Guinée : « Alpha Condé était de plus en plus fragilisé », selon Jean-Yves Leconte
Dimanche, des putschistes guinéens ont capturé le président Alpha Condé et annoncé la dissolution des institutions. Un coup d’état que condamnent les sénateurs de la commission des affaires étrangères, mais qui révèle aussi selon eux, la faiblesse du président Alpha Condé réélu il y a un an.

Guinée : « Alpha Condé était de plus en plus fragilisé », selon Jean-Yves Leconte

Dimanche, des putschistes guinéens ont capturé le président Alpha Condé et annoncé la dissolution des institutions. Un coup d’état que condamnent les sénateurs de la commission des affaires étrangères, mais qui révèle aussi selon eux, la faiblesse du président Alpha Condé réélu il y a un an.
Public Sénat

Par Cécile Sixou

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Comme la France et la communauté internationale, le sénateur LR, Alain Joyandet, condamne les putschistes. « J’appelle à la libération du président et sa remise en place le plus vite possible ». La présidence d’Alpha Condé est légitime selon lui, « son élection a été validée par les Nations Unies ». Le sénateur reconnaît toutefois ne pas avoir assez d’éléments sur les causes et les motivations des militaires, « je ne sais pas quelles sont leurs capacités à revenir en arrière ».

 

« Impasse politique »

Le sénateur socialiste Jean-Yves Leconte, lui n’est pas étonné. Alerté vendredi dernier sur la situation tendue dans le pays par Mamadou Sylla, le chef de l’opposition parlementaire en Guinée, Jean-Yves Leconte écrit sur son blog : « La Guinée est dans une impasse politique, le pouvoir n’a plus de prise sur l’évolution d’un pays bloqué, l’opposition est divisée, des jeunes sans espoir et tentés par l’émigration ». Contacté ce lundi, il confirme « Alpha Condé était tellement contesté, qu’il était de plus en plus fragilisé ». Son élection, en 2020, à un troisième mandat était « fortement remise en cause en Guinée. Il existe même des comptages indépendants qui disent qu’il n’a pas été élu ». Du coup, « il est peu légitime » estime Jean-Yves Leconte et demander son retour au pouvoir et le retour des règles constitutionnelles précédentes est « vain ». Pour le sénateur, il faut ouvrir un dialogue entre toutes les parties pour que la transition soit la plus courte possible.
Une transition que souhaitent les putschistes. « Une concertation sera ouverte pour décrire les grandes lignes de la transition, ensuite un gouvernement d’union nationale sera mis en place pour conduire la transition », a dit le chef putschiste, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, dans un discours.

 

« Il faut comprendre les motivations des militaires »

Le sénateur Alain Joyandet a déjà vécu en 2010, la transition démocratique en Guinée alors qu’il était secrétaire d’Etat chargé de la coopération. Il était l’un des premiers membres de gouvernement européen à fouler le sol guinéen après le coup d’état. « En 2010, on avait un régime corrompu, du trafic de drogue au niveau de l’état, cette fois c’est différent, ce qu’il faut comprendre ce sont les motivations des militaires, pourquoi il y a une dégradation politique ? »
La France a un rôle à jouer dans cette transition, selon le sénateur LR, « il faut que l’influence diplomatique se mette en place, il faudrait quelqu’un de dédié au gouvernement français, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui ».

Les forces spéciales guinéennes conduites par leur commandant, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, disent, vouloir mettre fin à « la gabegie financière, la pauvreté et la corruption endémique », ou encore à « l’instrumentalisation de la justice et au piétinement des droits des citoyens ». Pour le moment, les putschistes n’ont pas encore précisé les modalités de la concertation ni la durée de la transition.

Partager cet article

Dans la même thématique

Guinée : « Alpha Condé était de plus en plus fragilisé », selon Jean-Yves Leconte
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Guinée : « Alpha Condé était de plus en plus fragilisé », selon Jean-Yves Leconte
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le