Hollande éreinte la campagne et met en garde contre le FN
François Hollande a une nouvelle fois âprement défendu son bilan, samedi lors d'un déplacement en Isère, éreintant la tournure de...

Hollande éreinte la campagne et met en garde contre le FN

François Hollande a une nouvelle fois âprement défendu son bilan, samedi lors d'un déplacement en Isère, éreintant la tournure de...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

François Hollande a une nouvelle fois âprement défendu son bilan, samedi lors d'un déplacement en Isère, éreintant la tournure de la campagne présidentielle, et mettant en garde contre l'abstention et le vote Front national sans jamais citer le parti de Marine Le Pen.

"Par expérience, je peux vous le confier, les décisions qui sont prises par un président de la République vont bien au-delà d'un quinquennat, elles engagent pour longtemps", a lancé le chef de l'Etat qui doit quitter l'Elysée dans sept semaines.

Après avoir remis leur carte d'électeurs à une centaine de jeunes, François Hollande s'est livré devant quelques 900 personnes réunies dans le gymnase de Crolles, petite commune de gauche de la banlieue grenobloise, à une défense et illustration de son bilan, avec une ironie mordante frisant l'amertume.

"La France est plus forte qu'il y a cinq ans" mais "peu le disent", alors "je vais leur faire du bien, je vais le dire à leur place", a-t-il lancé visant les candidats de son propre camp peu enclins à endosser le bilan du quinquennat.

"Oui, la France est dans un meilleur état que cette France que j'ai trouvée en 2012. Il y a encore trop de chômage, trop d'inégalités, trop de précarité" mais "ça ne suffit pas à sous-estimer l'action, ça justifie de l'amplifier", a-t-il poursuivi sous les acclamations d'un public acquis.

Il s'en est ensuite pris tous azimuts à l'ambiance délétère de la campagne marquée notamment par l'affaire Fillon, évoquant "des débats qui peuvent être altérés par le bruit et par la brume".

"La démocratie est en danger quand des impulsions éclipsent la raison, quand l'invective masque les perspectives, quand le tweet remplace le texte. La démocratie est menacée quand l'exemplarité vient à manquer", a-t-il martelé. "La démocratie est fragilisée quand les faits eux-mêmes viennent à être contestés, tronqués, ignorés par les manipulations, les mensonges, les falsifications".

Se gardant bien de se prononcer en faveur d'un candidat, il s'est posé en président protecteur, garant de l'unité nationale "jusqu'à la dernière minute du dernier jour de (son) mandat".

Les partisans de la sortie de l'euro, en ont aussi pris pour leur grade. "La sortie de l'euro, de l'Union européenne, ce serait une sortie de route une sortie de l'histoire (...) C'est le village d'Astérix sans la potion magique", a-t-il dit sans évoquer directement la candidate du Font nationale Marine Le Pen.

Tout comme les adeptes d'une VIe République: "La France est forte de ses institutions, je mets en garde celles et ceux qui voudraient en changer", a-t-il averti à l'intention de candidat de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

François Hollande a lancé aussi un vibrant appel à aller voter. "Si vous êtes en colère venez voter, j'ai compris qu'il y avait 11 candidats ça donne le choix", a-t-il plaisanté avant de rappeler plus sérieusement le souvenir du 21 avril 2002 quand Jean-Marie Le Pen avait accédé au second tour, éliminant le candidat socialiste Lionel Jospin.

"Le principal c'est d'aller voter et de ne pas attendre le lendemain du vote pour protester", a-t-il dit.

Partager cet article

Dans la même thématique

Screenshot
5min

Politique

Au Cirque d’Hiver, Pierre-Yves Bournazel s’offre Edouard Philippe et Gabriel Attal pour relancer sa campagne

À un peu plus d’un mois du premier tour des municipales parisiennes, Pierre-Yves Bournazel a sorti l’artillerie lourde. En réunissant Édouard Philippe et Gabriel Attal sur la même scène du Cirque d’Hiver, le candidat centriste tente de redonner de l’élan à une campagne en difficulté, marquée par des sondages poussifs, un déficit de notoriété et le récent départ de son directeur de campagne. Reportage – Paris XIe

Le

Hollande éreinte la campagne et met en garde contre le FN
8min

Politique

OnlyFans, Mym : dans un climat parfois tendu, le Sénat vote un texte contre l’exploitation sexuelle en ligne

Le Sénat a adopté une proposition de loi de la sénatrice LR Marie Mercier, qui vise à lutter contre les « proxénètes 2.0 », qui sévissent sur les plateformes proposant des services sexuels personnalisés. Le texte a été largement modifié, avec la création d’« une nouvelle infraction inspirée de la traite des êtres humains ». Mais cette définition sera inefficace, selon la sénatrice PS Laurence Rossignol, dont les échanges avec la rapporteure Lauriane Josende ont été particulièrement tendus.

Le

Rachida Dati, copyright : Romain David pour Public Sénat
8min

Politique

Police municipale, désendettement, métro… Rachida Dati détaille son programme pour Paris et appelle Pierre-Yves Bournazel au rassemblement

Sommée de quitter le gouvernement d'ici la fin de la semaine, Rachida Dati accélère sa campagne parisienne. Elle a dévoilé mardi 10 février un programme de rupture pour la capitale, marqué notamment par des mesures sur la propreté, la sécurité et la réduction de la dette de la ville. Derrière le socialiste Emmanuel Grégoire dans les sondages, elle exhorte Pierre-Yves Bournazel, candidat de centre-droit, à l'unité pour mettre fin à l'hégémonie de la gauche dans la capitale.

Le

Paris: Questions au gouvernement Assemblee nationale
6min

Politique

La nomination d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes : « Un choix politique en forme de provocation », pour Jean-François Husson

Emmanuel Macron s’apprête à nommer la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes. Un choix contesté par les élus de la chambre haute. Si les qualités de la quarantenaire ne sont pas remises en cause, les élus pointent le risque de conflit d’intérêts alors que la Cour des comptes présentera dans les mois à venir un rapport sur l’exécution du budget qu’Amélie de Montchalin a défendu.

Le