement restent indécis jusqu’à la déclaration de la politique générale, les socialistes ont prévenu qu’ils déposeraient une motion de censure dès l’ouverture de la session parlementaire le 1er octobre. Depuis sa nomination, Bruno Retailleau se montre particulièrement présent dans les médias avec notamment une interview au 20h de TF1 puis la matinale d’Europe 1 ce matin. « Bruno Retailleau est là dans un agenda personnel qui n’amène pas une politique et une ligne de fond bien différente de celle qui a été faite par Gérald Darmanin jusqu’à présent », avance le député européen pour justifier la volonté des socialistes de censurer le gouvernement sans attendre le discours de politique générale. Sur le fond, Pierre Jouvet s’interroge sur la politique qui sera appliquée par le nouveau ministre de l’intérieur et appelle, par exemple, à reprendreles travaux du sénateur Jérôme Durain sur le narcotrafic.
« Bruno Retailleau c’est le successeur de Nicolas Sarkozy à l’intérieur »
« Je ne laisserai rien passer », a déclaré ce matin Bruno Retailleau sur CNews annonçant qu’il allait saisir le procureur de la République après un tweet du député LFI Raphaël Arnault sur la police. « Bruno Retailleau c’est le successeur de Nicolas Sarkozy à l’intérieur. Tout ça n’amènera que de la déception tant qu’il n’y aura pas une politique de fond sur la sécurité », estime Pierre Jouvet, rappelant les suppressions de postes de gendarmes et de policiers durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. En critiquant des éléments de communication, Pierre Jouvet estime que le nouveau gouvernement cherche à s’assurer la non-censure du gouvernement par le Rassemblement national. « C’est pour ça qu’il adopte un ton aussi martial. Il veut ouvrir cette forme de majorité entre LR et les anciens macronistes au Rassemblement national. Monsieur Retailleau agite des peurs, il agite des sentiments, une sorte de racisme permanent », tacle le député européen. Pour l’instant, le RN entretient le doute sur son vote ou non d’une motion de censure, mais compte peser sur la politique du gouvernement notamment en matière d’immigration. Des sujets qui pourraient compromettre la durée de vie du gouvernement, certains soutiens du gouvernement, comme le député HorizonsFrédéric Valletoux, affirmait hier que la suppression de l’aide médicale d’Etat était une ligne rouge.
La Fête de l’Humanité s’est tenue ce week-end en Essonne. Elle a vu défiler la plupart des candidats de gauche à la présidentielle, qui se sont tous exprimés lors de meetings organisés indépendamment les uns des autres. Une offre pléthorique à gauche, qui laisse ses sympathisants dans le flou, à huit mois de la présidentielle.
À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).
Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.
Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.