Grand débat : il ne faut pas « rejouer l’élection présidentielle de 2017 » prévient Jérôme Durain
Jérôme Durain, sénateur socialiste de la Saône-et-Loire, était l’invité de Territoire Sénat ce matin. Le sénateur revient sur la sortie du grand débat, les élections européennes et sa proposition de loi pénalisant l’écocide.

Grand débat : il ne faut pas « rejouer l’élection présidentielle de 2017 » prévient Jérôme Durain

Jérôme Durain, sénateur socialiste de la Saône-et-Loire, était l’invité de Territoire Sénat ce matin. Le sénateur revient sur la sortie du grand débat, les élections européennes et sa proposition de loi pénalisant l’écocide.
Public Sénat

Par Marion D'Hondt

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Jérôme Durain est sceptique quant à l’issue du grand débat. Pour lui, « la place omniprésente du Président » biaise les réponses. Par exemple, il ne croit pas qu’une baisse d’impôt soit nécessaire. Au contraire, il constate « une vraie demande de services publics ». Pour lui, c’est « la focalisation sur la dette », dans les débats, qui amène à ce genre de réponses. Il refuse de parler de manipulation mais parle d’ « encadrement ». Les vraies réponses, selon lui, sont « à aller chercher dans les questions ouvertes ».

Il en va de même pour la place des élus et du Parlement. C’est « en ouvrant le débat sur l’utilité des élus qu’à la fin les Français le reprennent en chœur ». Il souhaite également poser la question de « la place de l’exécutif dans les institutions ». Concernant l’allocution de Philippe, le 11 avril, devant le Sénat, qui ne sera pas suivie d’un vote, elle est inutile. Pour Jérôme Durain, « tout cela est très long et on ne sait pas quel est le point d’arrivée ». L’essentiel, selon lui, étant de « ne pas rejouer l’élection présidentielle de 2017 ».

« Quelle que soit la tête de liste PS, ç’aurait été compliqué »

Au niveau des élections européennes, le PS sera représenté par Raphaël Glucksmann, à qui Jérôme Durain réaffirme son soutien. Pour lui, ce candidat « apporte aux socialistes quelque chose de plus », « quelque chose de décalé », « l’opportunité de se rassembler ». Il reconnaît que « ses premiers pas ne sont pas simples », mais lui confirme son soutien. De toute façon, considère-t-il, « quelle que soit la tête de liste PS, ç’aurait été compliqué ». Pour lui, le vrai sujet est « l’atomisation de la gauche ». Au moins, avec Raphaël Glucksmann, « on a l’opportunité de tendre la main à d’autres formations ».

« On propose que l’écocide soit une catégorie à part du droit pénal »

Enfin, Jérôme Durain a présenté une proposition de loi pour faire reconnaître l’écocide, défini comme « les crimes les plus graves qui concernent l’environnement ». Pour lui, ces crimes ne sont « reconnus par aucune instance » et « les auteurs toujours en liberté ». Ainsi, sa proposition de loi prévoit une catégorie à part du droit pénal, avec des peines allant jusqu’à 7 500 000 euros d’amende et 20 ans de prison. Il ne se fait pas d’illusion, considérant qu’elle sera reçue « de façon assez tiède », mais « il faut bien que quelqu’un prenne l’initiative ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Déboutés du droit d’asile : Bruno Retailleau met la pression sur Renaissance et Horizons dans l’application du futur cadre migratoire européen
6min

Politique

Déboutés du droit d’asile : Bruno Retailleau met la pression sur Renaissance et Horizons dans l’application du futur cadre migratoire européen

Le candidat LR à la présidentielle a interpellé l’exécutif et les parlementaires du camp présidentiel quant aux suites à donner à l’accord trouvé au niveau européen sur les nouvelles règles d’éloignement des migrants déboutés du droit d’asile. « Il faut que ce soit appliqué immédiatement » et « dans sa totalité », a enjoint l’ancien ministre de l’Intérieur.

Le

White March for Lyhanna in Fleurance.
7min

Politique

Affaire Lyhanna : « Il faut un choc sociétal. Il faut un MeToo des enfants », alerte Denis Roth-Fichet, secrétaire général de la Ciivise

Après le meurtre de la petite Lyhanna, les révélations sur les plaintes visant le principal suspect relancent une question aussi ancienne que dérangeante : la France est-elle réellement capable de protéger les enfants victimes de violences sexuelles ? Derrière l’émotion, les chiffres dressent le portrait d’un système saturé, où les alertes s’accumulent, les enquêtes peinent à aboutir et la parole des mineurs reste trop souvent ignorée.

Le