Grand débat : les sénateurs et députés PS vont apporter leur contribution fin janvier
Les parlementaires PS présenteront « une plateforme de projet qui montrera la cohérence de nos propositions » annonce à publicsenat.fr Patrick Kanner, président du groupe PS du Sénat, prudent sur l’utilité du grand débat. Une initiative conjointe avec les députés PS.

Grand débat : les sénateurs et députés PS vont apporter leur contribution fin janvier

Les parlementaires PS présenteront « une plateforme de projet qui montrera la cohérence de nos propositions » annonce à publicsenat.fr Patrick Kanner, président du groupe PS du Sénat, prudent sur l’utilité du grand débat. Une initiative conjointe avec les députés PS.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les parlementaires socialistes veulent apporter leur pierre au grand débat. Lancée officiellement le 15 janvier par Emmanuel Macron, cette consultation, qui est l’une des réponses de l’exécutif aux gilets jaunes, est censée faire remonter les doléances des Français. Le premier ministre Edouard Philippe a assuré mercredi vouloir prendre en compte « tout ce qui aura été dit ».

Face au mouvement de défiance ambiant envers tous les corps intermédiaires, les sénateurs et députés PS veulent au contraire montrer que les partis politiques ont encore leur mot à dire. Pour les socialistes, toujours en difficulté depuis la présidentielle et difficilement audibles à gauche, c’est tout l’enjeu.

Se faire entendre

« Avec Valérie Rabault, présidente du groupe Nouvelle gauche (PS) à l’Assemblée, on présentera vers la fin janvier une plateforme de projet qui montrera la cohérence de nos propositions sur différents grands thèmes » annonce à publicsenat.fr Patrick Kanner, président du groupe PS du Sénat. L’ancien ministre de la Ville évoque « la lutte contre les inégalités, le développement durable, une nouvelle étape de décentralisation ou de nouvelles libertés, comme le droit de choisir sa mort comme on le souhaite, ou l’Europe ».

Le travail des socialistes sur l’ISF, dont ils réclament le retour, nourrira aussi cette plateforme. Députés et sénateurs avaient déjà joint leurs forces pour demander un référendum d’initiative partagée sur le sujet.

« Le grand débat, ça ne doit pas être la grande braderie où on passe tout et n’importe quoi »

« On prendra notre part au débat, mais avec une ligne politique. Le grand débat, ça ne doit pas être la grande braderie où on passe tout et n’importe quoi » met en garde le sénateur du Nord. L’idée est aussi d’apporter aux 74 sénateurs et 30 députés PS (et apparentés) « des billes pour les débats locaux ».

Patrick Kanner n’est en réalité pas très emballé par le grand débat. « On n’est pas dans une logique de boycott, mais pas non plus béat d’admiration » explique-t-il. « Ça peut être un rendez-vous démocratique. Mais il ne faut pas en attendre tout, sinon ça deviendra la grande frustration nationale et non le grand débat. Car on ne pourra pas tout accepter ». Le sénateur insiste sur « l’intérêt d’avoir des outils de tampon que sont les politiques, les syndicats et les associations ». Pas sûr que tous les Français en soient aujourd’hui convaincus.

« Ou bien Chantal Jouanno assume sa responsabilité, sinon elle s’en va »

Avec le grand débat, « on voit le malaise de ce gouvernement et son improvisation » ajoute le président de groupe. « Très choqué » par le retrait de l’organisation de Chantal Jouanno, il lui demande de démissionner de la présidence de la Commission nationale du débat public : « Ou bien elle assume sa responsabilité, sinon elle s’en va ». Il ajoute :

« Le grand débat commence mal. Il est déjà plombé… »

Patrick Kanner a au moins un motif de satisfaction : le report d’un mois, « en bonne intelligence » avec le Sénat, a souligné Edouard Philippe, de l’examen par les sénateurs du projet de loi d’orientation des mobilités. « Je l’avais demandé le premier. J’avais écrit à Marc Fesneau (ministre en charge des Relations avec le Parlement, ndlr). C’était inimaginable d’avoir le texte en première lecture au Sénat en février. Il est normal d’attendre la fin du grand débat ». En attendant d’écouter (ou pas) les Français, le gouvernement s’entraîne peut-être avec la Haute assemblée.

Partager cet article

Dans la même thématique

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le

Photo illustration collage affiches election presidentielle de 2027
5min

Politique

Présidentielle : et si les électeurs français étaient moins indécis qu’on ne le pense ?

Une étude de Terra Nova en partenariat avec Cluster 17 sortie ce mercredi étudie la structure de l’électorat français à quelques mois de la présidentielle. Elle décrit des électeurs répartis en cinq blocs politiques. Si la porosité entre eux est possible, elle est plus probable entre blocs voisins. Si aucune majorité ne se dégage des estimations du premier tour, au second, le modèle prédit une victoire de Marine Le Pen dans tous les cas.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
11min

Politique

« La disparition de François Patriat nous ressoude encore plus » : confiant sur son maintien lors des sénatoriales, le groupe RDPI face à l’après Macron

Avec le décès de François Patriat, qui dirigeait le groupe macroniste depuis sa création en 2017, le RDPI, dont plus de la moitié des membres est renouvelable, aborde les sénatoriales dans des conditions très spéciales. Mais la disparition du fidèle d’Emmanuel Macron vient aujourd’hui resserrer les liens. Des questions se poseront plutôt après la présidentielle, où la « recomposition au centre » pourrait concerner le groupe, qui va avant se trouver un nouveau président. Plusieurs noms circulent.

Le