Guillaume Peltier, agitateur d’idées chez LR depuis 2009
Augmentation du Smic, contrainte d'installation pour les jeunes médecins: Guillaume Peltier, qui organisait samedi sa...

Guillaume Peltier, agitateur d’idées chez LR depuis 2009

Augmentation du Smic, contrainte d'installation pour les jeunes médecins: Guillaume Peltier, qui organisait samedi sa...
Public Sénat

Par Baptiste PACE

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Augmentation du Smic, contrainte d'installation pour les jeunes médecins: Guillaume Peltier, qui organisait samedi sa traditionnelle fête de la Violette en Sologne, multiplie les propositions iconoclastes à droite, quitte à agacer dans son propre camp.

"Mais pourquoi parle-t-il de moi à chaque intervention ?" Deuxième vice-président des Républicains (LR) dirigé par Laurent Wauquiez, M. Peltier, 42 ans, se délecte de susciter le débat dans son parti. Quitte à en agacer la frange libérale, dont le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, qu'il a jadis côtoyé au Mouvement pour la France de Philippe de Villiers.

"Le problème de Peltier, c'est qu'il change souvent", glisse un LR qui le connaît depuis longtemps. Qui est-il vraiment ? "Un affairiste venu de l'extrême droite" comme le dépeint un hiérarque de LR ? Un "apporteur d'idées hors-pair" comme le décrit un autre ? Eternel blazer bleu ciel sur les épaules, le natif de Paris, ancien professeur d'histoire-géographie, n'en finit plus de se justifier de son "erreur de jeunesse" : son adhésion au Front national puis au Mouvement national républicain de Bruno Mégret.

S'il assure avoir converti son nationalisme intégral en un "patriotisme universel", l'ancien maire de Neung-sur-Beuvron, député du Loir-et-Cher depuis 2017, continue de souffler subtilement le chaud et le froid.

A l'UMP depuis 2009, l'ex-animateur de la Droite forte, courant le plus droitier du parti, est désormais dépeint par ses détracteurs comme le "Mélenchon de la droite".

Et s'il prend soin de cultiver soigneusement son propre réseau, en Sologne comme à Paris, il n'en prêche pas moins l'unité en recevant samedi les deux autres vice-présidents de LR, Jean Leonetti et Damien Abad, lors de sa traditionnelle fête de la Violette.

- "2027, pas avant" -

Friand de références littéraires —Edmond Rostand et Jean de la Fontaine—, M. Peltier cogne dur sur Emmanuel Macron, ce "Madoff de la politique", et appelle de ses voeux une "nouvelle droite" qui remettrait "le travail" au coeur de son logiciel: "N'en déplaise à certains, je ne suis prisonnier d'aucune école de pensée. Je ne suis ni libéral, ni socialiste. Je suis, et je le revendique, travailliste, parce que je considère que le travail, c'est la valeur centrale de l'économie française."

Travailliste ? "Il est en train de se recentrer", estime un dirigeant LR qui souligne qu'il est élu "dans une circonscription riche" de Sologne. De fait, dans son éloge du travail et des salariés injustement récompensés de leurs efforts, M. Peltier n'a pas explicitement mentionné sa volonté d'augmenter le Smic de 20%, qui hérisse dans son camp.

Des propositions iconoclastes, le député en a d'autres dans sa besace. Telle sa proposition de loi visant à contraindre les jeunes médecins à exercer deux années dans les "zones sous-dotées". "Heureusement qu'on n'en a pas plus parlé", s'inquiète une LR libérale assumée. Ou encore celle visant à créer un "ticket-carburant", sur le mode du ticket-restaurant, reprise par les parlementaires LR dans le cadre de la mission "France des territoires" qu'il co-pilote avec Damien Abad.

Pour le moment, Laurent Wauquiez laisse faire. Mais le début de la collaboration fut mouvementé. "Ton tour, c'est 2027, pas avant", lui a lancé en début d'année le patron du parti.

L'intéressé proteste de sa loyauté, et sans confirmer ni vraiment démentir des ambitions présidentielles, préfère parler de sa région Centre-Val de Loire dont il pourrait briguer la tête aux régionales de 2021.

"Guillaume Peltier cite Wauquiez à toutes les phrases, c'est suspect", glisse un parlementaire. "Je ne dis pas qu'il a intérêt à la victoire de Laurent Wauquiez. Mais Guillaume est intelligent, il sait très bien que sans la réussite des Républicains, il ne pourra pas réussir lui-même", selon un dirigeant du parti.

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