Groenland : « Donald Trump nous met le couteau sous la gorge », estime Cédric Perrin

Au micro de Public Sénat, Cédric Perrin, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, estime que les déclarations de Donald Trump sur le Groenland visent à mettre la pression aux Européens, dans un contexte où les Etats-Unis viennent de redéfinir leurs objectifs stratégiques. Par ailleurs, l’élu sera reçu à l’Elysée ce jeudi en fin de journée, alors qu’Emmanuel Macron doit présenter les garanties de sécurité pour l’Ukraine.
Romain David

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Donald Trump ne cesse de multiplier les menaces à l’égard du Groenland, un territoire sous pavillon danois mais que le président américain estime indispensable à la sécurité des Etats-Unis. Moins d’une semaine après l’intervention américaine au Venezuela, qui s’est soldée par la capture de Nicolas Maduro, le milliardaire confirme ses visées impérialistes. Selon la porte-parole de la Maison Blanche, le milliardaire étudie activement l’idée d’un achat du Groenland, mais refuse aussi d’exclure une option militaire pour obtenir le contrôle de l’île. 

« Le problème, c’est qu’aujourd’hui, avec Donald Trump et son administration, on n’a plus aucune certitude sur rien. Et les délires de certains, considérés comme étant complètement irréalisables, deviennent possibles. Donc, il faut se méfier de tout », réagit, au micro de Public Sénat, le sénateur LR Cédric Perrin, président de la commission des Affaires étrangères. « Évidemment, on a bien compris que le scénario était de dire, en gros, ‘vous me le vendez ou je vous attaque !’ Donald Trump nous met le couteau sous la gorge. » 

« Donald Trump n’est pas qu’irresponsable. Il suit aussi une logique qui vient d’être fixée par la Revue stratégique de sécurité des États-Unis et qui définit très clairement les objectifs vis à vis de la Russie, vis à vis de l’Europe, et vis à vis d’un certain nombre de partenaires », pointe l’élu. « Aujourd’hui, on voit bien que, contrairement à ce qui s’est fait depuis 1945, la Russie devient une sorte de partenaire des États-Unis, qui n’interviennent plus que là où ils ont intérêt à le faire ». 

Une réunion sur l’Ukraine 

Emmanuel Macron présente ce jeudi après-midi les garanties de sécurité que les Européens s’engagent à fournir à Kiev. Le président de la République réunira à partir de 17 heures les présidents des deux chambres du Parlement, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, les chefs des principaux partis politiques et des groupes parlementaires, mais aussi les présidents des commissions de la Défense et des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale et du Sénat. Paris pourrait notamment déployer « plusieurs milliers » de soldats en Ukraine pour aider au maintien d’un éventuel cessez-le feu avec la Russie. 

« Ce qu’il faut, c’est qu’on ait une force qui soit capable d’être présente sur place pour prévenir le redémarrage d’un éventuel conflit », estime Cédric Perrin. « J’attends du président de la République qu’il nous explique quels sont les objectifs qu’il veut mettre en œuvre avec nos alliés. » 

« Ce qui est évident, c’est qu’il y a un certain nombre de partenaires européens qui sont prêts à accompagner la France sur ce sujet. Ce qu’il faut, c’est être capable de comprendre la stratégie qui sera mis en place. Est-ce que l’ensemble des scénarios possibles a été envisagé et, auquel cas, quelle serait la réaction des différents alliés ? », énumère l’élu. « Parfois, il vaut mieux être peu nombreux en termes de coalition, mais tous sur la même longueur d’onde, que d’être nombreux et d’avoir des gens qui ne seraient pas tout à fait d’accord », conclut-il.  

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