Grève du 28 mars : « Il faut mettre sur pause cette réforme des retraites », l’intersyndicale renouvelle son appel à la médiation
Au départ de la manifestation parisienne, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a renouvelé sa proposition de médiation et de mise en retrait du texte. Peu de temps avant, Olivier Véran avait exclu toute médiation souhaitant poursuivre le « processus démocratique » du texte.

Grève du 28 mars : « Il faut mettre sur pause cette réforme des retraites », l’intersyndicale renouvelle son appel à la médiation

Au départ de la manifestation parisienne, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a renouvelé sa proposition de médiation et de mise en retrait du texte. Peu de temps avant, Olivier Véran avait exclu toute médiation souhaitant poursuivre le « processus démocratique » du texte.
Henri Clavier

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Peu avant 14 heures, les leaders de l’intersyndicale ont tous répondu présent, à l’exception de Philippe Martinez qui manifestait à Clermont-Ferrand. Interrogés par Public Sénat, tous ont regretté le refus du gouvernement de suspendre la réforme des retraites.

« C’est une proposition de l’intersyndicale formulée depuis trois heures, et elle est déjà refusée »

La proposition de médiation de l’intersyndicale n’aura pas duré longtemps puisqu’elle a directement été écartée par Olivier Véran, lors de la conférence de presse suivant le conseil des ministres. Une rapidité qui exaspère les dirigeants syndicaux comme Frédéric Souillot, étonné, qu’Olivier Véran réponde « à un courrier qu’il n’a pas reçu ». « C’est une proposition de l’intersyndicale, formulée depuis trois heures, et elle est déjà refusée », s’agace Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. Alors qu’Emmanuel Macron avait critiqué le refus de négocier des syndicats dans son entretien de mercredi dernier, le président de la République ne semble pas disposé à une médiation sur la réforme des retraites.

Il s’agit pourtant d’une urgence pour Laurent Berger qui rappelle « que l’on n’a pas eu une seule discussion sérieuse depuis le 10 janvier ». Une médiation paraît d’ailleurs essentielle pour pouvoir conclure d’autres négociations avec les syndicats sur le travail. « On voit qu’ils veulent renouer le dialogue mais seulement sur une partie », estime Cyril Chabanier, secrétaire général de la CFTC. L’exécutif présente ce futur texte sur l’emploi comme une partie complémentaire de la réforme des retraites. « Nous sommes d’accord pour dire qu’il faut discuter de l’emploi comme le dit le président de la République. Mais les discussions qu’on nous propose sur l’emploi sont sur la pénibilité, la fin de carrière et les carrières longues, donc on va parler retraites », juge Frédéric Souillot, secrétaire général de Force ouvrière. Par conséquent, les syndicats souhaitent négocier sur l’intégralité du sujet et réclament la suspension du texte sur les retraites avant de pouvoir négocier avec le gouvernement.

L’intersyndicale poursuit la mobilisation « au moins jusqu’à la décision du Conseil constitutionnel »

Manifestement, le dialogue est rompu et la situation bloquée, au moins jusqu’à la décision du Conseil constitutionnel, qui doit intervenir dans un délai d’un mois après l’adoption définitive du texte. La mobilisation doit donc durer « au moins jusqu’à la décision du Conseil constitutionnel ». Même détermination pour Frédéric Souillot qui confirme que la mobilisation « continuera jusqu’au retrait ». Cyril Chabanier a également informé que l’intersyndicale ne « peut pas simplement attendre le verdict du Conseil constitutionnel ».

Laurent Escure (UNSA) a voulu pointer la « responsabilité immense du président de la République » du chef de l’Etat dans cette « crise sociale et démocratique ». « On espère aujourd’hui que le président va avoir un sursaut de lucidité, qu’il va réaliser qu’il ne peut pas gouverner contre son pays », poursuit Laurent Escure.

Une mobilisation croissante de la jeunesse

L’implication croissante de la jeunesse depuis le recours à l’article 49 alinéa 3 pourrait permettre à la mobilisation de durer. Une présence qui devrait être deux à trois fois supérieure à celle du 23 mars selon une note des renseignements territoriaux. « Plus de la moitié des établissements universitaires sont bloqués », indique Imane Ouelhadj, présidente de l’UNEF. « La jeunesse se mobilise de plus en plus, sur la question des retraites mais aussi sur le problème de légitimité démocratique », estime Cyril Chabanier (CFTC). Face à la mobilisation croissante de la jeunesse, Cyril Chabanier considère même que « le gouvernement commence à faiblir ». En tout cas, pour Imane Ouelhadj, la jeunesse ne faiblira pas et reste « déterminée à se faire entendre » à travers ce mouvement, qu’elle considère comme l’expression d’un « ras-le-bol généralisé de la jeunesse ».

« La colère est légitime, la violence non », juge Frédéric Souillot (FO)

Dans le cortège, avant le départ, on redoutait, unanimement, une augmentation des violences. En effet, la manifestation de la semaine dernière s’était soldée par des affrontements violents entre policiers et « Black Blocs ». Laurent Berger a insisté sur la nécessité de canaliser la violence qui « n’est jamais une bonne forme d’expression », tout en rappelant que « les violences ne doivent pas masquer le mouvement social ». Un appel au calme partagé par Frédéric Souillot (FO) qui considère que « la colère est légitime, mais la violence non ».

 

 

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