« Haine de la province »: Wauquiez critiqué pour ses attaques ad hominem contre Macron
"Haine de la province", "désert de l'âme", absence "d'amour charnel pour la France"... Les attaques de Laurent Wauquiez, favori pour prendre la...

« Haine de la province »: Wauquiez critiqué pour ses attaques ad hominem contre Macron

"Haine de la province", "désert de l'âme", absence "d'amour charnel pour la France"... Les attaques de Laurent Wauquiez, favori pour prendre la...
Public Sénat

Par Frédéric DUMOULIN

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"Haine de la province", "désert de l'âme", absence "d'amour charnel pour la France"... Les attaques de Laurent Wauquiez, favori pour prendre la tête des Républicains en décembre, contre la personne d'Emmanuel Macron ont suscité indignation à La République en marche et prise de distance dans son camp.

Dans un portrait au vitriol publié dimanche dans le JDD, le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes se dit "frappé" par "le désert de l'âme" chez le chef de l'Etat, qui "n’est porté que par un seul projet: lui-même".

Contrairement à ses prédécesseurs, M. Macron n'éprouve pas d'"amour charnel pour la France", accuse-t-il encore, ressentant chez lui "de la morgue" et même "une haine de la province".

Lors du "Grand Jury" RTL-LCI-Le Figaro, M. Wauquiez, accusé jusque dans son camp de multiplier les attaques ad hominem pour essayer de s'imposer comme l'opposant numéro un au président de la République, a poursuivi dans le même registre : "les Français attendent de la fermeté, des convictions (...) ils n'attendent pas un petit président arrogant et capricieux".

Interrogé sur ces propos lors du "Grand Rendez-vous" Europe1-CNews-Les Echos, l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Eric Woerth, a pris ses distances, du moins sur la forme: "Je n'emploierais pas ces mots, je ne crois pas qu'il y ait une haine du président de la République à l'encontre des Français ou des territoires".

François de Rugy à l'Assemblée nationale le 25 octobre 2017
François de Rugy à l'Assemblée nationale le 25 octobre 2017
AFP

En revanche, le député de l'Oise "partage l'opinion" de Laurent Wauquiez "sur l'idée que le président ne connaît pas les Français".

- 'On ne parle jamais que de soi' -

"C'est ce qui s'appelle attaquer au bazooka", commente un ténor de LR. "L'objectif immédiat est peut-être atteint, vis-à-vis des militants, mais après ? Comme toujours, Wauquiez en fait trop et il attaque la personne plutôt que la politique", déplore-t-il.

Sans surprise, le camp présidentiel s'est mobilisé pour dénoncer les propos du probable futur patron de LR.

Celui qui deviendra dans les prochaines semaines le chef de file du parti LREM et donc son interlocuteur privilégié, Christophe Castaner, s'est contenté d'un tweet cinglant: "Quand d'autres ne sont que la desserte de l'âme FN ".

Le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy (LREM), l'a quant à lui accusé "de faire du Trump à la française". "Laurent Wauquiez, c'est Nicolas Sarkozy sans les idées. Nicolas Sarkozy, il faut lui reconnaître une chose, il faisait des propositions, il avait des idées. Elles sont où les propositions de M. Wauquiez ?", a ajouté M. de Rugy lors de l'émission "Questions politiques" sur France Inter.

"Un ami me rappelait récemment les propos de Mauriac: +On ne parle jamais que de soi+. L’analyse de L. Wauquiez est à cet égard éclairante", a ironisé pour sa part le vice-président LREM de l'Assemblée, Hugues Renson.

Porte-parole de LREM venue de LR, Aurore Bergé voit dans ces attaques "le désert de la pensée et la +tea partisation+ de la droite".

Même son de cloche chez les alliés du MoDem. Le chef de file des députés centristes, Marc Fesneau, a dénoncé sur Radio J cette "ritournelle dangereuse, désagréable et nauséabonde".

"Quand j’ai vu le portrait dressé par Laurent Wauquiez d’Emmanuel Macron, je me suis demandé si ce n’était pas un autoportrait... Je trouve que la façon d’exprimer les choses en dit beaucoup sur sa personnalité (...) Et puis, dire qu'Emmanuel Macron a la +haine de la province+ ! De quel droit M. Wauquiez s'arroge-t-il cet amour ou ce non-amour pour la France ?", a ajouté M. Fesneau.

Pour Chloé Morin, de la Fondation Jean-Jaurès, il s'agit clairement d'une stratégie chez le futur patron de la droite. "Laurent Wauquiez est conscient de la nécessité de brûler son étiquette d'+énarque+, marque décidément infâme à l’heure du dégagisme", a-t-elle déclaré dimanche à LObs.fr.

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