Hanouka à l’Elysée : « On ne combat pas l’antisémitisme avec des offices religieux »

Ce mercredi, lors des questions d’actualité au gouvernement, le ministre de l’Intérieur a été interrogé par le sénateur socialiste Alexandre Ouizille sur les images de la célébration d’une fête juive à l’Elysée, en présence d’Emmanuel Macron. « Il n’y a pas eu de cérémonie religieuse », assure Gérald Darmanin.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Pouvez-vous, s’il vous plaît, nous confirmer qu’il n’y aura pas de messe de Noël à Matignon cette année ? Qu’il n’y aura pas de rupture du jeûne au printemps au ministère de l’Intérieur ? » Ce mercredi 13 décembre, à l’occasion de la séance de questions au gouvernement au Sénat, la polémique déclenchée par la célébration de Hanouka, fête juive de la lumière, dans la salle des fêtes de l’Elysée, s’est invitée dans l’hémicycle. Le sénateur socialiste de l’Oise Alexandre Ouizille a vivement interpellé le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, sur ce que de nombreux commentateurs ont dénoncé comme « une atteinte au principe de séparation des Eglises et de l’Etat ».

« L’impair » du chef de l’Etat

« Un ministre du culte, en l’espèce le grand rabbin de France, a allumé la première bougie d’Hanouka dans la salle des fêtes du palais présidentiel, en présence du chef de l’Etat. Ceci est radicalement contraire à la Constitution, aux principes qui nous fondent, aux principes qui nous lient et au fait que le président de la République en est le garant », s’est agacé l’élu. « Comment peut-on imaginer que le président de la République aujourd’hui ait commis un tel impair par rapport aux règles de laïcité ? Comment peut-on aujourd’hui vous faire confiance lorsque la Première ministre depuis Mayotte, nous dit qu’il s’agit là simplement d’un soutien à la lutte contre l’antisémitisme ? »

« Monsieur le ministre de l’Intérieur, on ne combat pas l’antisémitisme avec des offices religieux », a encore taclé le socialiste. Quelques minutes plus tard, le sénateur Les Républicains François Bonhomme est revenu à la charge sur ce sujet : « Comment comptez-vous combattre une telle atteinte à la laïcité ? », a-t-il ironisé à l’adresse du locataire de la place Beauvau.

« Pensez-vous que ce sont les Juifs de France qui portent atteinte à la laïcité ? »

Dans sa réponse, Gérald Darmanin a évoqué la forte hausse des actes antisémites depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre, et a reproché aux élus de jouer la provocation : « Vous n’avez pas pris la hauteur sur ce qu’il faudrait pour nos concitoyens juifs, que protège la République », a dénoncé le ministre de l’Intérieur.

« Pensez-vous que ce sont les Juifs de France et le grand rabbin qui ramène une bougie d’Auschwitz qui portent atteinte à la laïcité ? », a encore taclé Gérald Darmanin. « Il n’y a pas eu de cérémonie religieuse à l’Elysée, mais un moment au cours duquel le président de la République a reçu un prix contre l’antisémitisme », a martelé le ministre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Hanouka à l’Elysée : « On ne combat pas l’antisémitisme avec des offices religieux »
5min

Politique

Cyberattaque contre le ministère de l’Intérieur : Laurent Nunez va généraliser « la double identification » pour l’accès aux applications 

Un mois après le piratage des serveurs informatiques du ministère de l’intérieur, Laurent Nuñez était auditionné devant la commission des lois du Sénat pour faire le point sur les mesures de sécurité prises depuis. Le ministre a également été interrogé sur l’application de la loi visant à lutter contre le narcotrafic, entrée en vigueur il y a 6 mois. 

Le

6min

Politique

Désinformation en santé : l’exécutif dévoile une stratégie nationale de riposte

Face aux risques pour la santé publique, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a dévoilé lundi les premiers axes d’une stratégie nationale de lutte contre la désinformation médicale. « Priorité stratégique de l’État », cette riposte reposera sur différents outils, dont un Observatoire de la désinformation et un dispositif d’infovigilance réactif. Sans toutefois prévoir de volet sanction.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
4min

Politique

Budget : le gouvernement réévalue le déficit à la hausse, à 5,4 %, suite à la non-adoption du texte à la fin de l’année

En tenant compte des conséquences fiscales de la non-adoption par le Parlement du budget avant le 31 décembre 2025, le gouvernement revoit sa prévision de déficit public en 2026, avec un solde dégradé de 0,1 point, le portant à – 5,4 % du PIB. De quoi compliquer la tâche des députés, avant même le début de l’examen du budget en nouvelle lecture…

Le