Le dialogue semble quelque peu rompu entre les praticiens libéraux et le ministère de la Santé. Et Stéphanie Rist compte bien y remédier. Depuis début janvier, les premiers ont lancé une grève, reprochant à l’exécutif certains articles du budget de la Sécurité sociale, adopté par le Parlement avant Noël. Dans leur viseur : le contrôle des prescriptions d’arrêt de travail, et les articles 77 et 78, permettant aux autorités sanitaires de fixer de manière unilatérale des tarifs médicaux en l’absence d’accord avec les syndicats de la profession. Auditionné par le Sénat ce mercredi, le directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie, lui-même, a exprimé son désaccord avec ces deux articles, « votés contre l’avis du gouvernement » et s’était engagé à ne pas les utiliser.
Exit les articles 77 et 78, et les objectifs obligatoires de réduction des prescriptions
Leur colère aura finalement été entendue. Dans un communiqué, le ministère de la Santé s’est engagé à supprimer les articles 77 et 78, « à travers le prochain vecteur législatif qui le permettra ». Est aussi évoquée la mise en place opérationnelle d’un guichet d’aide et d’information à l’installation des médecins, avalisée par le Parlement dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2023, mais encore jamais concrétisée.
Autre grief de la profession libérale : la procédure de mise sous objectifs (MSO) du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, adopté par le Sénat en décembre et en attente d’examen par l’Assemblée nationale. Ce dispositif introduisait des objectifs obligatoires de réduction des prescriptions décidés par l’Assurance maladie. Ici aussi, Stéphanie Rist s’est engagée à porter, dans le cadre du débat de parlementaire, « un amendement de suppression » de cette mesure. Parallèlement, « une mission d’accompagnement sera lancée pour réaliser un diagnostic sur cette procédure et identifier des voies d’amélioration, notamment en termes de transparence ».
Se défendant d’un recul, la ministre y voit « une écoute des médecins qui considèrent, et on peut le comprendre, qu’ils se sentent stigmatisés quand on met une mesure de telle sorte dans un projet de loi de lutte contre la fraude », a-t-elle assuré sur l’antenne de France inter ce vendredi. S’il n’est « pas question de revenir sur la maîtrise de nos dépenses », Stéphanie Rist a expliqué que son « objectif est de recréer une confiance et un travail avec les médecins », afin « que nous puissions améliorer ce travail commun au bénéfice de nos concitoyens ».