Grand Paris Express : « Ce projet ira au bout », assure le futur patron de la Société du Grand Paris
Jean-François Monteils, candidat désigné par le gouvernement pour reprendre la tête de la Société du Grand Paris, a assuré devant les sénateurs que le projet de super métro autour de la capitale ira jusqu’à son terme, malgré les dérives du coût global et les retards dans la livraison du chantier.

Grand Paris Express : « Ce projet ira au bout », assure le futur patron de la Société du Grand Paris

Jean-François Monteils, candidat désigné par le gouvernement pour reprendre la tête de la Société du Grand Paris, a assuré devant les sénateurs que le projet de super métro autour de la capitale ira jusqu’à son terme, malgré les dérives du coût global et les retards dans la livraison du chantier.
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Le limogeage soudain de Thierry Dallard, président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP) a suscité la surprise et de l’incompréhension chez plusieurs parlementaires, et notamment au Sénat. Plusieurs élus de diverses tendances politiques ont écrit à Jean Castex pour demander des explications sur le départ de l’ingénieur, patron de la SGP, après moins de trois années de mandat. Cet établissement public pilote la construction des 200 kilomètres de nouvelles lignes de métro autour de Paris. Le chantier pharaonique, dont la facture s’est élevée, fait face à d’importants retards par rapport aux objectifs du calendrier.

La commission de l’aménagement du territoire et du développement durable a auditionné ce 9 mars 2021 le candidat proposé par l’exécutif pour prendre la relève : Jean-François Monteils, président de la chambre régionale de Nouvelle Aquitaine de la Cour des comptes, et ancien membre du cabinet du Premier ministre François Fillon. Il a tenu à préciser qu’il n’y avait pas d’ « intentions cachées » derrière son statut particulier de magistrat financier.

« Les difficultés seront à la hauteur de l’ambition »

Cet énarque, qui a participé aux réflexions et au lancement du projet il y a 11 ans, a voulu rassurer les sénateurs sur la livraison des quatre nouvelles lignes attendues et les 68 gares. « Ce projet connaîtra évidemment encore de nombreuses vicissitudes. C’est le lot de tout grand projet public des temps modernes. On peut quand même aisément conjecturer que les difficultés seront à la hauteur de l’ambition, mais ce projet ira au bout », a-t-il affirmé au début de son audition.

Auparavant, le président de la commission de l’aménagement du territoire, Jean-François Longeot (Union centriste) s’était ému des changements répétés à la tête de la Société du Grand Paris, depuis sa création en 2010, alors que les difficultés s’accumulent. « Quatre – et bientôt cinq – présidents du directoire se sont succédé. Cette instabilité nous interroge, voire nous inquiète, quant à la bonne conduite du projet du Grand Paris Express », a fait savoir le sénateur du Doubs.

Le budget réévalué en 2018 est « manifestement robuste »

La Cour des comptes, comme la commission des finances du Sénat, avait alerté ces deux dernières années sur le dérapage des coûts. Entre 2013 et 2017, la facture est passée de 22,6 à 35,1 milliards d’euros. La crise sanitaire a par ailleurs accentué les retards sur les chantiers, débutés à l’été 2016. En juin dernier, le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari annonçait officiellement que les lignes 16 et 17 ne seraient pas prêtes à temps pour les Jeux Olympiques. La mise en service de la ligne 16 était notamment attendue pour la desserte stratégique du Bourget. « Je n’ai pas de prévisions », a-t-il indiqué sur la livraison des tronçons de Seine-Saint-Denis.

Selon Jean-François Monteils, le projet du Grand Paris Express est « indispensable », et dans le contexte pandémique, traduit la « manifestation de l’espoir dans l’avenir ». Il a salué les réussites déjà concrètes – comme le prolongement de la ligne 14 à Saint-Ouen, inauguré en janvier – mais aussi les « avancées probablement moins immédiatement visibles ». Actuellement, 40 km de tunnels sur 200 ont déjà été creusés. Le président pressenti a également souligné la « capacité à surmonter » les difficultés de la Société, et a estimé que la réévaluation du budget en 2018 était « manifestement robuste ».

Sa nomination a été approuvée ce 9 mars par le conseil de surveillance de la SGP, composé de hauts fonctionnaires et d’élus. Il devrait être nommé formellement par décret en Conseil des ministres prochainement.

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