Tous les lycées des Hauts-de-France, soit 265 établissements, seront prochainement équipés de la vidéosurveillance selon le souhait de l...
Hauts-de-France: la généralisation de la vidéosurveillance dans les lycées en débat
Tous les lycées des Hauts-de-France, soit 265 établissements, seront prochainement équipés de la vidéosurveillance selon le souhait de l...
Par David COURBET
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Tous les lycées des Hauts-de-France, soit 265 établissements, seront prochainement équipés de la vidéosurveillance selon le souhait de l'exécutif régional, une mesure qui suscite quelques inquiétudes chez les parents d'élèves et les spécialistes.
Votée jeudi en séance plénière du Conseil régional, ce dispositif au coût de 10 millions d'euros concrétise une promesse de campagne de Xavier Bertrand (LR), alors candidat aux régionales de 2015 et actuel président de la région.
Le lycée Tocqueville de Grasse, où un élève de 17 ans lourdement armé a blessé cinq personnes le 16 mars 2016
AFP/Archives
"Au regard du contexte sécuritaire particulièrement difficile, illustré par les récents événements de Grasse, il nous est rappelé que les établissements publics locaux d'enseignement (EPLE) ne sont pas exempts de risques. La volonté du Conseil régional est de faire de la sécurisation des EPLE, une véritable priorité régionale", explique la région.
Ainsi, la généralisation à partir de la rentrée prochaine de la vidéosurveillance par des caméras "à boule" (à vision nocturne et filmant à 360 degrés) à l'intérieur des lycées (une à deux par couloir) et à l'extérieur (tubulaires à plan fixe) fait partie d'un "plan de sûreté" global de 22 millions d'euros adopté jeudi. Celui-ci comporte également des travaux de sécurisation, la mise en place de sonneries différenciées ou encore la formation du personnel pour savoir "réagir en cas d’attaque terroriste" dans les lycées.
L'utilisation de la vidéosurveillance en milieu scolaire est très réglementée. Dans un rapport de mai 2016, la CNIL (Commission nationale Informatique et Libertés) préconisait leur utilisation de manière "limitée" et uniquement "complémentaire à d’autres mesures de sécurité".
"Seules des circonstances exceptionnelles (établissements scolaires victimes d’actes de malveillance fréquents et répétés) justifient de filmer les élèves et les enseignants en continu", selon l'instance.
-'Annonces symboliques'-
Le projet de la Région émeut la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) du Nord qui "s'inquiète" de l'utilisation possible des données.
"Qu'est-ce qu'on fait des images? Il est question de les envoyer vers des centres de surveillance urbains (CSU), mais qui les observera? A l'intérieur des établissements, les caméras ne vont pas empêcher qu'il y ait des problèmes avec les élèves et même, au contraire, peuvent être vues comme une provocation!" affirme Nathalie Gaujac, secrétaire générale de la FCPE Nord.
Tous les lycées des Hauts-de-France, soit 265 établissements, seront prochainement équipés de la vidéosurveillance
AFP/Archives
Leur utilisation à l'extérieur des établissements la laisse également songeuse: "Sur des cités scolaires très étendues où on ne peut pas mettre partout du personnel, cela peut s'entendre mais on ne remplacera jamais la présence humaine. On voit bien que les villes ont déjà des caméras de partout et pourtant ce n'est pas cela qui dissuade la délinquance..."
L'installation de caméras de surveillance pour sécuriser les établissement concrétise une promesse de campagne de Xavier Bertrand (LR) aux régionales de 2015
AFP/Archives
Une position partagée par Laurent Mucchielli, sociologue et directeur de recherches au CNRS, auteur de "L'Invention de la violence" (Fayard, 2011) pour qui ces annonces "sont largement symboliques et politiques".
"Dans ce cas, il faudrait mettre des caméras partout! Or, on voit bien que leur seule utilité est de contribuer après-coup à une enquête et encore, leur utilité est bien limitée quand on observe la liste des attentats commis en France où les terroristes se suicident..." ajoute-t-il.
Selon le sociologue, "chaque situation et établissement est différent et nécessite des besoins précis". Lui aussi pense que "rien ne remplacera le personnel humain": "Les 10 millions d'euros auraient pu être utilisés plus intelligemment, permettant par exemple d'embaucher des personnes et réduire le chômage des jeunes."
Les dirigeants européens ont entamé jeudi à Bruxelles les négociations autour du prochain budget de l’UE sur la période 2028-2034. La Commission aimerait trouver un accord d’ici la fin de l’année, avant la tenue des élections dans plusieurs États membres, dont la France. La favorite des sondages, Marine Le Pen, plaide pour une baisse de la contribution française au budget de l’Union. Comment fonctionne le budget de l’Union européenne ? Explications.
Comme ses collègues de Bercy, le ministre du Travail et des Solidarités a défendu la proposition initiale du budget de la Sécurité sociale de n’indexer sur l’inflation que les petites pensions allant jusqu’à 1260 euros. Il s’agit d’une dérogation à la règle habituelle. Il suggère à l’avenir d’aborder cette question de l’évolution annuelle des retraites, sur le modèle des complémentaires de l’Agirc-Arrco.
Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).