Handicap: les maisons départementales sont « à bout de souffle »
Soixante-dix députés qui ont fait récemment une immersion dans la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de leur...

Handicap: les maisons départementales sont « à bout de souffle »

Soixante-dix députés qui ont fait récemment une immersion dans la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de leur...
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Soixante-dix députés qui ont fait récemment une immersion dans la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de leur circonscription ont appelé mercredi à "revisiter en profondeur" un système "à bout de souffle" pour le recentrer sur "l'accompagnement des personnes".

Ces parlementaires de presque tous les bords (sauf France insoumise et Front national) se sont rendus début mars dans des MDPH proches de chez eux. Au total, 44 structures sur 101 ont été visitées, y compris en outre-mer.

"D'un département à l'autre, les situations sont très hétérogènes. La question de l'égalité des droits se pose", a résumé devant la presse le député des Hauts-de-Seine Adrien Taquet (LREM), en remettant la synthèse de leurs observations à la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel.

Créées dans chaque département par la loi sur le handicap de 2005, ces structures permettent aux personnes handicapées d'accéder à de nombreux droits et services, par exemple une place en établissement scolaire pour un enfant handicapé, un service à domicile, une formation ou une allocation de ressources.

Pour les parlementaires, "ce système est à bout de souffle" et doit être "revisité en profondeur pour redéfinir la mission première des MDPH qui est l'accompagnement des personnes", une "dimension peu présente".

Depuis la création des MDPH, les dotations globales "n'ont pas ou très peu évolué alors que le nombre de dossiers a augmenté. Elles font face à un manque de moyens humains et financiers", poursuivent-ils, souhaitant une "nouvelle organisation pour gagner en productivité".

Sites internet de MDPH relégués en bas des sites de conseils départementaux, "informations incomplètes", "absence de télé-procédures": le service internet est "globalement insatisfaisant" et devrait être développé, soulignent-ils.

En outre, des disparités en termes de droits ont été constatées, avec des taux d'attribution différents d'un département à l'autre pour une allocation: de 36% à 92% pour l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) ou de 20% à 78% pour la Prestation de compensation du handicap (PCH).

Concernant les délais d'attente, seule une MDPH sur deux respecte la loi intimant de répondre "avant 4 mois", ajoutent-ils.

Chargé en novembre avec Jean-François Serres, membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese), d'une mission sur la simplification administrative dans le domaine du handicap, Adrien Taquet a précisé que cette opération baptisée "Semaine MDPH" viendrait "nourrir leur réflexion".

Leur rapport est attendu pour fin avril.

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