Guyane : « Emmanuel Macron n’a pas convaincu, la déception est grande »
Les premières heures d’Emmanuel Macron en Guyane se sont déroulées dans un climat tendu. Contacté par publicsenat.fr, les deux sénateurs de Guyane, membres du groupe LREM, Antoine Karam et Georges Patient, sont critiques sur le début de ce déplacement.

Guyane : « Emmanuel Macron n’a pas convaincu, la déception est grande »

Les premières heures d’Emmanuel Macron en Guyane se sont déroulées dans un climat tendu. Contacté par publicsenat.fr, les deux sénateurs de Guyane, membres du groupe LREM, Antoine Karam et Georges Patient, sont critiques sur le début de ce déplacement.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

 « Je ne suis pas le Père Noël parce que les Guyanais ne sont pas des enfants ». Cette phrase polémique prononcée par Emmanuel Macron à son arrivée en Guyane a parasité d’emblée son déplacement officiel (voir notre article).

Père Noël « Une faute de langage »

« J’ai l’impression que le Président a été mal informé. Par cette phrase, il a choqué la population Guyanaise. C’est une faute de langage. Nous n’avons pas besoin de Père Noël mais que l’État tienne ses engagements » s’insurge Antoine Karam, sénateur de Guyane par ailleurs membre du groupe LREM avant de poursuivre. « J’étais présent à son arrivée à Maripasoula (frontière du Suriname), je pense qu’il n’aurait pas dû venir en hélicoptère mais en pirogue, c’est le seul moyen de locomotion dans ce territoire enclavé ».

Son collègue au groupe LREM, Georges Patient, également sénateur de Guyane, reconnaît néanmoins « qu’il y a eu une bonne séquence » à Maripasoula. « Il y a eu un gros accueil populaire. Le maire de la commune a bien préparé la réception. Emmanuel Macron a confirmé la construction prochaine d’un collège, d’un lycée, d’un stade de football. Mais c’est vrai que ce qu’il a dit sur le Père Noël a été mal perçu par la population du littoral ».

« Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est de ne pas les recevoir »

Jeudi après-midi, une marche à l'appel du collectif Pou Lagwiyann Dékolé (pour que la Guyane décolle) avait rassemblé dans le calme plus d'un millier de personnes à Cayenne. Les manifestants demandaient le respect de l’Accord de Guyane et a être reçu par le chef de l’État. Des échauffourées ont eu lieu dans la nuit entre certains manifestants et les forces de l’ordre, après le refus de ce rendez-vous avec les membres du collectif par l’exécutif. « Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est de ne pas les recevoir. Le Président a décidé que seuls les élus locaux sont légitimes. Avec la manifestation de l’après-midi conjugué à ce refus, on pouvait facilement imaginer que ça dégénérait dans la nuit » déplore Georges Patient. « La population était déjà excédée avec cette histoire de Père Noël. Le collectif a demandé un entretien légitimement car ils sont aussi cosignataires de l’Accord de Guyane » complète Antoine Karam.

 Les assises de l’Outre-mer: « Nous sommes nombreux à considérer que c’est un travail qui ne sert à rien »

En ce qui concerne cet accord, devant la presse, Emmanuel Macron a assuré que « la parole de l’État sera tenue » (voir notre article). Pas de quoi, selon Antoine Karam, rassurer les Guyanais. « Il n’a pas convaincu, pour l’instant la déception est très grande. « Je ne comprends pas pourquoi il insiste autant sur les assises de l’Outre-mer alors que le gouvernement connaît déjà nos besoins » explique-t-il. Même sentiment du côté de Georges Patient qui reproche au chef de l’État de ne pas avoir centré ce déplacement sur les accords de Guyane mais sur les Assises. « Nous sommes nombreux à considérer que c’est un travail qui ne sert à rien. Durant les évènements, les élus ont travaillé des mois pour collecter les demandes de la population ».

Partager cet article

Dans la même thématique

ELYSEE PRESSE 1© La Famiglia
3min

Politique

« Cap sur l’Élysée » : Public Sénat lance sa série documentaire sur la présidentielle, à voir en avant-première

Public Sénat propose, en ligne dès ce 24 octobre, le premier épisode de « Cap sur l’Élysée », série documentaire inédite qui suivra la campagne présidentielle jusqu’au scrutin. Le premier épisode est disponible en intégralité sur publicsenat.fr, une semaine avant sa diffusion télévisée, le samedi 31 octobre à 21h sur le canal 8 de la TNT.

Le

MANIF FEMINISTE ANTI RASSEMBLEMENT NATIONAL
6min

Politique

Manifestation contre le RN à Orléans : un « aveu de faiblesse » pour la gauche ou un échec de la dédiabolisation de Marine Le Pen ?

20 000 à 30 000 opposants au Rassemblement national sont attendus samedi à Orléans où se tient le congrès du parti. Associations, syndicats, mais aussi responsables politiques comme Olivier Faure, Marine Tondelier ou Bally Bagayoko feront partie du cortège. Signe d’une dédiabolisation qui n’est pas encore aboutie pour le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen ? Ou un aveu d’impuissance de la gauche ? En 1997, une contre-manifestation avait rassemblé 50 000 personnes et les chefs de partis de gauche à Strasbourg où se tenait le congrès du Front national.

Le

7min

Politique

Pas de panier de produits sains à prix coûtant pour les consommateurs français : le texte a été rejeté par le Sénat

Jeudi, la proposition de loi déposée par les écologistes, qui entendait favoriser l’accès à une alimentation saine, a été rejetée par le Sénat. Si la nécessité de garantir l’accès aux produits de première nécessité dans un contexte inflationniste a été unanimement reconnue, plusieurs groupes politiques ont fait part de leur désaccord avec les moyens de sa mise en œuvre.

Le