Hollande: « pas sain » que tout remonte au chef de l’État
François Hollande a affirmé vendredi devant des femmes élues qu'il fallait "aller au bout de la décentralisation" pour "répondre...

Hollande: « pas sain » que tout remonte au chef de l’État

François Hollande a affirmé vendredi devant des femmes élues qu'il fallait "aller au bout de la décentralisation" pour "répondre...
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François Hollande a affirmé vendredi devant des femmes élues qu'il fallait "aller au bout de la décentralisation" pour "répondre à la crise démocratique", en regrettant qu’aujourd’hui, "tout remonte " au président de la République, "ce qui n'est pas sain dans une démocratie".

L'ancien chef de l’État s'exprimait lors des Journées nationales des femmes élues (JNFE), qui se tiennent vendredi et samedi à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Crées en 2012 à l’initiative d'élues de gauche pour promouvoir la parité en politique, les JNFE rassemblent maintenant des élues de droite et de gauche.

"Il y a une crise de la représentation, pas simplement au plus haut niveau, parce que la défiance touche de manière très injuste tous les élus. C'est un symptôme de la crise de la démocratie", a affirmé M. Hollande.

Selon lui, "le citoyen est devenu de plus en plus un consommateur, très exigeant à l'égard de ses élus, comme s'ils étaient des personnes de service, comme s'ils devaient répondre comme des fonctionnaires à une demande".

Autre raison de cette crise: "la faiblesse des grandes formations politiques qu'elles soient anciennes ou nouvelles", qui débouche sur "la fragmentation de l'offre politique, et, comme on va le voir aux municipales, la prolifération des listes".

Il y a donc aujourd'hui "nécessité de réintroduire des corps intermédiaires" pour faire "amortisseurs": "les partis sont affaiblis, les syndicats sont divisés, alors qui va pouvoir faire ce travail de représentation, de délégation, de propositions? Eh bien, ce sont les élus locaux!".

Répondre à la crise nécessite également, selon l'ex-président, d'"aller jusqu'au bout de la décentralisation. Je peux regarder avec fierté mais aussi regrets ce que j'ai fait en tant que président de la République, notamment le fait d'avoir amplifié l'intercommunalité, mais il n'y a pas eu de transferts de compétences", alors "le mouvement de décentralisation s'est ralenti", a-t-il regretté.

"Il faut aussi une clarification de nos institutions". Aujourd'hui, "tout remonte" au président de la République, ce qui n'est pas sain dans une démocratie et aggrave la concentration du pouvoir" au sommet. "Le rôle du gouvernement, du Premier ministre notamment, devient beaucoup plus difficile".

Autre réponse selon M. Hollande à la crise de la démocratie: "la territorialisation des politiques. La politique nationale doit prendre en compte les spécificités locales, tout en maintenant le lien commun"

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