Guillaume Larrivé (LR) : « Éric Zemmour doit être traité en adversaire »
Invité de la matinale de Public Sénat, Guillaume Larrivé est revenu sur le positionnement politique de sa candidate, Valérie Pécresse, entre Emmanuel Macron et Éric Zemmour. Le député LR de l’Yonne appelle sa famille politique à « rester elle-même », une « droite de gouvernement » entre rigueur budgétaire et fermeté régalienne.

Guillaume Larrivé (LR) : « Éric Zemmour doit être traité en adversaire »

Invité de la matinale de Public Sénat, Guillaume Larrivé est revenu sur le positionnement politique de sa candidate, Valérie Pécresse, entre Emmanuel Macron et Éric Zemmour. Le député LR de l’Yonne appelle sa famille politique à « rester elle-même », une « droite de gouvernement » entre rigueur budgétaire et fermeté régalienne.
Louis Mollier-Sabet

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« Soyons-nous même. » Cela peut paraître simple, mais à entendre Guillaume Larrivé développer la stratégie politique de la droite, prise en étau entre Emmanuel Macron et Éric Zemmour, « être soi-même » pourrait être plus compliqué que prévu. D’abord parce que sur leur droite, le congrès LR a laissé des traces, avec l’arrivée d’Éric Ciotti en tête du 1er tour, qui oblige Valérie Pécresse à composer avec un positionnement très droitier du député LR. Celui-ci a par exemple confirmé qu’il voterait bien Éric Zemmour plutôt qu’Emmanuel Macron dans le cas d’une éventuelle élimination de Valérie Pécresse au 1er tour de l’élection présidentielle. Alors, Éric Ciotti sera-t-il le caillou dans la botte de Valérie Pécresse pendant cette campagne ? « Nous ne devons pas nous placer dans cette hypothèse-là », coupe tout de suite Guillaume Larrivé, qui remet quand même les pendules à l’heure : « Je ne voterais jamais pour Éric Zemmour. Nous avons des différences irréconciliables. Je n’apprécie pas du tout la manière dont il a mis du sel sur les plaies de l’histoire. »

« Notre projet pour la France n’est pas le sien »

D’après lui, le candidat de Reconquête doit « être traité en adversaire. » Le député LR de l’Yonne rejette même l’idée de partager le constat d’Éric Zemmour, mais pas les solutions qu’il propose, comme cela est souvent évoqué par les membres de sa famille politique : « Notre projet doit être la réconciliation nationale, pas la division. Je vois bien que la France est déchirée, ‘archipelisée’, mais notre projet est un projet positif. Je n’ai pas attendu M. Zemmour pour m’intéresser sur les questions de sécurité de justice, c’est notre propre constat. Notre projet pour la France n’est pas le sien. » Pour Guillaume Larrivé, le projet des LR est plus proche de celui d’Édouard Philippe, qui avait utilisé l’expression « remettre de l’ordre dans les comptes et dans la rue » lors de la création de son parti Horizon : « Soyons-nous même, cette droite de gouvernement qui est capable à la fois de gérer le ministère de l’Intérieur et cette droite de liberté qui fait confiance à ceux qui veulent peser dans la mondialisation. Nous avons besoin des deux : d’ordre régalien et de libertés économiques. »

Le problème c’est qu’il est difficile d’être « soi-même » en reprenant les mots d’Édouard Philippe, ancien Premier ministre, quand on est dans l’opposition. En fait, Guillaume Larrivé semble plutôt s’opposer à « l’aile socialiste de la majorité » incarnée d’après lui par Christophe Castaner à l’Assemblée nationale ou Olivier Véran au gouvernement. Face aux attaques de la majorité présidentielle à l’égard de Valérie Pécresse, le député LR de l’Yonne appelle la majorité à « garder son sang-froid » : « J’appelle chacun dans la majorité à garder son sang-froid. Le péché d’arrogance traduit de la part de l’aile socialiste de la majorité beaucoup de fébrilité. Serait-elle nostalgique des années Hollande ? » Une façon de renvoyer le gouvernement et Emmanuel Macron à son aile gauche et de permettre à Valérie Pécresse et aux LR « d’être soi-même. »

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