Grand débat: Philippe contre « un grand soir fiscal »
Edouard Philippe s'est dit jeudi contre "un grand soir fiscal", un "exercice d'une grande complexité", plaidant pour se cantonner...

Grand débat: Philippe contre « un grand soir fiscal »

Edouard Philippe s'est dit jeudi contre "un grand soir fiscal", un "exercice d'une grande complexité", plaidant pour se cantonner...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Edouard Philippe s'est dit jeudi contre "un grand soir fiscal", un "exercice d'une grande complexité", plaidant pour se cantonner à une refonte des impôts locaux, lors d'une visite "surprise" à un débat à Saint-Germain-lès-Corbeil en Essonne.

"Je ne sais pas faire le grand soir fiscal", a déclaré le Premier ministre devant une soixantaine de personnes réunies dans la salle des fêtes de cette petite ville de 7.500 habitants.

"J'ai bien compris que les Français disaient qu'ils voulaient moins d'impôts. Je l'ai entendu fort et clair", a-t-il ajouté, en référence à la crise des "gilets jaunes".

"Mais changer toute la fiscalité, c'est un exercice d'une grande complexité", "un exercice redoutable", a-t-il insisté, en se disant "partisan de faire en sorte qu'il y ait de la stabilité en la matière".

"En revanche, j'ai indiqué qu'on voulait le faire au moins au niveau local (..) pour faire un système plus simple, plus juste et plus lisible", a-t-il poursuivi, en défendant "la suppression de la taxe d'habitation", qui "n'est pas une mauvaise mesure".

Durant plus de 2H30 de débats, M. Philippe a répondu à une salve de questions portant notamment sur les déserts médicaux dans le pays, une problématique prégnante dans ce territoire situé à une trentaine de kilomètres au sud de Paris.

"Ce n'est plus une caractéristique des seuls territoires ruraux", a souligné le Premier ministre en la qualifiant d'"extrêmement préoccupante". M. Philippe a détaillé en retour des mesures du projet de loi Santé actuellement en examen à l'Assemblée et qui prévoit notamment la suppression du numerus clausus et du redoutable concours de fin de première année d'études de santé.

M. Philippe a aussi déploré le développement de "la précarité de l'emploi, la permittence".

"Il y a eu une explosion dans les dix dernières années des CDD très courts.(...) Ce n'est pas seulement l'affaire du privé, l'état n'est pas un très bon employeur. L'employeur public a aussi laissé se développer des situations très choquantes", s'est-il insurgé en promettant de lutter contre "la multiplication des contrats courts".

Interpellé sur l'introduction d'une limite d'âge pour les élus, M. Philippe a estimé qu'il s'agissait d'une "bonne question".

"Il faut se la poser mais je suis toujours hésitant sur ces règles qui imposent, parce que c'est assez facile de trouver des contre-exemples", a déclaré le Premier ministre.

M. Philippe participait là à son 8e grand débat et s'est félicité à la sortie des milliers de réunions organisées. "Il y a une vraie appétence de nos concitoyens à dire, à échanger, pour faire avancer le pays et trouver le compromis démocratique", a-t-il assuré à la presse.

Partager cet article

Dans la même thématique

Grand débat: Philippe contre « un grand soir fiscal »
3min

Politique

Lycéens, carburant, agriculteurs : Sébastien Lecornu appelle à l'apaisement sans annoncer de moyens supplémentaires

Dans une allocution de 15 minutes enregistrée depuis Matignon, Sébastien Lecornu a assuré que le gouvernement avait pris conscience des crises que traverse le pays tout en réaffirmant sa volonté de ramener le déficit à 5 % du produit intérieur brut en 2027. S'il affirme ne pas être indifférent aux angoisses des lycéens, il renvoie leurs revendications au débat budgétaire. Il a toutefois annoncé la libération de 10 millions de barils de gazole de la réserve stratégique afin de faire baisser le prix du litre de gazole à la pompe de 12 à 18 centimes.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Manifestations lycéennes : mis en cause sur sa gestion du maintien de l’ordre, Laurent Nuñez pressé de trouver la voie de l’apaisement

Les mutilations de plusieurs élèves lors des manifestations lycéennes ont remis brutalement sur le devant de la scène la doctrine du maintien de l’ordre. Un rapport du Sénat sur ce sujet sera présenté dans les prochains jours. En attendant, faisant face aux demandes de démission des oppositions de gauche, le ministre de l’Intérieur a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes et a longuement justifié l’action des forces de l’ordre, lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale.

Le