Guillaume Pepy reste, malgré les tempêtes à la SNCF
Alors que les critiques fondent sur la SNCF après les incidents survenus dans les gares parisiennes en décembre, l'autorité de Guillaume Pepy...

Guillaume Pepy reste, malgré les tempêtes à la SNCF

Alors que les critiques fondent sur la SNCF après les incidents survenus dans les gares parisiennes en décembre, l'autorité de Guillaume Pepy...
Public Sénat

Par Jean LIOU

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Alors que les critiques fondent sur la SNCF après les incidents survenus dans les gares parisiennes en décembre, l'autorité de Guillaume Pepy est à nouveau contestée, mais le patron du groupe semble indéboulonnable.

"Mon mandat est à la disposition du gouvernement", a déclaré M. Pepy, 59 ans, au Parisien vendredi.

Mi agacé, mi amusé, le président de la SNCF ne faisait que répéter ce qu'il dit systématiquement quand on lui demande s'il va partir. Comme devant la presse le 6 décembre, trois jours après la panne géante de la gare Montparnasse.

Guillaume Pepy et le PDG de SNCF Réseau, Patrick Jeantet, vont rendre des comptes audit gouvernement, puisqu'ils ont été convoqués par la ministre des Transports Elisabeth Borne le 8 janvier, afin de "tirer ensemble le bilan" des derniers incidents et présenter leurs "analyses et les actions engagées".

"C'est logique que les dirigeants qui ont subi des coups durs viennent s'expliquer devant leur actionnaire", l'Etat, décrypte un cadre du groupe public, un brin perplexe devant l'emballement des médias et des réseaux sociaux.

Cohue à la gare de Paris Bercy le 23 décembre 2017
Cohue à la gare de Paris Bercy le 23 décembre 2017
AFP/Archives

En l'espèce, la SNCF a dû faire face coup sur coup en décembre à une panne géante due à un "bug informatique" le 3 à Montparnasse, à une panne électrique le 11 dans cette même gare, puis à une grande pagaille "en raison d'une affluence de voyageurs bien supérieure à la capacité des trains" le 22 à Bercy, et enfin à une autre panne électrique le 26, cette fois à Saint-Lazare.

"Mon boulot, avec Patrick Jeantet, c'est de trouver des solutions. Le temps n'est pas aux états d'âme", a souligné Guillaume Pepy au Parisien.

- Modernisation du réseau -

Le patron de la SNCF, qui est aux commandes depuis février 2008, n'en est pas à sa première crise. Il a connu des grèves surprise, des fermetures de gares inopinées, des amas de neige sur les voies, des pannes de trains au milieu du tunnel sous la Manche, l'accident de Brétigny-sur-Orge (7 morts en 2013) et celui d'une rame d'essai à Eckwersheim (11 morts en 2015)... jusqu'à la panne de signalisation qui a paralysé la gare Montparnasse pendant trois jours, en plein chassé-croisé estival.

La SNCF fait le dos rond, mettant en avant l'importance des chantiers engagés sur un réseau vieillissant, faute d'investissements suffisants pendant des années où l'on n'a juré que par le TGV.

Or, ces travaux ont des conséquences sur la circulation des trains. Ils sont par exemple à l'origine du bug de Montparnasse du 3 décembre.

"Ce chantier (de modernisation du réseau), c'est comme si vous cuisiniez pendant que votre électricien refait votre installation", a comparé Guillaume Pepy. "Nous rénovons le réseau tout en faisant circuler en Ile-de-France l'équivalent d'un avion A380 toutes les sept secondes."

La SNCF a lancé cet été --après le premier blocage de la gare Montparnasse-- le programme Rob.In, censé mettre l'accent sur la robustesse des services ferroviaires (Rob) et sur l'information voyageurs (In), une faiblesse chronique d'un groupe qui a toujours bien du mal à parler aux passagers en cas de problème.

En attendant, le gouvernement ne semble pas avoir l'intention de démettre Guillaume Pepy, dont le mandat court jusqu'en 2020. Ne serait-ce, glisse un proche du dossier, que parce qu'il est jugé indispensable pour négocier l'alignement de la retraite des cheminots sur le régime général, au programme en 2018. Et la réunion du 8 janvier au ministère des Transports devrait être plus studieuse que conflictuelle.

"La responsabilité de tel ou tel incident ne pèse pas sur un seul homme, elle pèse sur des choix stratégiques qu'a fait notre pays avec la SNCF, celui de privilégier les grandes infrastructures (...) et de négliger les trains du quotidien", a d'ailleurs indiqué vendredi le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, Christophe Castaner.

"Ne négligeons pas que chaque jour des centaines de trains arrivent à l'heure, et dans de bonnes conditions", a-t-il dit sur BFMTV.

De fait, malgré les incidents de ces derniers mois, la SNCF affiche cette année de très bons chiffres de fréquentation.

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