Greta, le Ceta et la canicule: drôle de climat d’un jour à l’Assemblée
Coup de chaud mardi à l'Assemblée avec une visite de l'égérie de la lutte climatique Greta Thunberg qui fait grincer des dents,...

Greta, le Ceta et la canicule: drôle de climat d’un jour à l’Assemblée

Coup de chaud mardi à l'Assemblée avec une visite de l'égérie de la lutte climatique Greta Thunberg qui fait grincer des dents,...
Public Sénat

Par Charlotte HILL

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Coup de chaud mardi à l'Assemblée avec une visite de l'égérie de la lutte climatique Greta Thunberg qui fait grincer des dents, le jour même du vote de ratification du traité Ceta de libre-échange avec le Canada, jugé par certains nocif pour l'environnement.

L'adolescente suédoise de 16 ans, star mondiale au visage poupin et à la longue tresse, fait son entrée en début de matinée au Palais Bourbon pour un entretien programmé in extremis avec le président de l'Assemblée Richard Ferrand (LREM).

La jeune fille, qui vient participer à un débat notamment avec des députés sur le climat, est accompagnée de jeunes militants français, l'air un peu impressionnés.

"C'est peut être le jour le plus chaud en France", lui glisse en anglais Matthieu Orphelin (ex-LREM) en guise de mot d'accueil. Le député est à l'origine du collectif transpartisan pour le climat "Accélérons", fort de 162 députés et instigateur de cette visite.

Aux abords de la salle du débat, journalistes et curieux affluent: "J'ai jamais vu de prophète !", glisse une collaboratrice.

Certains LR avaient appelé au boycott, critiquant la venue d'"une gourou apocalyptique", d'une "fée Clochette" ou encore d'une "ado sous emprise qui a arrêté l'école".

Le RN a dénoncé "une nouvelle forme de totalitarisme". "Dommage que la fessée soit interdite, elle en mériterait une bonne", a aussi tweeté Emmanuelle Ménard (app. RN).

Dans la majorité, certains avaient autre chose à faire, "mal à l'aise", (Sylvain Maillard, LREM), ou plaidaient pour "arrêter d'enfoncer des portes ouvertes" (Benoit Simian, LREM).

D'autres sont venus écouter une "lanceuse d'alerte", déplorant une polémique "dérisoire", ou comme Brune Poirson une "surenchère climatosceptique" des LR en campagne interne.

- "Hypocrite" -

Devant les membres du gouvernement Greta, en petite robe noire et baskets bleues, ironise face aux attaques.

"Certains ont choisi de ne pas venir ici aujourd'hui (...) C'est très bien. Vous n'êtes pas obligés de nous écouter, nous ne sommes que des enfants après tout. Mais vous devez écouter la science..." Des applaudissements nourris retentissent.

A ses côtés, les jeunes militants français interpellent les élus: "Combien d'enfants dans la rue vous faut-il pour réagir ?", "faites vos devoirs, (...) ce serait dommage que le conseil de classe vous empêche de passer au prochain mandat"...

Pour l'ex-ministre de l'Ecologie Delphine Batho, "ceux qui sont critiques sont atteints du symptôme de l'autruche".

Dans les rares élus de droite présents au débat, Eric Diard, se félicite de ne pas avoir "assisté à une messe".

Mais au terme des échanges, la jeune suédoise juge son message incompris: "au lieu de nous féliciter, essayez de faire quelque chose !"

Dans la foulée, elle assiste dans l'hémicycle aux questions au gouvernement depuis la tribune d'honneur.

Les Insoumis, qui quelques minutes avant portaient des t-shirts avec la mention "hypocrite: n. m. Qui vote le Ceta et applaudit Greta", s'appuient sur sa présence pour dénoncer la ratification du controversé traité de libre-échange entre l'UE et le Canada.

Raillant "baratineurs" ou "tartuffes", ils jugent le traité "climaticide", le secrétaire d'Etat Jean-Baptiste Lemoyne répliquant dans le brouhaha: "Oui à Greta, oui au Ceta".

D'autres députés de gauche soulignent cette "contradiction" (Olivier Faure, PS) ou fustigent "la lutte contre le réchauffement climatique à 12h00 et le renoncement climatique a 15h00" (Stéphane Peu, PCF).

La jeune fille s'éclipse avant le vote. Interrogée sur le hasard du calendrier qui fait coïncider sa venue avec ce scrutin, elle avait dit plus tôt "très honnêtement" ne pas s'en être souciée. "La langue de bois dès 16 ans", pour un député d'opposition dépité.

La ratification du Ceta est finalement votée par 266 voix contre 213. 52 élus LREM se sont abstenus, 9 ont voté contre.

parl-chl-abd/reb/cs/phc

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