FRA: Illustrations college evaluations eleves
Illustrations des evaluations que passent les ecoliers et collegiens en debut d annee, au College La Pajotterie dans une classe de 6eme, de l academie d Orleans Tours a Chateauneuf en Thymerais le 15 septembre 2023. Chateauneuf en Thymerais, FRANCE - 18/09/2023 llustrations of the assessments taken by schoolchildren at the start of the year, at College La Pajotterie in a 6eme class, in the Orleans Tours academy in Chateauneuf en Thymerais on September 15, 2023. Chateauneuf en Thymerais, FRANCE - 09/18/2023//04HARSIN_ILLUSTRATIONSCOLLEGEECOLE031/Credit:ISA HARSIN/SIPA/2309181351

Groupes de niveau au collège : une mise en œuvre « complexe et coûteuse », selon un rapport sénatorial

Un rapport de la commission des finances du Sénat sur la mission « Enseignement scolaire » du projet de loi de finances pour 2025, relève que si la réforme du choc de savoirs peut avoir des « effets bénéfiques sur les élèves », la mise en œuvre des groupes de niveau au collège s’est révélée « complexe et coûteuse ».
Simon Barbarit

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Du bref passage de Gabriel Attal au ministère de l’Education nationale, c’est la mise en place de groupes de niveau, finalement dénommés groupes de besoin, qui reste en mémoire. Mais cette mesure est sur la sellette. Le Conseil d’Etat pourrait en effet annuler le cœur de la réforme du choc des savoirs, selon les informations de publicsenat.fr (lire notre article).

Un rapport de la commission des finances du Sénat sur la mission « Enseignement scolaire » rappelle que leur mise en œuvre « nécessite un suivi important et peut s’avérer complexe pour les établissements, surtout dans un temps aussi contraint », ce qui a conduit « les personnels de l’Éducation nationale à travailler dans l’urgence, au prix d’une certaine lassitude des personnels ».

Si le rapport du sénateur LR, Olivier Paccaud souligne « les effets bénéfiques sur les élèves » que peut avoir le choc des savoirs, il relève qu’entre l’annonce de ces groupes de niveau et leur mise en place, il ne s’est déroulé que « quelques mois ». C’est pourquoi, un tiers des collèges ont réussi à mettre complètement en place les groupes de besoin, et un tiers « n’a pas pu le faire du tout », relève la commission. Surtout, le rapporteur spécial constate que les groupes de besoin ont nécessité le déploiement de 2 300 emplois supplémentaires d’enseignants du second degré. Et 150 créations d’emplois supplémentaires pour les classes de prépa-seconde. C’est pourquoi, la commission préconise « d’évaluer les dispositifs déjà mis en œuvre ou en cours de mise en œuvre, avant de proposer de nouvelles évolutions ».

Les crédits dédiés à la formation des enseignants sous-consommés

Avec 64,5 milliards d’euros en crédits, la mission « Enseignement scolaire » constitue le premier budget de l’État, en hausse de 0,2 %, 133,8 millions d’euros, par rapport à 2024. 1,2 million de personnes sont rémunérées au titre de la mission, dont 74 % d’enseignants. La mission constate que les dépenses de personnels sont stables en 2025, après deux années de hausse importante, en 2023 et 2024. Un amendement d’Olivier Paccaud minore d’un milliard les crédits dédiés à la formation des enseignants « afin de sintériser la programmation budgétaire », mais « sans diminuer les crédits qui seront réellement utilisés ». La commission a en effet constaté une sous-consommation de 1,1 milliard de ces crédits en 2023.

« Une attention particulière doit être portée aux écoles rurales »

Le budget 2025 prévoit une suppression de 4 000 postes d’enseignants, dont 3 815 emplois d’enseignants du premier degré et 220 emplois d’enseignants du second degré. Une baisse du nombre d’enseignants justifiée par la baisse de la démographie des élèves. Il y aura 97 000 élèves en moins à la rentrée 2025, selon le gouvernement. « La baisse des effectifs d’élèves ne saurait aboutir à une baisse mécanique du nombre d’enseignants sans une évaluation de ses conséquences territoriales », met en garde la commission qui demande à ce « qu’une attention particulière doit être portée aux écoles rurales ».

L’adhésion au Pacte enseignant « doit encore être renforcée »

Le rapporteur note, en outre, une hausse près de 240 000 élèves en situation de handicap scolarisés depuis 2013, 66 % dans le premier degré, et de 161 % dans le second degré. Le budget consacré à l’école inclusive reste stable par rapport à 2024, avec 4,5 milliards d’euros, dont 3 milliards d’euros pour financer la masse salariale des accompagnements d’élèves en situation de handicap (AESH). La création de 2 000 postes d’AESH supplémentaires est prévue dans le projet de loi de finances pour 2025.

Enfin, concernant, le montant du dispositif, « Pacte enseignant », qui permet une rémunération additionnelle pour des missions complémentaires et ainsi réduire les remplacements de courte durée, l’enveloppe passe de 800 millions d’euros en 2025, après un budget de plus de 700 millions d’euros en 2024. De 29 % à la rentrée 2023, le nombre d’enseignant adhérant au Pacte est passé à 34,3 % en mai 2024. « L’adhésion des enseignants du public à ce dispositif doit encore être renforcée. Dans un objectif de réduction des dépenses publiques, une minoration des crédits du Pacte enseignant pour les maintenir à leur niveau de 2024 serait envisageable », préconise le rapport qui note qu’en un an, le taux de remplacement de courte durée a été multiplié par 2,5.

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Groupes de niveau au collège : une mise en œuvre « complexe et coûteuse », selon un rapport sénatorial
4min

Politique

« On surmonte nos rancœurs » : Agnès Evren (LR) défend un mariage de raison entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel pour battre la gauche à Paris

À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.

Le

Groupes de niveau au collège : une mise en œuvre « complexe et coûteuse », selon un rapport sénatorial
5min

Politique

Municipales à Montpellier : sécurité, gestion des déchets, transports… Que retenir du débat d’entre deux tours ?

A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.  

Le

FRA – LR RETAILLEAU – ELECTION MUNICIPALES 2026
8min

Politique

Municipales : en lâchant Christian Estrosi à Nice, Bruno Retailleau enflamme toute la droite, avec 2027 en ligne de mire

À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.

Le

Paris : Sarah Knafo – Meeting au Dome de Paris
6min

Politique

Municipales : le retrait calculé de Sarah Knafo recompose le jeu à Paris

Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.

Le