Guadeloupe : « Le gouvernement ne connaît que la répression comme réponse aux crises », dénonce la LFI Mathilde Panot
L’obligation vaccinale pour les soignants a déclenché une importante crise sociale en Guadeloupe. Le gouvernement a annoncé l’envoi de renforts pour rétablir l’ordre sur l’île. Invitée mardi de la matinale de Public Sénat, la députée LFI Mathilde Panot dénonce une réponse inappropriée.

Guadeloupe : « Le gouvernement ne connaît que la répression comme réponse aux crises », dénonce la LFI Mathilde Panot

L’obligation vaccinale pour les soignants a déclenché une importante crise sociale en Guadeloupe. Le gouvernement a annoncé l’envoi de renforts pour rétablir l’ordre sur l’île. Invitée mardi de la matinale de Public Sénat, la députée LFI Mathilde Panot dénonce une réponse inappropriée.
Romain David

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Le gouvernement ne cédera pas. Lundi soir, le Premier ministre Jean Castex a repoussé l’hypothèse d’une fin de la vaccination obligatoire des soignants, réclamée par plusieurs organisations syndicales de Guadeloupe, mais a annoncé la création d’une « instance de dialogue ». Même si près de 90 % des soignants de l’île sont vaccinés, le sujet, particulièrement sensible dans ce territoire des Caraïbes, a servi de déclencheur à une grave crise sociale. L’appel à la grève générale illimitée s’est accompagné de plusieurs débordements au cours du week-end. Désormais, la crise menace d’embraser la Martinique, où l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale a déjà été reportée au 31 décembre. « Le gouvernement a eu tort de vouloir passer en force. Ce qui se passe en Guadeloupe et en Martinique est la preuve qu’une politique autoritaire de santé ne fonctionne pas », a estimé mardi, au micro de « Bonjour chez Vous » sur Public Sénat, la députée LFI Mathilde Panot.

« On n’a pas écouté la population, les difficultés sur la vaccination obligatoire des soignants et le passe sanitaire », estime cette élue qui pointe une grave crise de confiance vis-à-vis du gouvernement dans les Outre-mer. « On n’a pas assez pris en compte le fait que les Antilles en général ont vécu le scandale du chlordécone, qui a fortement entaché la confiance en la parole publique, et empoisonne encore les corps, les eaux et les sols », veut-elle rappeler. « Il n’est pas possible de tout décider à parti d’un Conseil de défense, dont on ne connaît même pas les membres », s’agace celle qui est également présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale. Elle dénonce ainsi un manque de démocratie dans la prise de décisions concernant la gestion de la crise sanitaire. « Ce qui se passe en Guadeloupe est la conséquence de l’impasse dans laquelle la macronie nous a amenés. »

Envoi de renforts

Face aux violences, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé samedi l’envoi en Guadeloupe d’une cinquantaine de membres du GIGN et du Raid. Vous imaginez le message donné aux Guadeloupéens quand on leur envoie des unités spécialisées contre le grand banditisme et le terrorisme ? Cela veut dire qu’on considère que le problème c’est la population », s’agace Mathilde Panot. « Cet envoi du Raid et du GIGN est ressenti comme extrêmement violent, il montre que l’on a un gouvernement qui ne connaît que la répression comme réponse aux crises », déplore cette proche de Jean-Luc Mélenchon.

Interrogé mardi matin par France Inter, Gérald Darmanin a fait savoir que « le rétablissement de l’ordre public était le préalable à toute discussion ». Il a indiqué que les forces de l’ordre avaient procédé à plus de 90 interpellations. Toujours selon le ministre de l’Intérieur, des gendarmes auraient été visés par des tirs à balles réelles.

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