Hollande: « pas sain » que tout remonte au chef de l’État
François Hollande a affirmé vendredi devant des femmes élues qu'il fallait "aller au bout de la décentralisation" pour "répondre...

Hollande: « pas sain » que tout remonte au chef de l’État

François Hollande a affirmé vendredi devant des femmes élues qu'il fallait "aller au bout de la décentralisation" pour "répondre...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

François Hollande a affirmé vendredi devant des femmes élues qu'il fallait "aller au bout de la décentralisation" pour "répondre à la crise démocratique", en regrettant qu’aujourd’hui, "tout remonte " au président de la République, "ce qui n'est pas sain dans une démocratie".

L'ancien chef de l’État s'exprimait lors des Journées nationales des femmes élues (JNFE), qui se tiennent vendredi et samedi à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Crées en 2012 à l’initiative d'élues de gauche pour promouvoir la parité en politique, les JNFE rassemblent maintenant des élues de droite et de gauche.

"Il y a une crise de la représentation, pas simplement au plus haut niveau, parce que la défiance touche de manière très injuste tous les élus. C'est un symptôme de la crise de la démocratie", a affirmé M. Hollande.

Selon lui, "le citoyen est devenu de plus en plus un consommateur, très exigeant à l'égard de ses élus, comme s'ils étaient des personnes de service, comme s'ils devaient répondre comme des fonctionnaires à une demande".

Autre raison de cette crise: "la faiblesse des grandes formations politiques qu'elles soient anciennes ou nouvelles", qui débouche sur "la fragmentation de l'offre politique, et, comme on va le voir aux municipales, la prolifération des listes".

Il y a donc aujourd'hui "nécessité de réintroduire des corps intermédiaires" pour faire "amortisseurs": "les partis sont affaiblis, les syndicats sont divisés, alors qui va pouvoir faire ce travail de représentation, de délégation, de propositions? Eh bien, ce sont les élus locaux!".

Répondre à la crise nécessite également, selon l'ex-président, d'"aller jusqu'au bout de la décentralisation. Je peux regarder avec fierté mais aussi regrets ce que j'ai fait en tant que président de la République, notamment le fait d'avoir amplifié l'intercommunalité, mais il n'y a pas eu de transferts de compétences", alors "le mouvement de décentralisation s'est ralenti", a-t-il regretté.

"Il faut aussi une clarification de nos institutions". Aujourd'hui, "tout remonte" au président de la République, ce qui n'est pas sain dans une démocratie et aggrave la concentration du pouvoir" au sommet. "Le rôle du gouvernement, du Premier ministre notamment, devient beaucoup plus difficile".

Autre réponse selon M. Hollande à la crise de la démocratie: "la territorialisation des politiques. La politique nationale doit prendre en compte les spécificités locales, tout en maintenant le lien commun"

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS: Campagne municipale, affichage je vote 2 fois aux 2 tours
4min

Politique

Municipales 2026 : la campagne est lancée, quelles sont les règles ?

Équité du temps de parole, pluralisme : à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, les règles encadrant la couverture de la campagne par les médias audiovisuels se renforcent. Depuis ce lundi 2 février, les chaînes de télévision, les radios et certaines plateformes numériques sont entrées dans une période de vigilance accrue.

Le

Hollande: « pas sain » que tout remonte au chef de l’État
2min

Politique

Mazarine Pingeot sur François Mitterrand : « J'étais insolente avec mon père »

Grandir dans l’ombre du pouvoir oblige à se construire autrement, a fortiori lorsque votre existence relève du secret d’Etat. Mazarine Pingeot, « fille cachée » de François Mitterrand y est parvenue. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, la philosophe publie ces jours-ci Inappropriable (ed. Climats Flammarion), un essai ambitieux sur la relation entre l’homme et l'intelligence artificielle. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle revient sur une enfance hors du commun.

Le

Hollande: « pas sain » que tout remonte au chef de l’État
6min

Politique

Crise du Groenland : "Quand l'Europe montre ses muscles, Trump recule" se félicite l'eurodéputé Bernard Guetta

La tension est redescendue après l'inquiétante escalade de Donald Trump sur le Groenland. Mais l’épisode n’est peut-être pas clos, tant le contenu du fameux accord conclu à Davos reste opaque. Il a laissé des traces et beaucoup de questions. Emmanuel Macron parle d'un appel à un réveil stratégique pour les 27. À l'inverse, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a mis en garde les Européens contre toute tentation de divorce. Alors jusqu’où devons-nous et pouvons-nous nous émanciper des États-Unis ? Faut-il en particulier s’empresser de ratifier l'accord commercial conclu au mois de juillet ? Ici l'Europe ouvre le débat avec les eurodéputés Bernard Guetta (France, Renew), Zeljana Zovko (Croatie, PPE) et Rasmus Nordqvist (Danemark, Verts/ALE).

Le

Paris: Auditions candidats elections Mairie de Paris sur l exclusion
8min

Politique

Vent de fronde chez Les Ecologistes pour les municipales : une « manœuvre » de « déstabilisation » de LFI, dénonce le sénateur Thomas Dossus

A Paris, Montpellier ou Avignon, quelques élus des Ecologistes prennent leur distance avec le parti pour rejoindre LFI. Ils dénoncent la stratégie d’alliance locale avec le PS. « C’est marginal », minimise le sénateur Thomas Dossus, qui y voit un mouvement d’humeur « opportuniste » de certains. Malgré les tensions, il espère encore des rapprochements avec les Insoumis au second tour.

Le