Guerre au Moyen-Orient : « Les prix de l’énergie vont flamber », assure Bernard Guetta

Invité de la matinale de Public Sénat, le député européen Bernard Guetta (Renew) a évoqué la situation au Moyen-Orient après les frappes contre des infrastructures énergétiques. Par ailleurs, le député européen détaille les perspectives de sortie du conflit entre l’Iran, les Etats-Unis et Israël.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

L’escalade se poursuit après les frappes sur les bases américaines au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz, l’Iran a frappé, hier, des champs gaziers au Qatar et des raffineries dans la région. Avec ces mesures de représailles, qui font suite à la mort d’Ali Larijani, la guerre entre l’Iran et Israël et les Etats-Unis semble entrer dans une nouvelle phase. « On est en train de basculer dans un autre monde », juge le député européen Bernard Guetta (Renew). 

Une augmentation de 35 % des prix du gaz européen 

En frappant les champs gaziers, l’Iran souhaite porter un coup majeur aux économies occidentales. Alors que le prix du baril de pétrole a grimpé de 71 à 114 dollars en trois semaines, le prix du gaz européen a augmenté de 35 % après les frappes contre les sites énergétiques au Moyen-Orient. « Les prix de l’énergie qui avaient déjà augmenté vont flamber », confirme Bernard Guetta estimant que le prix du baril de pétrole pourrait même atteindre les 150 dollars. Une flambée des prix qui fait craindre une « crise économique pour l’Europe, pour le monde entier, y compris pour les Etats-Unis ». 

« Il y a quelque chose de désespéré dans l’attitude du régime iranien » 

Pour l’ancien journaliste, spécialiste des relations internationales, l’Iran pourrait cibler les infrastructures énergétiques afin de trouver une issue au conflit. « Il y a quelque chose de désespéré dans l’attitude du régime iranien », juge le député européen qui considère qu’il est possible que le gouvernement iranien « s’écroule brutalement ou cherche un arrangement diplomatique ». Alors que les différentes frappes contre les dirigeants iraniens et l’élimination d’Ali Khamenei n’ont pas permis de créer les conditions d’un renversement du régime, le gouvernement israélien poursuit sa stratégie de frappes contre les sphères dirigeantes iraniennes. « Je pense que la chose raisonnable à faire serait d’organiser une transition politique et quand il y aurait une autre direction politique iranienne, à ce moment-là négocier les conditions d’une stabilité régionale », veut croire Bernard Guetta. Surtout, aujourd’hui, le renversement du régime apparaît comme le principal objectif israélo-américain après la confirmation par la cheffe du renseignement américain que la menace nucléaire n’avait rien d’imminente. 

« L’ensemble du Liban en veut considérablement au Hezbollah aujourd’hui » 

« Les Israéliens n’arrêteront pas leurs frappes », prévient Bernard Guetta, inquiet de l’implication israélienne au Liban. Alors que Tsahal déploie une opération de grande envergure au Liban, Bernard Guetta veut croire dans la possibilité pour le plan de paix français d’aboutir. La proposition prévoit notamment la reconnaissance de l’Etat d’Israël et le désarmement du Hezbollah afin d’empêcher l’envahissement du sud du Liban. « L’ensemble du Liban en veut considérablement au Hezbollah aujourd’hui », note Bernard Guetta qui estime que la proposition française peut aboutir.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le