François Hollande a présidé mercredi son ultime Conseil des ministres, faisant l'éloge du dialogue social dans un message implicite à Emmanuel...
Hollande fait ses adieux au gouvernement, soucieux d’assurer la »transmission »
François Hollande a présidé mercredi son ultime Conseil des ministres, faisant l'éloge du dialogue social dans un message implicite à Emmanuel...
Par Sabine WIBAUX
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François Hollande a présidé mercredi son ultime Conseil des ministres, faisant l'éloge du dialogue social dans un message implicite à Emmanuel Macron, avant de présider à ses côtés la cérémonie de commémoration de l'esclavage, lui transmettant le flambeau de la mémoire.
Dans la soirée, après la proclamation officielle par le Conseil constitutionnel de l'élection d'Emmanuel Macron, Bernard Cazeneuve a officiellement remis sa démission et celle de son gouvernement, comme le veut la tradition républicaine.
Dans un courrier publié par l'Élysée, François Hollande a pris acte de cette démission, demandant au Premier ministre "d'expédier les affaires courantes jusqu'à la formation du nouveau gouvernement", attendue en début de semaine prochaine.
Lors de son dernier Conseil des ministres, M. Hollande "a voulu dire tout le plaisir qu'il a eu à travailler avec les trois Premiers ministres" et leurs gouvernements, a rapporté Stéphane Le Foll après ce dernier rendez-vous autour de la grande table du salon Murat de l'Élysée.
François Hollande (c) et les ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas (d), de l'Education Najat Vallaud Belkacem (2e à d), des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault (4e à d) de la Culture Audrey Azoulay (4e à d), à Paris le 10 mai 2017
POOL/AFP
Le président a estimé que "le dialogue social avait été un sujet, un marqueur très fort" de son quinquennat, ajoutant qu'"à chaque fois qu'on l'oubliait cela pouvait coûter cher", a indiqué le porte-parole du gouvernement, alors qu'Emmanuel Macron entend légiférer par ordonnances cet été sur le droit du travail.
Le Conseil des ministres s'est terminé avec "un moment d'applaudissement debout de l'ensemble du gouvernement", "moment très fraternel", selon M. Le Foll.
La ministre de l’Écologie Ségolène Royal a décrit de son côté un "moment à la fois solennel, grave, mais qui n'est pas triste, parce qu'on sait que de toute façon le travail accompli, on en est fier".
Elle a exprimé "le sentiment" que "quelque chose continue, avec un nouvel élan qui est donné avec le nouveau président de la République, qui va continuer un certain nombre d'actions et puis apporter un nouveau souffle sur d'autres sujets".
Comme de coutume, François Hollande s'était auparavant entretenu avec Bernard Cazeneuve avant de présider un conseil restreint de défense, devenu habituel tous les mercredis, alors que la menace terroriste reste persistante et la France toujours sous état d'urgence.
- "C'était aussi une transmission" -
Il s'est rendu ensuite au Jardin du Luxembourg pour les commémorations de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, auxquelles assistait également Emmanuel Macron.
François Hollande et Emmanuel Macron au Jardin du Luxembourg pour les commémorations de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, le 10 mai 2017
POOL/AFP
Lors de ce qui devrait rester comme son dernier discours officiel comme chef de l’État, François Hollande a jugé "plus que jamais nécessaire de faire la paix des mémoires", invitant son successeur à "porter" à son tour ce message.
C'était la seconde fois depuis l'élection du leader d'En Marche! que les deux présidents se retrouvaient côte à côte pour une commémoration officielle, après celle du 8 Mai 1945, et avant la passation des pouvoirs dimanche.
"C'était aussi une transmission", a commenté l'actuel chef de l’État, à l'issue de la cérémonie, estimant notamment qu'Emmanuel Macron aurait "l'occasion de poursuivre" ce qu'il a engagé.
Quant à son avenir personnel, François Hollande a indiqué que, s'il en avait "fini avec les cérémonies comme président de la République", "nul ne peut se mettre à l'écart" de la politique.
"Je me suis posé cette même question, qui revient sans cesse: comment puis-je être utile à mon pays ? Eh bien, c'est à cette question que je vais répondre maintenant, en réfléchissant, en travaillant, en produisant et en intervenant quand ça me paraîtra utile", a-t-il ajouté.
Jeudi, le chef de l’État enchaînera les réunions de travail pour boucler les derniers dossiers et préparer la transmission. Vendredi, il recevra l'ensemble du personnel de l'Elysée, qui, depuis des jours, s'emploie à faire place nette au nouveau locataire des lieux.
Pendant ce temps, Emmanuel Macron travaille dans son QG du XVe arrondissement dans la plus grande discrétion à la formation de son gouvernement.
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