Surnommé "petit Ben" ou "petit Benoît" par les éléphants socialistes, Benoît Hamon s'est émancipé pour sortir en tête dimanche du premier tour...
Hamon, le « petit Benoît » qu’ils n’ont pas vu grandir
Surnommé "petit Ben" ou "petit Benoît" par les éléphants socialistes, Benoît Hamon s'est émancipé pour sortir en tête dimanche du premier tour...
Par Marie DHUMIERES
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Surnommé "petit Ben" ou "petit Benoît" par les éléphants socialistes, Benoît Hamon s'est émancipé pour sortir en tête dimanche du premier tour de la primaire organisée par le PS, en portant un programme de "gauche totale" et innovante.
Longtemps Benoît Hamon a incarné la quintessence de l'apparatchik, fin connaisseur des réseaux socialistes et bras armé des tâches de l'ombre, couvé avec un brin de paternalisme voire de condescendance par les ténors du PS.
Mais "petit Ben", comme l'appelait avec affection Martine Aubry qui l'a fait entrer à son cabinet de ministre de l'Emploi en 1997, est à 49 ans arrivé à "maturité", a récemment noté la maire de Lille.
Benoît Hamon, l'outsider en position de force
AFP
“Les gens qui ont travaillé avec lui ont toujours eu tendance à le sous-estimer”, souligne son ami de longue date et porte-parole Régis Juanico, avec en tête la prédiction de Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, glissant dès la mi-novembre que la “surprise pourrait venir” du “petit Benoît” lors de la primaire.
Vent dans le dos depuis plusieurs semaines, le député des Yvelines a effectivement bousculé les pronostics en défendant un programme original, dont la mesure phare, le revenu universel d'existence, a largement focalisé les débats entre les sept candidats.
Le porte-parole du Parti socialiste (PS) Benoît Hamon participe à une réunion de travail sur la question du logement, le 18 mars 2009 au siège du PS à Paris
AFP/Archives
Il assume et revendique même ses fraîches "prises de conscience": sur l'écologie d'abord, dont il a fait un pivot de son projet, mais aussi contre "le mythe de la croissance", en repensant la place déclinante du travail dans la société.
Des convictions fortes mâtinées “d'habileté”, dixit un poids lourd du PS, pour qui Hamon a “réussi à suivre son propre chemin en utilisant la faiblesse de ceux qui se sont servis de lui” comme caution de la gauche au gouvernement.
“Il en a profité pour construire sa propre maison”, poursuit ce ténor du parti.
Gabarit poids plume mais amateur et pratiquant de rugby, breton revendiqué, licencié d’histoire "seulement".... S'il n'a pas tous les codes de départ, le natif de Saint-Renan, fils d'un père ouvrier devenu ingénieur à l'Arsenal de Brest et d'une mère secrétaire, a su jouer des coudes pour se faire entendre.
Cet aîné d’une fratrie de quatre, qui a passé une partie de son enfance à Dakar où son père avait été muté, se souvient du badge “Touche pas à mon pote” qu'il arborait dans son lycée privé catholique comme de son premier acte militant.
- Un homme de réseaux -
Adhérent à SOS Racisme, puis au PS début 87, il intègre les cercles rocardiens à Paris. Là, il vit en colocation avec d’autres jeunes socialistes de province, dont Olivier Faure, aujourd’hui président du groupe PS à l'Assemblée, qui se souvient des heures passées “à refaire le monde, soir après soir”.
“Benoît était à ce moment pas forcément le plus ambitieux ni le plus volontaire”, mais “très simple, très joueur”, détaille-t-il.
Benoît Hamon à son QG de campagne au soir du premier tour de la primaire du PS, le 22 janvier 2017 à Paris
AFP
En 1993, à 26 ans, Benoît Hamon conquiert la présidence du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) qui, plus de 20 ans après, lui est toujours largement acquis et lui a permis de cultiver de précieux réseaux.
Il participe ensuite à la campagne de Lionel Jospin en 1995, avant de rejoindre le cabinet de Martine Aubry. La maire de Lille le récompensera de sa fidélité en le nommant porte-parole du PS en 2008.
Avant cela, il y a le “choc” de l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle en 2002, puis la création du défunt courant rénovateur Nouveau Parti Socialiste avec Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, des adversaires lors de cette primaire.
Incarnation de la gauche du parti, M. Hamon est propulsé ministre délégué à l'Économie sociale et solidaire en 2012, puis promu à l’Éducation. Une consécration éphèmère puisqu'en désaccord avec la politique de Manuel Valls, il quitte le gouvernement en août 2014, en compagnie d'Arnaud Montebourg.
Député des Yvelines, il rejoint les frondeurs sur les bancs de l’Assemblée et se démène contre la loi Macron puis la loi El Khomri. Dans le même temps, il dessine son projet et se lance dans la campagne de la primaire dès la mi-août 2016, prenant tout le monde de court. Déjà.
Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone pour Public Sénat et la presse régionale, les courbes se croisent : le leader de La France insoumise gagne deux points et passe devant l'ancien Premier ministre. Au centre, Édouard Philippe, pourtant fragilisé, reste de loin le mieux placé face à Gabriel Attal.
« Ces deux mandats macronistes nous lèguent 1300 milliards d’euros de dette supplémentaire », soit « plus de 400 millions d’euros par jour », a dénoncé la nouvelle présidente du groupe RN/UDR du Sénat, Edwige Diaz. Le premier ministre a pointé en retour l’effort demandé aux collectivités par le Rassemblement national. La sénatrice RN a démenti les chiffres, pourtant bien inscrits dans le contre-budget du RN.