President Volodymyr Zelenskyy meets with US President Donald Trump at the White House on February 28, 2025.
Presidential Office of Ukraine/DPA/SIPA/2510180036

Guerre en Ukraine : « La Russie ne peut pas continuer si longtemps sa guerre », estime le général Dominique Trinquand

Après une nuit de bombardements sur Kiev, Volodymyr Zelensky doit rencontrer Donald Trump ce dimanche 28 décembre en Floride pour finaliser un plan de paix. Un rapprochement qui pourrait infléchir la position de la Russie et accélérer la conclusion d’un cessez-le-feu.
Henri Clavier

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Les pourparlers pour un cessez-le-feu en Ukraine s’intensifient alors que le président Ukrainien, Volodymyr Zelensky, rencontre Donald Trump ce dimanche en Floride. Le 24 décembre le président ukrainien dévoilait le contenu du nouveau plan de paix négocié avec les Etats-Unis. Cette nouvelle version propose un gel du front aux positions actuelles sans régler la question des revendications territoriales russes sur l’intégralité du Donbass notamment. La Russie contrôle environ 19 % du territoire ukrainien.

Contrairement à la version initiale du plan américain, négociée avec Moscou, il n’est plus question d’empêcher juridiquement l’Ukraine de rejoindre l’Otan dans le futur. Par ailleurs, la limitation de l’armée ukrainienne à 600 000 hommes n’est plus envisagée, la nouvelle mouture porte le plafond à 800 000.

Selon Volodymyr Zelensky la rencontre avec le président américain doit permettre de régler certains points encore vagues et touchant à des « questions sensibles ». C’est notamment le cas du Donbass et des territoires occupés ainsi que de la gestion de la centrale nucléaire de Zaporijia, occupée par la Russie. La nature des garanties de sécurité que pourront fournir les Occidentaux devrait également être abordée.

La question des territoires occupés reste à trancher

Tout l’enjeu sera notamment de réussir à infléchir la position russe, ne serait-ce que pour entamer réellement un processus de négociation entre les deux belligérants. « Il y a certaines questions dont nous ne pouvons discuter qu’au niveau des dirigeants », rappelait Volodymyr Zelensky. Ce dernier a également déclaré, après les attaques de missiles et de drones sur Kiev dans la nuit de vendredi à samedi, que la Russie « ne veut pas mettre fin à la guerre ».

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a ainsi accusé vendredi Kiev et ses alliés européens de « redoubler d’efforts » pour « torpiller » les négociations, en poussant à des modifications inacceptables pour la Russie. Le nouveau texte « diffère radicalement » de ce qui avait été négocié entre Washington et Moscou, a constaté le membre du gouvernement, appelant à revenir aux ententes antérieures, faute de quoi « aucun accord ne pourra être conclu ».

« Le point clé c’est la question du territoire et de figer le front. Ensuite, les garanties de sécurité tiennent en trois points, l’armée ukrainienne est la principale, les Européens sont un gage important au profit de l’Ukraine et enfin il y a la question d’une garantie des Etats-Unis sur le modèle de l’assistance de l’article 5 de l’Otan ». Est-ce que Poutine peut accepter ça ? C’est la question, mais plus le temps passe, plus il s’expose à une perte de patience de l’administration de Donald Trump », explique le général Dominique Trinquand, spécialiste des relations internationales.

La rigidité russe mise à l’épreuve

Après un sommet infructueux en Alaska, l’absence d’inflexion de la position Russe a permis à l’Ukraine de profondément remanier un accord initialement très proche des intérêts de la Russie. « A force d’être rigides, les Russes s’aperçoivent que Volodymyr Zelensky manie la souplesse et essaie de rapprocher les Américains de la position qui permet un accord. Le meilleur allié de la Russie reste Monsieur Trump donc si Donald Trump veut faire changer la position de la Russie, il le peut. Notamment en faisant comprendre qu’une future coopération économique avec la Russie peut être conditionnée à une paix sous certaines conditions avec l’Ukraine », analyse Dominique Trinquand.

Pour rappel, le 3 décembre, l’émissaire américain, Steve Witkoff, et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, ont rencontré le président de la fédération de Russie sans rapporter d’avancée sur la discussion du processus de paix. Après un an de discussion entre Russes et Américains, la Russie pourrait finalement être contrainte à infléchir sa position.

L’économie russe sous pression

Les difficultés économiques pourraient d’ailleurs l’y contraindre. Avec une croissance au ralenti en 2025 et une inflation qui a atteint son plus faible niveau depuis le début des quatre années de guerre mais reste autour de 6 %, la capacité de la Russie à tenir cet effort de guerre interroge. Par ailleurs, d’après les informations de Reuters, le budget militaire russe devrait diminuer de 7 % en 2026. Enfin, après quatre ans de guerre, la Russie ne contrôle que 19 % du territoire ukrainien dont la plus grande partie était déjà sous contrôle russe. « On sait que Vladimir Poutine réalise qu’il ne rencontre pas autant de succès qu’attendu sur le front et par ailleurs la Russie est confrontée à des difficultés économiques majeures. Raisonnablement, la Russie ne peut pas continuer si longtemps sa guerre », explique Dominique Trinquand.

« La Russie semble solide sur ses bases, mais ne cesse de se fragiliser et sacrifie à l’effort de guerre tous les investissements dans l’avenir. Sur 2025, les réserves en or et les réserves de change en devises étrangères se sont considérablement effondrées, le trésor de guerre de la Russie s’est considérablement asséché », expliquait Elie Tenenbaum, auditionné au Sénat le 4 décembre.

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