L’escalade se poursuit après les frappes sur les bases américaines au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz, l’Iran a frappé, hier, des champs gaziers au Qatar et des raffineries dans la région. Avec ces mesures de représailles, qui font suite à la mort d’Ali Larijani, la guerre entre l’Iran et Israël et les Etats-Unis semble entrer dans une nouvelle phase. « On est en train de basculer dans un autre monde », juge le député européen Bernard Guetta (Renew).
Une augmentation de 35 % des prix du gaz européen
En frappant les champs gaziers, l’Iran souhaite porter un coup majeur aux économies occidentales. Alors que le prix du baril de pétrole a grimpé de 71 à 114 dollars en trois semaines, le prix du gaz européen a augmenté de 35 % après les frappes contre les sites énergétiques au Moyen-Orient. « Les prix de l’énergie qui avaient déjà augmenté vont flamber », confirme Bernard Guetta estimant que le prix du baril de pétrole pourrait même atteindre les 150 dollars. Une flambée des prix qui fait craindre une « crise économique pour l’Europe, pour le monde entier, y compris pour les Etats-Unis ».
« Il y a quelque chose de désespéré dans l’attitude du régime iranien »
Pour l’ancien journaliste, spécialiste des relations internationales, l’Iran pourrait cibler les infrastructures énergétiques afin de trouver une issue au conflit. « Il y a quelque chose de désespéré dans l’attitude du régime iranien », juge le député européen qui considère qu’il est possible que le gouvernement iranien « s’écroule brutalement ou cherche un arrangement diplomatique ». Alors que les différentes frappes contre les dirigeants iraniens et l’élimination d’Ali Khamenei n’ont pas permis de créer les conditions d’un renversement du régime, le gouvernement israélien poursuit sa stratégie de frappes contre les sphères dirigeantes iraniennes. « Je pense que la chose raisonnable à faire serait d’organiser une transition politique et quand il y aurait une autre direction politique iranienne, à ce moment-là négocier les conditions d’une stabilité régionale », veut croire Bernard Guetta. Surtout, aujourd’hui, le renversement du régime apparaît comme le principal objectif israélo-américain après la confirmation par la cheffe du renseignement américain que la menace nucléaire n’avait rien d’imminente.
« L’ensemble du Liban en veut considérablement au Hezbollah aujourd’hui »
« Les Israéliens n’arrêteront pas leurs frappes », prévient Bernard Guetta, inquiet de l’implication israélienne au Liban. Alors que Tsahal déploie une opération de grande envergure au Liban, Bernard Guetta veut croire dans la possibilité pour le plan de paix français d’aboutir. La proposition prévoit notamment la reconnaissance de l’Etat d’Israël et le désarmement du Hezbollah afin d’empêcher l’envahissement du sud du Liban. « L’ensemble du Liban en veut considérablement au Hezbollah aujourd’hui », note Bernard Guetta qui estime que la proposition française peut aboutir.