Benoît Hamon, finaliste de la primaire socialiste élargie face à Manuel Valls, a assuré lundi que son projet n'avait "rien d'utopiste", affirmant de pas vouloir laisser à ses filles "un monde invivable" dans "l'organisation du travail" et "comme cadre de vie".
"Le projet que j'assume est un projet de long terme, ce qui me vaut d'être qualifié d'utopiste, il n'y a rien d'utopiste à ça", a-t-il déclaré sur France Inter, au lendemain de sa nette avance au premier tour de la primaire sur Manuel Valls.
"Il serait même tout à fait déraisonnable de ne pas voir qu'il y a aujourd'hui urgence à changer de mode de production et de mode de consommation", a-t-il ajouté.
Programme de Benoît Hamon
AFP
"Si l'obstacle, c'est le niveau de la dette, pardon, mais le niveau de la dette ce sont des marchés, ce sont des banquiers, on peut négocier avec eux. La planète, on ne négociera pas", a-t-il plaidé. "Retarder les moments d'investir en Europe, en France, avec les pays émergents, la conversion de nos modèles de développement, retarder cela, c'est prendre des risques qui sont des risques considérables".
"Quel est le moteur de ma candidature ? Je vais vous dire, ce sont mes filles", a confié le candidat. "Je considère que j'ai la chance de pouvoir peser dans le débat politique pour faire en sorte que je ne leur laisse pas (...) un monde invivable. (...) Un monde invivable dans l’entreprise, dans le travail, dans l’organisation du travail, comme ce que nous allons leur laisser comme cadre de vie".
Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.
En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.
La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.
Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.