Hollande « ne voulait pas exercer le pouvoir », selon son ex-conseiller
François Hollande "ne voulait pas exercer le pouvoir" réellement, et "toutes les qualités" lui ayant permis de le devenir se sont...

Hollande « ne voulait pas exercer le pouvoir », selon son ex-conseiller

François Hollande "ne voulait pas exercer le pouvoir" réellement, et "toutes les qualités" lui ayant permis de le devenir se sont...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

François Hollande "ne voulait pas exercer le pouvoir" réellement, et "toutes les qualités" lui ayant permis de le devenir se sont ensuite "retournées contre lui", a estimé dans Le Monde son ex-conseiller Aquilino Morelle, qui publiera le 11 janvier "L’Abdication".

A ses yeux, "ce sont les Français, par leur défiance massive, qui ont imposé au président d’abdiquer" et la "rupture d’opinion entre Hollande et les Français s’est produite dès la fin de l’année 2012", notamment après "le choix de la résignation" à l'austérité en Europe.

"La vérité est simple et cruelle: François Hollande ne voulait pas exercer le pouvoir ; il voulait seulement être président de la République", a taclé Aquilino Morelle, selon lequel "toutes les qualités de l’homme" pour "conquérir le pouvoir, se sont retournées contre lui, une fois à l’Elysée", "intelligence", "habileté", "art de la +synthèse+".

Et de lancer: "Etrange président que cet homme plein de charme et dénué de toute autorité".

Au-delà, ce proche de l'ancien ministre de l'Economie Arnaud Montebourg a jugé que "tant que la gauche européenne ne sortira pas de l’européisme et du libéralisme dans lequel elle s’est perdue, les peuples se détourneront d’elle. En particulier en France".

Pourquoi n'avoir pas quitté l'Elysée après Florange, à l'automne 2012? "Florange a signé l’arrêt de mort de ce qui faisait l’esprit du discours du Bourget" et la coupure "définitive des classes populaires", mais "le président n’avait été élu que depuis six mois (...) et j’ai cru qu’à ma place, je pourrais infléchir le cours des choses", a répondu Aquilino Morelle.

Aquilino Morelle, également ami de Manuel Valls, avait dû quitter ses fonctions de conseiller politique auprès du président Hollande en avril 2014 après des accusations de conflit d'intérêt avec l'industrie pharmaceutique, finalement classées sans suite.

Il avait également été mis en cause pour avoir fait venir un cireur pour ses chaussures de luxe dans une annexe de l'Elysée. S'il a dit au Monde "regrette(r)", il a déploré que François Hollande "se soit abaissé à utiliser cette faute pour se débarrasser" de lui. "François Hollande est un faux gentil et un vrai méchant".

Pour la primaire organisée par le PS les 22 et 29 janvier, Aquilino Morelle a expliqué soutenir Arnaud Montebourg, "car, comme des millions de Français de gauche, je suis resté fidèle à l’esprit et aux engagements du discours du Bourget".

Interrogé sur Emmanuel Macron qu'il côtoya à l'Elysée, il l'a décrit comme un "intelligent et habile", "vrai libéral" à "l'ambition (...) grande et ancienne" qui "joue du rejet profond que suscite le système politique actuel, auquel il semble étranger aux yeux de nos concitoyens, en tout cas pour l’instant".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le