Hausse du smic… Taxe sur les superprofits : les sénateurs communistes déposent une proposition de loi pour un « véritable bouclier social »
Alors que le projet de loi du gouvernement pour « la protection du pouvoir d’achat » arrive au Sénat jeudi, les sénateurs communistes proposent leur propre vision d’un meilleur pouvoir d’achat pour les Français et critiquent celle du gouvernement.

Hausse du smic… Taxe sur les superprofits : les sénateurs communistes déposent une proposition de loi pour un « véritable bouclier social »

Alors que le projet de loi du gouvernement pour « la protection du pouvoir d’achat » arrive au Sénat jeudi, les sénateurs communistes proposent leur propre vision d’un meilleur pouvoir d’achat pour les Français et critiquent celle du gouvernement.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Enregistrée à la présidence du Sénat le 13 juillet dernier, la proposition de loi « visant à mettre en place 50 mesures pour un véritable bouclier social » tombe à pic. En proposant ce texte juste avant l’arrivée au Sénat du projet de loi de finances rectificative (PLFR), les sénateurs communistes se posent en alternative à la vision du gouvernement. « Ce sont deux projets de société qui s’affrontent » justifie Pierre Laurent, sénateur communiste de Paris. « Il ne s’agit pas seulement d’être pour ou contre la politique gouvernementale, nous sommes force de proposition. »« Le problème fondamental dans ce pays reste les très bas salaires », constate Laurence Cohen, sénatrice du Val-de-Marne. Clé de voûte de la proposition de loi : la revalorisation des salaires, et particulièrement du Smic qui serait augmenté à 1 505 euros net (1 923 euros brut). « On constate que les primes ne règlent rien et ne se retrouvent pas dans le montant des retraites », juge la vice-présidente de la commission des affaires sociales en référence aux primes prévues dans le PLFR voté à l’Assemblée. Les sénateurs CRCE voudraient pérenniser une augmentation des salaires des fonctionnaires en majorant le point d’indice de 10 %, et de l’indexer automatiquement à l’inflation « quand elle dépasse 2 % ».

Hausse des minima et sociaux et lutte contre l’inflation

Côté retraites, la proposition de loi veut fixer un minimum pour une carrière complète à 100 % du SMIC net, et revaloriser l’Aspa (minimum vieillesse pour les pensions inférieures à 916,78 euros) au-delà du seuil de pauvreté (1 041 euros aujourd’hui). On peut aussi trouver la suppression de la CSG et la revalorisation de la plupart des minima sociaux ou encore la déconjugalisation de l’allocation adultes handicapés. Alors que cette dernière mesure a déjà été adoptée à l’Assemblée le 21 juillet, Laurence Cohen dénonce le temps perdu par le gouvernement sur ce sujet. « Nous avons essuyé des refus répétés depuis 2018 et la majorité nous a traités « d’utopistes ». Le temps pris par le gouvernement pour changer d’avis est dommageable pour les personnes concernées. »

Pour lutter contre la flambée des prix, les élus communistes entendent faire de l’énergie un produit de première nécessité et ainsi d’y appliquer un taux réduit de TVA pour les résidences principales. Ils veulent également permettre au Parlement de prononcer un blocage des prix sur les produits énergétiques et alimentaires, et mettre en place un coefficient multiplicateur sur les produits alimentaires. « Il faut pouvoir lutter contre la spéculation alimentaire », défend Fabien Gay, sénateur de Seine-Saint-Denis, avant de s’attaquer aux conclusions d’une mission flash de la commission économique du Sénat qui assure qu’il « ne semble pas y avoir de phénomène massif de « hausses suspectes ».

Un financement par l’imposition des plus hauts profits

Pour répondre aux critiques qu’il voit arriver de loin, Pascal Salvodelli, sénateur du Val-de-Marne, assure que « l’argent est là ». Si le montant chiffré de ce bouclier social atteindrait les alentours de 80 milliards d’euros (bien plus que les 20 milliards d’euros budgétés pour soutenir le pouvoir d’achat du PLFR), le groupe communiste est confiant sur son financement : taxe sur les superprofits, rétablissement de l’impôt sur la fortune et du CICE, mais aussi instauration d’une exit-tax (imposition des plus-values sur placement mobilier pour les non-résidents) et le doublement du taux de la taxe sur les logements vacants. Pascal Salvodelli soutient cette volonté de taxer les plus hauts revenus. « Dans le projet du gouvernement, il n’y a pas un euro contributif qui vient de l’entreprise et du capital. Les Français méritent un débat argumenté, c’est un choix politique. »

Une partie des mesures de cette proposition de loi « pour un véritable bouclier social » seront déclinées sous forme d’amendements dans le PLFR, mais toutes ne pourront pas être intégrées. « Pour le moment nous avons déposé 75 amendements, indique Eliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat. Cette proposition de loi, fruit d’un long travail, nourrira les débats. »

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Hausse du smic… Taxe sur les superprofits : les sénateurs communistes déposent une proposition de loi pour un « véritable bouclier social »
2min

Politique

Municipales 2026 : « On ne peut pas critiquer la vie politique si on n’y participe pas », estime Albane Gély, primo-votante

Les élections municipales qui auront lieues le 15 et 22 mars prochains seront pour certains la première occasion de voter. Invitée dans l’émission Dialogue Citoyen, Albane, étudiante en droit et philosophie, témoigne de l’importance pour elle de voter, une exception chez les 18-25 ans qui n’étaient que 30% à s’être déplacés lors des dernières élections municipales. Une élection organisée juste avant la période de confinement.

Le

Hausse du smic… Taxe sur les superprofits : les sénateurs communistes déposent une proposition de loi pour un « véritable bouclier social »
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le