Politique
A une large majorité, les sénateurs ont adopté les conclusions de la commission mixte paritaire sur la simplification de la vie économique. Contre la volonté du gouvernement, le texte supprime les zones à faibles émissions.
Le
Par Henri Clavier
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Alors que le gouvernement prépare les derniers ajustements budgétaires avant la commission mixte paritaire du 30 janvier, le ministre de l’Industrie et de l’énergie, Marc Ferracci, lie la situation budgétaire à la reprise de l’activité économique. Alors que le chômage a augmenté de 3,9 % au dernier trimestre selon les chiffres publiés par la Dares, Marc Ferracci juge que l’absence de budget « coûte très cher en matière d’incertitude économique ». Pour cela, le gouvernement devra néanmoins « trouver des voies de passage qui permettent d’équilibrer notre déficit […] et trouver les compromis qui permettent de stabiliser l’action gouvernementale ».
« Aujourd’hui, la censure qui a eu lieu en décembre, sur le simple aspect budgétaire, coûte 12 milliards d’euros », pointe Marc Ferracci qui insiste également sur les investissements et les recrutements suspendus. Selon le ministre de l’industrie, la hausse du chômage n’est pas liée à « l’échec du gouvernement », et estime que 70 000 emplois ne sont pas pourvus dans l’industrie. « Les fondamentaux restent solides, j’en veux pour preuve le nombre de recrutements qui ne sont pas pourvus. Si l’on donne à notre pays un peu de stabilité politique, la machine repartira », continue Marc Ferracci. L’ancien conseiller économique d’Emmanuel Macron estime que la stabilité politique pourra permettre de faire reculer le chômage. « On a un taux d’épargne des ménages à 18 %, c’est le signe que les gens sont inquiets », souligne Marc Ferracci. Pour le ministre, un autre levier consiste à faire reculer les impôts de production.
Marc Ferracci appelle à reprendre la baisse des impôts de production
« Je souhaite que l’on puisse reprendre la baisse des impôts de production », plaide le ministre de l’industrie et de l’énergie qui souhaite notamment reprendre la trajectoire de baisse de la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Le taux de la CVAE a été réduit dès 2021 en vue d’une suppression en 2024 avant que sa suppression soit finalement repoussée à 2027. De manière générale, le ministre souhaite faire baisser le coût du travail et appelle à ouvrir le débat sur le financement du système de protection sociale. « D’une manière ou d’une autre, il faut trouver d’autres sources de financement de notre protection sociale que le travail », déclare Marc Ferracci.
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