Gouvernement : « On ne peut pas simplement trépigner et attendre que le Président veuille démissionner », tacle Olivier Faure

Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS, réclame un Premier ministre de gauche, alors que LFI refuse de se mettre autour de la table pour travailler sur la mise en place d’un gouvernement, préférant pousser pour une démission du chef de l’Etat. Ce mercredi, députés et sénateurs PS se sont réunis alors que le nom du nouveau chef de gouvernement pourrait tomber d’un instant à l’autre.
Romain David

Temps de lecture :

4 min

Publié le

« Nous considérons qu’à un moment il faut avancer, qu’il faut proposer, qu’il faut chercher des solutions. Et je regrette que LFI n’en soit pas ». Les tensions entre les socialistes et les insoumis vont-elles faire éclater le Nouveau Front populaire ? Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS semble avoir pris le leadership à gauche ces derniers jours, cherchant à obtenir la nomination d’un Premier ministre de gauche, sur la base d’un accord de non-censure à l’Assemblée nationale.

« Par égard pour les Français, on ne peut pas simplement trépigner et attendre que le Président veuille démissionner. Visiblement, il ne veut pas le faire », commente le socialiste auprès de Public Sénat, en marge d’une réunion organisée au Palais du Luxembourg entre les parlementaires PS, alors qu’Emmanuel Macron devrait annoncer un nouveau Premier ministre d’ici demain soir.

« On avisera selon ce que sera la décision du président »

« Nous sommes sur une position très simple : nous voulons un Premier ministre de gauche. Après, on avisera selon ce que sera la décision du président », explique Olivier Faure. Alors que le nom de François Bayrou circule pour Matignon, le patron du PS rejette cette hypothèse. « L’évidence, c’est qu’Emmanuel Macron ne peut pas ou ne devrait pas reconduire quelqu’un qui a accompagné sa politique pendant sept ans. Les Français veulent le changement et Bayrou c’est la continuité », martèle le député de Seine-et-Marne.

« Il est clair que pour nous, notre participation au gouvernement, c’est un Premier ministre de gauche et rien d’autre », appuie Patrick Kanner, le président du groupe PS au Sénat.

« Nous ne sommes pas retombés dans le piège de cet été »

Les principaux dirigeants du NFP, reçus à l’Elysée mardi à l’exception de LFI, ont proposé au chef de l’Etat de gouverner sans avoir recours au 49.3, en échange de quoi les oppositions s’engageraient à ne pas déposer de motion de censure. De leur côté, les insoumis, Jean-Luc Mélenchon en tête, veulent pousser Emmanuel Macron à la démission et déclencher une présidentielle anticipée, car ils estiment que le chef de l’Etat est la cause principale de la crise politique qui paralyse les institutions depuis la dissolution.

« Si nous n’obtenons pas un Premier ministre de gauche, la négociation se déportera sur les conditions d’une non-censure », glisse un poids lourd de la gauche sénatoriale. « Nous ne sommes pas retombés dans le piège de cet été, où nous étions tous rangés derrière un nom, celui de Lucie Castets, et il avait suffi au président de le refuser pour écarter la gauche », explique cet élu qui estime que l’exécutif est désormais contraint de négocier avec la gauche au nom de la stabilité.

« En échange de la recherche du compromis, on peut faire l’effort de ne pas censurer, mais ça veut dire qu’il faut qu’il y ait des compromis, qu’il faut qu’il y ait des victoires, qu’il faut qu’il y ait des changements, il faut qu’il y ait la possibilité de dire aux Français que non, nous ne sommes pas condamnés à vivre et revivre pendant les trois prochaines années ce que nous avons déjà vécu pendant sept ans », avertit Olivier Faure. Des compromis qui pourraient potentiellement sceller une rupture définitive avec LFI. « Nous, on avance ! », balaye Patrick Kanner. Et l’un de ses collègues de conclure : « Grand bien nous fasse ! »

Avec Quentin Calmet

Partager cet article

Dans la même thématique

Heatwave canicule, ecole elementaire, Paris
10min

Politique

Présidentielle 2027 : que proposent les candidats pour l’école ?

À quelques heures de la rentrée scolaire, l’éducation s’impose déjà comme l’un des thèmes de la campagne présidentielle. Salaires des enseignants, autorité, réduction des effectifs, autonomie des établissements, lutte contre les inégalités : de la droite à la gauche, les candidats avancent des réponses très différentes à une même préoccupation, celle d’une école jugée en difficulté.

Le

Ecole maternelle Volontaires, Violences dans le periscolaire, Paris
7min

Politique

Violences sexuelles dans le périscolaire : Anne Hidalgo auditionnée le 15 septembre par la commission d'enquête du Sénat

Avec 203 enquêtes pénales actuellement ouvertes pour des soupçons de violences dans les établissements scolaires parisiens, l'inquiétude des parents n'est pas près de faiblir à la veille de la rentrée. Au Sénat, la commission d'enquête consacrée à la prévention et au traitement des violences dans le périscolaire va reprendre ses travaux avec notamment l’audition d’Anne Hidalgo prévue le 15 septembre et celle d'Emmanuel Grégoire le 16 septembre. Sa rapporteure, Agnès Evren (LR), regrette « la solitude institutionnelle » qui pèse sur les familles victimes.

Le

Logo du Parti socialiste illustration
4min

Politique

Présidentielle : comment fonctionne la primaire du PS ?

Les socialistes et plusieurs formations satellites organisent une primaire en octobre pour choisir leur candidat à l’élection présidentielle. Les sympathisants de gauche qui n’appartiennent à aucun des partis organisateurs devront s’acquitter d’un tarif de 15 ou 10 euros, en fonction de leurs revenus, pour pouvoir voter. Explications.

Le