Hollande incite l’Europe à faire bloc face à Trump
Le président français François Hollande a appelé samedi l'Europe à faire bloc et à opposer une réponse "ferme" à son homologue américain Donald...

Hollande incite l’Europe à faire bloc face à Trump

Le président français François Hollande a appelé samedi l'Europe à faire bloc et à opposer une réponse "ferme" à son homologue américain Donald...
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Par Hervé ASQUIN, Brigitte HAGEMANN

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Le président français François Hollande a appelé samedi l'Europe à faire bloc et à opposer une réponse "ferme" à son homologue américain Donald Trump qui s'était réjoui bruyamment du Brexit, "une chose merveilleuse" selon lui.

"Je crois que nous devons lui répondre" avec "fermeté", a martelé M. Hollande en marge d'un sommet de sept pays du sud de l'Union européenne à Lisbonne, réunis pour relancer le projet européen mis à mal par le Brexit et le changement radical à la tête des Etats-Unis.

Quelques heures plus tard, lors d'un premier entretien téléphonique, il a mis en garde le nouveau locataire de la Maison Blanche contre "les conséquences économiques et politiques d'une approche protectionniste" et l'a appelé au "respect" du principe de "l'accueil des réfugiés".

"Face à un monde instable et incertain, le repli sur soi est une réponse sans issue", a averti le chef de l'Etat français, selon un communiqué de la présidence.

"En ces temps d’incertitude au niveau mondial, il est essentiel d’avoir une Europe plus forte et plus unie" pour réaffirmer ses "valeurs de démocratie, de liberté et de commerce libre", avait insisté auparavant l’hôte du sommet lisboète, le Premier ministre portugais Antonio Costa.

Les dirigeants des pays méditerranéens de l'UE réunis le 28 janvier 2017 à Lisbonne
Les dirigeants des pays méditerranéens de l'UE réunis le 28 janvier 2017 à Lisbonne
AFP

Ce "sommet des pays méditerranéens de l'UE", qui a aussi rassemblé l'Espagne, l'Italie, la Grèce, Chypre et Malte, s'est conclu par une déclaration commune, qui sans mentionner explicitement la nouvelle administration américaine, a appelé à une Union européenne "forte et unie" et à une relance économique sur le continent.

- 'L'heure des choix' -

"Lorsqu'il y a des déclarations qui viennent du président des Etats-Unis sur l'Europe et lorsqu'il parle du modèle du Brexit pour d'autres pays, je crois que nous devons lui répondre", a encore lancé François Hollande.

Le président américain avait affiché la veille son enthousiasme pour le Brexit, "une chose merveilleuse", vantant "la relation spéciale" entre Washington et Londres, lors d'une rencontre avec la Première ministre britannique Theresa May.

"L'Europe est devant l'épreuve de vérité, devant l'heure des choix", a répliqué samedi François Hollande.

Et "quand le président des Etats-Unis évoque le climat pour dire qu'il n'est pas encore convaincu de l'utilité de cet accord, nous devons lui répondre", a-t-il ajouté.

Seul parmi les sept dirigeants réunis à Lisbonne à évoquer explicitement la nouvelle administration américaine lors de la conférence de presse finale du sommet, il a renchéri: "nous devons mener un dialogue ferme" avec elle.

L'administration Trump, a-t-il enchaîné, doit désormais "faire la démonstration qu'elle veut régler les problèmes" du monde, qu'il s'agisse des crises du Moyen-Orient, de l'Ukraine, du terrorisme, de l'accord de Paris sur le climat ou des questions commerciales.

Sommet de sept pays du sud de l'Union européenne à Lisbonne, le 28 janvier 2017
Sommet de sept pays du sud de l'Union européenne à Lisbonne, le 28 janvier 2017
AFP

Si, officiellement, l'arrivée au pouvoir de Donald Trump ne figurait pas à l'ordre du jour du sommet lisboète, les six autres dirigeants l'ont évoqué à demi-mot.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, qui accueillera la prochaine réunion des sept à Madrid en avril, a ainsi célébré le "mode de vie" des Européens, porteur selon lui, de "bien-être, de civilisation et de droits humains".

- 'Club Med' -

"Nous vivons des temps difficiles où réaffirmer les résultats et les valeurs de l'Union européenne a du poids", a plaidé son homologue italien Paolo Gentiloni, estimant toutefois un peu plus tard devant les caméras que l'Europe saura trouver "les meilleures voies pour collaborer" avec l'administration Trump.

Comme lors de la première édition de ce sommet du sud en septembre à Athènes, les sept ont planché aussi samedi sur les moyens de desserrer le carcan budgétaire européen, face à l'orthodoxie allemande, et de favoriser un "partage du fardeau plus juste" en matière d'accueil des réfugiés.

Mais l'objectif global des sept était d'accorder les violons avant les sommets européens prévus le 3 février à Malte pour réfléchir à l'avenir de l'UE sans le Royaume-Uni, et le 25 mars dans la capitale italienne pour marquer les 60 ans du Traité fondateur de Rome.

Alors que la droite allemande avait taxé le sommet d'Athènes de réunion du "Club Med" susceptible de semer la discorde en Europe, les pays du sud assurent vouloir lancer des pistes profitant à l'ensemble de l'UE.

Le sommet des pays du sud ne vise pas à créer une nouvelle "organisation" en Europe mais entend agir "au service de toute l'Union européenne", a assuré François Hollande.

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