Hollande adresse une sévère mise en garde à Macron
François Hollande a, pour la première fois depuis son départ de l’Élysée, adressé une vigoureuse mise en garde à Emmanuel Macron,...

Hollande adresse une sévère mise en garde à Macron

François Hollande a, pour la première fois depuis son départ de l’Élysée, adressé une vigoureuse mise en garde à Emmanuel Macron,...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

François Hollande a, pour la première fois depuis son départ de l’Élysée, adressé une vigoureuse mise en garde à Emmanuel Macron, l'exhortant mardi à ne pas "demander aux Français des sacrifices qui ne sont pas utiles" à l'approche d'une rentrée sous tension.

"Il ne faudrait pas demander aux Français des sacrifices qui ne sont pas utiles", a prévenu l'ancien chef de l’État à l'adresse de son successeur, qui fut aussi son protégé lorsqu'il était secrétaire général adjoint de l’Élysée puis ministre de l’Économie.

Invité à l'ouverture du festival du film francophone d'Angoulême mardi, l'ancien président a renchéri devant la presse: "il ne faudrait pas flexibiliser le marché du travail au-delà de ce que nous avons déjà fait, au risque de créer des ruptures".

Un avertissement lancé alors que, dans le même temps, à Paris, le cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud commence à recevoir les partenaires sociaux pour leur présenter les premiers arbitrages relatifs aux ordonnances réformant le code du travail.

Cette mesure sensible, qui s'ajoute à la diminution des contrats aidés ou à la baisse des APL, augure d'une rentrée sociale et politique potentiellement délicate pour l'exécutif.

Et permet à François Hollande, qui avait promis d'observer une certaine "réserve", au moins dans une "première période", de prendre position, alors qu'il ne s'était exprimé publiquement qu'à une seule reprise et à mots choisis, à Arles le 21 juillet.

"Ce qu'il faut, c'est conforter le mouvement qui s'est engagé, l'investissement, la consommation, le pouvoir d'achat et éviter toute décision qui viendrait contrarier ce mouvement", a encore insisté François Hollande.

Alors que plusieurs indicateurs économiques sont au vert, la garde rapprochée de M. Hollande s'est empressée ces derniers jours de défendre le bilan de l'ancien chef de l’État en lui attribuant les mérites de l'embellie. Et M. Hollande est lui aussi monté au créneau mardi pour réhabiliter son action.

- 'Heureux pour mon pays' -

"Les résultats sont là, ils étaient d'ailleurs apparus dans les derniers mois du quinquennat et sont d'autant plus manifestes aujourd'hui. On a vu qu'à partir de 2015, la croissance était revenue, le chômage avait commencé à diminuer et j'en suis heureux pour mon pays", a-t-il relevé.

"Ce qui compte, ce n'est pas simplement d'avoir des lauriers même s'il y a eu aussi, avant les compliments, beaucoup de reproches. C'est aussi de pouvoir faire en sorte que les Français puissent avoir des conditions de vie meilleures. C'est ce qui m'avait motivé, mobilisé, tout au long de ce quinquennat", a encore dit M. Hollande.

"J'avais hérité d'une situation très difficile qui était celle de la crise. Mon successeur a une situation meilleure mais tant mieux", s'est-il encore félicité avec une certaine malice, avant d'assister à la projection du film d'Albert Dupontel "Au revoir là-haut".

Le Parti socialiste est venu dans la foulée appuyer l'ancien président en estimant dans un communiqué que "ce redressement est le produit des efforts des Français et des décisions prises pendant cinq ans par François Hollande et les gouvernements socialistes successifs. En toute logique, les résultats macroéconomiques des mois à venir seront à mettre à leur crédit".

"Cependant, cette croissance ne se maintiendra que si le gouvernement actuel est capable de voir l’impasse dans laquelle ses premières décisions risquent de nous mener", a encore ajouté le PS, en écho.

Hasard du calendrier, Pierre-René Lemas, un des proches de M. Hollande, s'est vu signifier dans l'après-midi la fin de ses fonctions à la tête de la Caisse des dépôts et consignations (CDC).

Au printemps, M. Hollande rappelait en privé que "s'exprimer sur son successeur trop tôt en bien ou en mal, est un peu décalé, inutile ou mal compris". Il avait lui-même essuyé début août 2012, trois mois après sa prise de fonctions, une vive critique de son prédécesseur Nicolas Sarkozy contre son immobilisme supposé dans le dossier syrien.

Une sortie qui avait été à l'époque jugée "inopportune et inélégante", voire "irresponsable", par les soutiens de M. Hollande.

Partager cet article

Dans la même thématique

Hollande adresse une sévère mise en garde à Macron
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Hollande adresse une sévère mise en garde à Macron
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le