Groupe centriste du Sénat : jusqu’où soutenir Macron ?
Si la majorité du groupe UDI-UC du Sénat voit d’un bon œil Emmanuel Macron, tous ne s’accordent pas sur le niveau de soutien. Certains, comme le Modem Michel Mercier, veulent faire partie de la majorité, d’autres veulent un soutien à la carte. Et les radicaux de droite pourraient quitter le groupe…

Groupe centriste du Sénat : jusqu’où soutenir Macron ?

Si la majorité du groupe UDI-UC du Sénat voit d’un bon œil Emmanuel Macron, tous ne s’accordent pas sur le niveau de soutien. Certains, comme le Modem Michel Mercier, veulent faire partie de la majorité, d’autres veulent un soutien à la carte. Et les radicaux de droite pourraient quitter le groupe…
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Le groupe UDI-UC du Sénat n’échappe pas aux effets de la victoire d’Emmanuel Macron. Les 42 sénateurs du groupe, composé d’UDI et de Modem, vont débattre demain de la ligne à tenir vis-à-vis du nouvel exécutif. Globalement, les centristes du Sénat voient d’un bon œil la nouvelle majorité. Reste à savoir jusqu’où ils sont prêts à soutenir Emmanuel Macron. Le groupe se divise en trois catégories :

Le Modem défend un groupe membre de la majorité présidentielle

Une chose est sûre : les sénateurs les plus proches de la ligne Macron n’iront pas rejoindre le nouveau groupe La République En Marche lancé par François Patriat au Sénat. Comme à l’Assemblée, les Modem du groupe UDI-UC ne comptent pas se fondre dans le groupe LREM. « On est partisan d’un groupe centriste qui est en soutien à la majorité présidentielle, qui vote la confiance » explique Jean-Marie Vanlerenberghe, sénateur du Pas-de-Calais.

« On est dans la majorité présidentielle. Et on entend y rester. Ça se marquera par un vote de la confiance, si le premier ministre le demande au Sénat, et le vote du budget. Apres on amende, on améliore. Ce n’est pas le goulag » explique à publicsenat.fr Michel Mercier, sénateur Modem du Rhône. L’ancien ministre de la Justice a envoyé à une partie de ses collègues une « motion » où il défend un groupe centriste situé pleinement dans la majorité et qui vote la confiance. Le groupe reprendrait pour le coup son ancien nom d’« Union centriste ».

« Le Gouvernement, dans lequel notre groupe est représenté, est composé de femmes et d’hommes issus de parcours politiques différents, associés à des personnalités de la société civile reconnues pour leurs compétences. Cette méthode impulsée par le Président de la République incarne pleinement les valeurs du centre » peut-on lire dans ce courrier dont publicsenat.fr a obtenu copie (voir à la fin de l’article). Parmi les points d’orientation du texte, l’une devrait faire débat au groupe : « Favoriser des alliances de projet avec « La République En Marche » en vue des prochaines échéances électorales ». Soit les sénatoriales de septembre prochain. 

Une position de « clarification » qui peut rejoindre celle de Philippe Bonnecarrère, sénateur membre du groupe UDI-UC. « Je considère que le temps n’est plus à un groupe qui pourrait tantôt dire oui ou tantôt dire non. Il faut dire si on s’inscrit dans la majorité présidentielle ou pas. Je souhaite que le groupe s’inscrive dans un soutien tout en laissant une liberté de vote » explique Philippe Bonnecarrère. Il ajoute : « Si le groupe n’accepte pas qu’on s’inscrive dans la majorité, cela conduirait moi et d’autres collègues à réexaminer notre positionnement ».

Pour un soutien à la carte plus ou moins critique

Autre ligne : un soutien à la carte. Soit une ligne qui rejoint celle défendue par le groupe de l’Assemblée qui rassemble LR « constructifs » comme Thierry Solère et… l’UDI.  « Je suis très constructive » explique ainsi la sénatrice de l’Orne Nathalie Goulet. « Je suis décidée à soutenir le gouvernement à la carte. La loi de moralisation, oui. Le texte sur le terrorisme, ça m’étonnerait. A voir » explique-t-elle. Le sénateur UDI de la Somme, Daniel Dubois, se dit aussi « plutôt constructif » et « plutôt ouvert à un soutien, mais un soutien réfléchi et plutôt au coup par coup. Pas de blanc-seing à toutes les propositions que fera le gouvernement ».

D’autres, comme Hervé Maurey, attendent vraiment de voir pour suivre le train En marche. « Moi j’attends de voir ce que propose Emmanuel Macron. Dire je suis dans la majorité présidentielle alors qu’on n’a pas vu le discours de politique général, en ce qui me concerne, c’est prématuré. Il y aura des textes que je voterai, et d’autres que je ne voterai pas ». Il pointe du doigt le « très mauvais signal envoyé par Emmanuel Macron, avec l’absence de tout ministre ou secrétaire d’Etat UDI dans le gouvernement. Ça ne s’interprète pas comme une main tendue de Macron à l’UDI ».

Des sénateurs sont restés jusqu’ici prudents. Il faudra voir ce que dira le président de groupe François Zocchetto, qui avait soutenu François Fillon, et s’il restera à la tête du groupe. « Ce n’est pas un lavage de cerveau, mais une présidentielle suivie d’une législative, ça modifie la perception des choses pour certains » pense un sénateur du groupe.

Les Radicaux de droite pourraient rejoindre les radicaux de gauche du RDSE

Il existe une troisième voie : un départ du groupe des sénateurs du Parti radical valoisien, soit les radicaux de droite membres de l’UDI. Ces sénateurs, qui soutiennent Emmanuel Macron, pourraient décider de rejoindre les radicaux de gauche, rassemblés au sein du groupe RDSE, à la faveur du rapprochement en cours entre les deux familles radicales, séparées depuis 1972 (voir notre article sur le sujet « Les radicaux de gauche et de droite vont refaire "maison commune" avant la fin de l’année »).

« Au Sénat, on regarde si on peut constituer un nouveau groupe avec l’essentiel du groupe RDSE, des radicaux et modérés venant du groupe UDI, voire des Républicain. Ce groupe aurait l’avantage de se déclarer majorité présidentielle, tout en conservant la liberté de vote », explique à publicsenat.fr Jean-Marc Gabouty, actif sur cette tentative de rapprochement. S’« il n’y a pas encore de certitudes », précise-t-il, les choses pourraient être tranchées demain ou d’ici la fin de la semaine. Mais il n’est pas sûr que tous les radicaux franchissent le pas. Outre Jean-Marc Gabouty, les radicaux du groupe UDI-UC sont Christian Namy, Sophie Joissains, Jean-François Longeot, Jean-Claude Luche, Pierre Médevielle, Jean-Marie Bockel et Sophie Goy-Chavent. Au groupe LR, les radicaux sont Alain Chatillon, Daniel Chasseing et Alain Marc.

« Le calendrier » joue aussi dans la décision de chacun. A savoir, les sénatoriales de septembre prochain. Les choses pourraient encore bouger après le renouvellement de la moitié des sénateurs. Ce qui fait dire à Jean-Marc Gabouty que « la bombe à fragmentation de Macron n’a pas complètement terminé ses effets… »

Courrier envoyé par le sénateur Modem Michel Mercier à ses collègues centristes :

Motion mercier groupe UDI-UC

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