« Grâce aux réseaux sociaux, les mouvements masculinistes se développent de plus en plus », déplore Dominique Vérien 

La délégation aux droits des Femmes du Sénat a lancé fin novembre un cycle d’auditions sur la montée en puissance des réseaux et mouvements masculinistes. Un mouvement dangereux pour la société, selon la présidente de la délégation, Dominique Vérien car « il prône une forme d’anti-féminisme ».  
Quentin Calmet

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C’est un des succès inattendus de 2025 : la série « Adolescence », sur la plateforme Netflix, a fasciné plus d’une centaine de millions de spectateurs, partout dans le monde. Dans cette série, un jeune adolescent de 13 ans, Jamie Miller, s’en prend à une de ses camarades, et la tue, presque sans raison. Au fil des épisodes, on comprend que le jeune homme s’est perdu dans l’idéologie masculiniste, un courant de pensée toxique et misogyne. Cette série a provoqué un large débat politique en Grande-Bretagne, au printemps 2025. 

La France n’est pas épargnée. Ce mouvement est « vieux comme le monde », analyse au micro de Public Sénat, Dominique Vérien, la présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat.  « Le fait de lutter contre les droits des femmes, contre l’autonomie des femmes, ce sont des mouvements courants. Sauf que grâce aux réseaux sociaux, ils peuvent se développer de plus en plus. Nous avons énormément d’influenceurs qui prêchent contre les femmes. On voit des mouvements politiques qui se servent de ces influenceurs pour pouvoir développer leurs idées politiques, c’est un vrai choix de société, en fait… »  

Mouvement d’Eric Zemmour 

Interrogée sur la proximité politique de ces mouvements masculinistes sur l’échiquier politique français, la sénatrice centriste explique : « Ce sont plutôt des mouvements politiques liés à l’extrême droite. Ce sont les réseaux comme [Eric] Zemmour qui clairement est un masculiniste de la première heure, avec ses écrits qui datent de 2006. (« Le Premier sexe »). Donc, oui, effectivement on va les retrouver plus facilement à l’extrême droite. Maintenant on sait aussi que les mouvements « anti droit des femmes », on peut les retrouver un peu partout mais clairement plus à l’extrême droite. »  

Un important cycle d’auditions au Sénat 

La délégation aux droits des femmes a ainsi lancé un cycle d’auditions en recevant des spécialistes du sujet, qui ont pu écrire des ouvrages sur ce phénomène. Comme Pauline Ferrari, auteure de « Formés à la haine des femmes », ou encore Pauline Gonthier, auteure de « Parthenia ».  

Ainsi, lors de son audition au Sénat, jeudi 08 janvier 2026, Pauline Ferrari a ainsi eu ces mots très forts : « Le masculinisme tue, et j’ai l’impression que tout le monde s’en fout ». De son côté, Pauline Gonthier a expliqué : « Le masculinisme, c’est une volonté politique de destruction des marges et de la liberté de choisir sa vie. ».  

Mais alors la délégation aux droits des femmes entend-elle recevoir certains représentants de cette mouvance ? « Est-ce que lorsqu’on veut parler racisme, on reçoit des racistes ? Je ne suis pas tout à fait sûre… », répond Dominique Vérien. « Est-ce qu’ils viendraient ? Quelles réponses est-ce qu’on pourrait en attendre… C’est une question qui s’est posée…  Pour l’instant, on n’y a pas vraiment répondu. On s’est posé la question éventuellement sur des gens qui écrivent sur le sujet, y compris en trouvant en positif leurs thèses ; donc peut-être… peut-être. », conclut la présidente de la délégation.  

Trois co-rapporteures, Olivia Richard (Union centriste), Béatrice Gosselin (LR)  et Laurence Rossignol (PS), ont été désignées pour travailler sur ce thème et rendre des conclusions en juin. La délégation aux droits des femmes devrait organiser plusieurs tables rondes dans les prochaines semaines avec des associations féministes, puis avec les représentants des plateformes numériques, et sans doute une audition de l’Arcom, l’organisme de régulation de l’audiovisuel et des plateformes sur internet, mais aussi avec des victimes de cyberharcèlement masculiniste, des acteurs de l’éducation nationale et enfin avec les administrations ou institutions impliquées dans la lutte contre le masculinisme.  

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