Hollande spectateur distant des déchirures de son camp
Objet de bien des spéculations sur son attitude et ses intentions, François Hollande brille par son silence sur la primaire élargie du PS,...

Hollande spectateur distant des déchirures de son camp

Objet de bien des spéculations sur son attitude et ses intentions, François Hollande brille par son silence sur la primaire élargie du PS,...
Public Sénat

Par Baptiste PACE, avec Hervé ASQUIN à Paris

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Objet de bien des spéculations sur son attitude et ses intentions, François Hollande brille par son silence sur la primaire élargie du PS, choisissant d'assister en spectateur aux déchirements de son camp depuis l'Amérique latine.

Symbole de son effacement : au moment où les derniers électeurs de la primaire initiée par le PS glissaient leur bulletin dans l'urne, il visitait une centrale photovoltaïque au beau milieu du désert chilien d'Atacama, à près de 12.000 kilomètres de la France.

"Je m'intéresse à la vie politique française" mais "je ne veux pas faire de commentaire ici", a-t-il tout juste glissé samedi à Santiago. En l'absence de vote par procuration, François Hollande n'aura pas même participé au scrutin, décisif pour l'avenir d'un parti qu'il a dirigé pendant une décennie.

"Le président a toujours dit que s'il avait souhaité peser sur la primaire, il aurait été candidat", fait-on valoir dans son entourage. "Et comme il a fait le choix de ne pas l'être, il entend rester le président de tous les Français et laisser vivre le débat interne à la gauche", poursuit-on.

François Hollande en avait donné un avant-goût dès la campagne, ne regardant qu'une partie du premier débat des candidats de la primaire, choisissant d'aller au théâtre lors du deuxième débat et suivant le troisième, seul devant sa télévision, depuis la préfecture des Ardennes où il passait la nuit.

Tout juste s'est-il autorisé quelques allusions au programme de Benoît Hamon lors de ce déplacement dans les Ardennes et les Vosges.

Les robots industriels, que le vainqueur du premier tour entend taxer s'il devenait président, sont "nécessaires" à la bonne marche de l'économie, a-t-il ainsi souligné.

Quoi qu'il en soit, le chef de l'Etat ne devrait pas davantage voter dimanche prochain que dimanche dernier. "Il n'a pas vocation à participer à une consultation organisée par des forces politiques", martèle son entourage.

- "C'est improbable" -

Au-delà, se joue son propre avenir. "Le président est très attaché à l'initiative qu'il a lui-même lancée de +La France s'engage+", relève l'un de ses proches qui "ne doute pas de sa volonté de s'impliquer personnellement" dans la fondation qui devrait pérenniser ce projet à l'issue du quinquennat.

Les proches de Hollande dubitatifs sur la rumeur persistante qui lui prête l'intention de succéder au président du Conseil européen Donald Tusk (ici à bruxelles le 10 janvier 2017)
Les proches de Hollande dubitatifs sur la rumeur persistante qui lui prête l'intention de succéder au président du Conseil européen Donald Tusk (ici à bruxelles le 10 janvier 2017)
AFP/Archives

Lancé en 2014, le label "la France s'engage" a été apposé depuis sur près de 150 projets d'innovation sociale portés par des associations, des entrepreneurs ou des fondations.

Il est "très important pour moi que ce chantier présidentiel que j'ai initié, dont j'avais posé (...) les premières pierres, puisse s'élever tout au long des années qui viennent", a déclaré le chef de l'Etat à la mi-janvier.

Quant à la rumeur persistante qui lui prête l'intention de succéder au président du Conseil européen Donald Tusk en juin, elle laisse ses proches dubitatifs.

"C'est improbable, comme chacun le sait", observe l'un d'entre eux, notant que sa candidature devrait être soutenue par le prochain président français, ce qui ne va pas de soi, et que "les équilibres politiques au sein de l'Union européenne penchent plutôt du côté des conservateurs".

En attendant, François Hollande voit son bilan et sa ligne sociale-démocrate durement sanctionnés par les électeurs de la primaire qui ont choisi de placer le frondeur Benoît Hamon en pole position devant Manuel Valls, incarnation de la gauche de gouvernement.

Le chef de l'Etat en est ainsi réduit à observer à distance les déchirures potentiellement fatales d'un PS écartelé entre les "deux gauches irréconciliables" théorisées par son ancien Premier ministre, désormais en position de challenger dans la primaire.

Pourrait-il soutenir Emmanuel Macron ? "Je ne l'ai jamais entendu parler de cela, c'est une expression que je n'ai lue que sous la plume de journalistes ou venant de gens plus ou moins proches du président", assure un intime.

Partager cet article

Dans la même thématique

Lebanon Israel Iran
4min

Politique

Frappes israéliennes à Beyrouth : « Les Libanais ont compris que ce n’était que le début »

L’armée israélienne a annoncé, vendredi matin, qu’elle allait mener de nouvelles frappes contre le Hezbollah sur la banlieue sud de Beyrouth. L’escalade militaire entre Israël et l’Iran s’étend désormais pleinement au Liban. Tatiana Krotoff, journaliste au service international du quotidien francophone libanais, l’Orient du Jour, fait état du choc de la population après l’ordre d’évacuation de la banlieue sud de Beyrouth par l’armée israélienne.

Le

Hollande spectateur distant des déchirures de son camp
3min

Politique

Municipales à Paris : « Ma liste du premier tour sera ma liste du second tour » déclare Emmanuel Grégoire

Invité de la matinale de Public Sénat, le candidat socialiste à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, a réagi aux tensions entre les partis de gauche à l’approche des municipales. Donné en tête des intentions de vote au premier tour par un sondage Ipsos-BVA, il affirme vouloir aborder le scrutin avec une alliance déjà constituée, tout en excluant toute entente avec La France insoumise pour le second tour dans la capitale.

Le

Hollande spectateur distant des déchirures de son camp
5min

Politique

Saint-Etienne : le stade Geoffroy-Guichard et l’AS Saint-Etienne s’invitent dans le débat des municipales

Lors du débat organisé par Public Sénat et TL7, la proposition de vendre le stade Geoffroy Guichard, propriété de la mairie, à l’ASSE a été mise sur la table par le candidat Horizons, Eric Le Jaouen. Les huit candidats sont aussi revenus sur l’affaire Perdriau, qui a vu l’ancien maire condamné à cinq ans de prison dans une affaire de chantage à la sextape.

Le