Balayés par la vague rose socialiste en 2012, plusieurs bastions communistes de l'ex-banlieue rouge parisienne ont plébiscité Jean-Luc Mélenchon...
Guerre des gauches pour reconquérir l’ex-banlieue rouge parisienne
Balayés par la vague rose socialiste en 2012, plusieurs bastions communistes de l'ex-banlieue rouge parisienne ont plébiscité Jean-Luc Mélenchon...
Par Alexandre HIELARD avec les bureaux d'Ile-de-France
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Balayés par la vague rose socialiste en 2012, plusieurs bastions communistes de l'ex-banlieue rouge parisienne ont plébiscité Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle: la reconquête de ces territoires est cependant rendue incertaine par les divisions entre le PCF et la France insoumise aux législatives.
Après l'élection de François Hollande, cinq députés communistes - ou apparentés - sur huit n'avaient pu conserver leurs fiefs historiques dans la petite couronne parisienne.
Une hécatombe que les scores impressionnants de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle devaient reléguer au rang d'accident. Las: si à Saint-Denis et Bagneux la France insoumise et le PCF se présentent unis, ce n'est pas le cas à Montreuil (Seine-Saint-Denis), Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) et Gennevilliers (Hauts-de-Seine).
Dans la circonscription de Montreuil-Bagnolet, où le socialiste Razzy Hammadi brigue un second mandat, plus de 40% des suffrages se sont portés sur Mélenchon au premier tour, loin devant Emmanuel Macron (24,75%).
"On avait de l'or entre les mains", s'agace le candidat PCF, Gaylord Le Chequer. Face à lui, Alexis Corbière, le très médiatique porte-parole de la France Insoumise. "Un candidat de la télé" venu "vendre une marque électorale", tacle-t-il.
Jean-Pierre Brard, ex-maire de Montreuil et candidat aux législatives en Seine-Saint-Denis, à Montreuil le 26 novembre 2013
AFP/Archives
"Dire +Je suis d'ici+, ce n'est pas un programme", riposte l'intéressé, qui joue la sérénité: "le PCF, c'est une histoire, pas un danger". Résident parisien, critiqué par ses rivaux pour son parachutage, M. Corbière brandit son passé d'enseignant "pendant des années" en Seine-Saint-Denis. "Les problématiques des habitants, je les connais".
Depuis le Front Populaire, "le PCF a accepté le jeu des institutions", souligne Emmanuel Bellanger, historien et auteur de "Ivry, banlieue rouge" (Créaphis). "La France insoumise est dans une posture de contestation et de radicalité, c'est ce qui explique les dissensions actuelles", estime le chercheur.
Et quand la division ne suffit pas, la dissidence s'invite: l'ex-communiste Jean-Pierre Brard, 69 ans, défait en 2012 après 24 ans de règne sur cette circonscription, tente un retour.
Là encore, entre anciens camarades, les amabilités fusent. "Quand son action est passée, il faut en prendre acte", tranche Le Chequer. "Moi je n’ai pas de problème de notoriété", répond Brard.
- "Militants déçus" -
Le député PS Alexis Bachelay, le 9 mai 2017 à Paris
AFP/Archives
A Gennevilliers, dont la circonscription comprend également Villeneuve-la-Garenne et le nord de Colombes, le premier tour aura des allures de primaires de gauche de la gauche.
Dans cette commune, Mélenchon a réalisé son meilleur score d'Île-de-France avec plus de 47% des voix et le député PS sortant, Alexis Bachelay, "n'a aucune chance", selon un cadre de Solférino.
Deux fervents mélenchonistes s'y affrontent et se renvoient la responsabilité de la division: Elsa Faucillon, 36 ans, investie par le PCF et Nasser Lajili, 35 ans, candidat de la France insoumise. "Les militants sont déçus, des deux côtés", observe, amère, une responsable LFI. "L'un des deux devrait être au second tour", pronostique un observateur, sans se risquer à dire lequel.
Ce sera sans doute le cas aussi dans la circonscription d'Ivry, chasse-gardée du PCF depuis l'élection de Maurice Thorez en 1932 avant d'être chipée en 2012 par le chevènementiste Jean-Luc Laurent (MRC), soutenu par le PS.
"En 2012, j'ai été choisi pour ouvrir le changement, j'espère que les électeurs ne feront pas marche arrière", confie le député sortant.
"A part sa réélection, il n'a pas de projet", cingle Pascal Savoldelli, investi par le PCF. Mais le conseiller départemental du Val-de-Marne, 56 ans, réserve ses flèches pour la jeune candidate de la France insoumise, Mathilde Panot, 28 ans.
"Moi, je suis dans toutes les luttes locales depuis des années. Je ne suis pas un candidat de passage", dit-il, fustigeant une candidate "qui vient d'emménager" à Ivry.
"Vais-je devoir publier mon bail de location?", se demande l'intéressée, ancienne militante associative à Grigny (Essonne). "La politique, ce n'est pas réservé à des experts, à des gens qui sont là depuis des années", estime cette mélenchoniste.
Cette division pourrait-elle profiter à la candidate de la République en marche (REM), Sheerazed Boulkroun, chercheuse à l'Inserm? Celle-ci élude, ciblant les 48% d'abstentionnistes du premier tour en 2012: "la politique, ce n'est pas de l'arithmétique".
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