Groenland : « Donald Trump nous met le couteau sous la gorge », estime Cédric Perrin

Au micro de Public Sénat, Cédric Perrin, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, estime que les déclarations de Donald Trump sur le Groenland visent à mettre la pression aux Européens, dans un contexte où les Etats-Unis viennent de redéfinir leurs objectifs stratégiques. Par ailleurs, l’élu sera reçu à l’Elysée ce jeudi en fin de journée, alors qu’Emmanuel Macron doit présenter les garanties de sécurité pour l’Ukraine.
Romain David

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Donald Trump ne cesse de multiplier les menaces à l’égard du Groenland, un territoire sous pavillon danois mais que le président américain estime indispensable à la sécurité des Etats-Unis. Moins d’une semaine après l’intervention américaine au Venezuela, qui s’est soldée par la capture de Nicolas Maduro, le milliardaire confirme ses visées impérialistes. Selon la porte-parole de la Maison Blanche, le milliardaire étudie activement l’idée d’un achat du Groenland, mais refuse aussi d’exclure une option militaire pour obtenir le contrôle de l’île. 

« Le problème, c’est qu’aujourd’hui, avec Donald Trump et son administration, on n’a plus aucune certitude sur rien. Et les délires de certains, considérés comme étant complètement irréalisables, deviennent possibles. Donc, il faut se méfier de tout », réagit, au micro de Public Sénat, le sénateur LR Cédric Perrin, président de la commission des Affaires étrangères. « Évidemment, on a bien compris que le scénario était de dire, en gros, ‘vous me le vendez ou je vous attaque !’ Donald Trump nous met le couteau sous la gorge. » 

« Donald Trump n’est pas qu’irresponsable. Il suit aussi une logique qui vient d’être fixée par la Revue stratégique de sécurité des États-Unis et qui définit très clairement les objectifs vis à vis de la Russie, vis à vis de l’Europe, et vis à vis d’un certain nombre de partenaires », pointe l’élu. « Aujourd’hui, on voit bien que, contrairement à ce qui s’est fait depuis 1945, la Russie devient une sorte de partenaire des États-Unis, qui n’interviennent plus que là où ils ont intérêt à le faire ». 

Une réunion sur l’Ukraine 

Emmanuel Macron présente ce jeudi après-midi les garanties de sécurité que les Européens s’engagent à fournir à Kiev. Le président de la République réunira à partir de 17 heures les présidents des deux chambres du Parlement, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, les chefs des principaux partis politiques et des groupes parlementaires, mais aussi les présidents des commissions de la Défense et des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale et du Sénat. Paris pourrait notamment déployer « plusieurs milliers » de soldats en Ukraine pour aider au maintien d’un éventuel cessez-le feu avec la Russie. 

« Ce qu’il faut, c’est qu’on ait une force qui soit capable d’être présente sur place pour prévenir le redémarrage d’un éventuel conflit », estime Cédric Perrin. « J’attends du président de la République qu’il nous explique quels sont les objectifs qu’il veut mettre en œuvre avec nos alliés. » 

« Ce qui est évident, c’est qu’il y a un certain nombre de partenaires européens qui sont prêts à accompagner la France sur ce sujet. Ce qu’il faut, c’est être capable de comprendre la stratégie qui sera mis en place. Est-ce que l’ensemble des scénarios possibles a été envisagé et, auquel cas, quelle serait la réaction des différents alliés ? », énumère l’élu. « Parfois, il vaut mieux être peu nombreux en termes de coalition, mais tous sur la même longueur d’onde, que d’être nombreux et d’avoir des gens qui ne seraient pas tout à fait d’accord », conclut-il.  

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Gabriel Attal Meeting
8min

Politique

« Un an pour convaincre » : pour son premier grand meeting, Gabriel Attal mise sur « l’espoir » et joue sa différence avec Edouard Philippe

Devant 5.000 personnes réunies à Paris, Gabriel Attal a réussi sa première grande démonstration de force. Le candidat à la présidentielle entend dessiner un projet loin du « pessimisme » ambiant avec « quatre chantiers capitaux » : l’école, avec « moins de 20 élèves par classe » en primaire, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, et « deux dettes à résorber », celle des finances publiques et du réchauffement climatique. Mais il n’oublie pas de se démarquer de son principal concurrent, un certain Edouard Philippe…

Le

France Vivendi Bollore
5min

Politique

Tribune anti-Bolloré :  Maxime Saada, patron de Canal + nie toute « liste noire »

Même si le président du directoire de Canal+ réfute toute « liste noir », il affirme que le groupe tiendra désormais compte de « la considération portée à Canal+ » dans ses choix de financement. Des propos qui ravivent les tensions avec une partie du monde du cinéma, mobilisée contre l’influence de Vincent Bolloré.

Le

Cour d appel et d ‘assises de Lyon
6min

Politique

Le procès « French Bukkake » aux assises : « Le but est de reconnaître toute la dimension criminelle de l’industrie pornographique », se félicite Laurence Rossignol

Le premier grand procès de l’industrie pornographique se tiendra finalement devant les assises et non devant une cour criminelle départementale. Une victoire pour la cinquantaine de victimes de la plateforme French Bukkake. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a retenu le caractère sexiste et raciste des viols, tout comme l’avait relevé le rapport de la mission d’information du Sénat sur les dérives de l’industrie pornographique remis en 2022.

Le