Grand Paris : Macron face à une nouvelle fronde d’élus contre la fin de la petite couronne
Les départements de la petite couronne, Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne, craignent de disparaître à cause de la métropole du Grand Paris. Ils alertent sur les conséquences pour la solidarité territoriale. Un nouveau front du côté des collectivités pour Emmanuel Macron.

Grand Paris : Macron face à une nouvelle fronde d’élus contre la fin de la petite couronne

Les départements de la petite couronne, Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne, craignent de disparaître à cause de la métropole du Grand Paris. Ils alertent sur les conséquences pour la solidarité territoriale. Un nouveau front du côté des collectivités pour Emmanuel Macron.
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Macron et les collectivités, c’est décidément une histoire difficile. Au point de réussir à rassembler dans la même salle un socialiste, un LR et un communiste contre lui. D’une seule voix, les présidents des départements de la petite couronne parisienne dénoncent l’éventualité de la disparition de leur collectivité au nom du Grand Paris. Soutenu par le président LR de l’Association des départements de France, Dominique Bussereau, la brochette de présidents, le socialiste Stéphane Troussel, à la tête de la Seine-Saint-Denis, le communiste Christian Favier pour le Val-de-Marne et le LR Patrick Devedjian, président des Hauts-de-Seine, ont invité la presse ce jeudi au siège de l’ADF pour alerter l’opinion.

« Le gouvernement choisit de mettre en marche la métropole des riches »

C’est un article du Monde, juste avant Noël, qui a mis le feu aux poudres. Selon le quotidien, le préfet d’Ile-de-France privilégie le scénario de la disparition des trois départements pour simplifier le millefeuille territorial que la création du Grande Paris renforce.

Pour les premiers concernés, il n’en est pas question. « C’est un territoire qui ne va pas se laisser comme ça massacrer sans réagir » prévient Christian Favier, à la tête du Val-de-Marne, le dernier département détenu par le PCF. Les élus craignent que la disparition des départements se fasse au détriment des politiques de solidarité. Cet échelon territorial est notamment chargé du RSA, de l’aide social à l’enfance, des mineurs étrangers isolés non-accompagnés ou encore du handicap. Or « en quoi les départements auraient failli dans leur mission ? Ils ont plutôt bien joué leur rôle » souligne Christian Favier (voir la vidéo ci-dessous, images de Jérome Rabier). Selon le socialiste Stéphane Troussel, « le gouvernement choisit de mettre en marche la métropole des riches ». Il pointe un scénario « infaisable, inefficace et inégalitaire ».

Christian Favier opposé à la suppression du Val-de-Marne : "En quoi les départements auraient failli dans leurs missions"
01:13

« Macron n’a jamais été un élu local »

Les élus ne tirent-ils pas un peu vite la sonnette d’alarme, alors que rien encore n’est arrêté ? « Je ne pense pas qu’il y ait d’emballement. Les informations diffusées par Le Monde n’ont pas été démenties… » constate Christian Favier.

Dans leur bataille, ces trois présidents sont épaulés par leurs collègues des autres départements franciliens, solidaires de la contestation. Ils craignent d’être les prochains sur la liste. François Durovray, président LR de l’Essonne, conteste l’idée que la suppression de trois départements permettrait une simplification. La plupart de leurs compétences serait transférée aux 11 établissements publics territoriaux (EPT), créés en 2016 pour remplacer les intercommunalités de la métropole. « Dans le schéma qui consisterait à remplacer 3 départements par 11 territoires, en quoi nous serions plus justes et efficaces ? Au contraire. (…) On a besoin d’une métropole solidaire, qui s’exprime via les départements ». Il rappelle qu’Emmanuel Macron « n’a jamais été un élu local ». Regarder :

Grand Paris : « Dans le schéma qui consisterait à remplacer 3 départements par 11 territoires, en quoi nous serions plus justes et efficaces ? » demande François Durovray
01:14

Gérard Larcher dénonce une « recentralisation en marche »

Alors que le chef de l’Etat défendait devant le Congrès les maires plus de décentralisation, ces élus ressentent tout l’inverse. « C’est un mépris complet des élus locaux » lance Jean-Jacques Barbaux, président LR de Seine-et-Marne.

Valérie Pécresse, président LR de la région Ile-de-France, représentée par l’une de ses vice-présidentes, soutient la fronde, tout comme le président LR du Sénat, Gérard Larcher. « Ce qui m’inquiète aujourd’hui c’est la recentralisation que je considère en marche. Ce n’est pas un jeu de mots. Ce sont les preuves » lance celui qui est aussi un élu des Yvelines. Gérard Larcher, qui discute aussi de la réforme constitutionnelle avec Emmanuel Macron, appelle à « poursuivre le dialogue avec l’exécutif ». De quoi peut-être mettre un sujet de plus dans la négociation. Il rappelle au passage que le débat parlementaire commencera par le Sénat, prioritaire sur les textes concernant les collectivités.

Grand Paris : Gérard Larcher dénonce une « recentralisation en marche »
00:27

« Prééminence de Paris sur l’ensemble »

Les présidents de département sont d’autant plus remontés que l’éventualité de la suppression des trois collectivités n’a jamais été mise sur la table, ni débattue. Ils y voient la marque « de la technostructure de l’appareil d’Etat ». En langage d’élu local, ce n’est pas un compliment… « Avec le Président, nous avions convenu ensemble qu’on n’allait pas s’offrir un big bang territorial tous les 5 ans » rappelle Gérard Larcher.

Dans la salle de l’ADF trop exiguë pour accueillir les nombreux journalistes présents, il ne manque qu’une personne : Anne Hidalgo, la maire de la capitale. Explications de Patrick Devedjian : le projet « assurera la prééminence de Paris sur l’ensemble de l’organisation ». Il ajoute que « Paris a organisé son territoire en s’entourant du périphérique et en ne laissant pas rentrer la banlieue dans Paris ». « Seule Paris n’est pas touché », corrobore Christian Favier, « c’est une question Paris/Banlieue ». Ce sera au final à Emmanuel Macron de trancher. Le gouvernement compte présenter un projet de loi avant l’été prochain.

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