Hollande suscite l’agacement de Macron en égratignant sa campagne
François Hollande a distribué mardi conseils et avertissements pour parer le risque d'un score élevé de Marine Le Pen au second...

Hollande suscite l’agacement de Macron en égratignant sa campagne

François Hollande a distribué mardi conseils et avertissements pour parer le risque d'un score élevé de Marine Le Pen au second...
Public Sénat

Par Sabine WIBAUX

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François Hollande a distribué mardi conseils et avertissements pour parer le risque d'un score élevé de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, critiquant en filigrane le début de campagne d'entre-deux tours d'Emmanuel Macron, qui lui a répliqué.

Le chef de l’État, qui avait solennellement appelé lundi depuis l’Élysée à voter pour le leader d'En Marche !, a mis en garde dès le lendemain son ex-protégé contre l'illusion d'une victoire facile le 7 mai.

"Rien n'est fait", a-t-il ainsi averti, à l'occasion d'un déplacement à Laval, déplorant "qu'il n'y ait pas eu de prise de conscience de ce qui s'est passé" dimanche au premier tour, où Marine Le Pen a réussi à rallier 21,30% des scrutins, soit plus de 7 millions d'électeurs.

"Je pense qu'il convient d'être extrêmement sérieux et mobilisé, de penser que rien n'est fait parce qu'un vote ça se mérite, ça se conquiert, ça se justifie, ça se porte", a aussi prévenu François Hollande, dans un long aparté avec la presse.

Tout en se gardant de vouloir "donner des conseils" ou de jouer "le rôle de tuteur", François Hollande a multiplié les piques contre celui qui s'était émancipé sans état d'âme de la tutelle présidentielle pour se lancer dans la course à l’Élysée.

"Tout le monde a regardé le résultat avec un ordre d'arrivée. Et on a oublié que c'était quand même Marine Le Pen qui était au deuxième tour. Ce n'est pas rien que l'extrême droite soit au deuxième tour d'une élection présidentielle", a tenu à rappeler le président.

"Ce n'est pas la même chose pour un pays de savoir que l'extrême droite est à 20, 30 ou 40 %", a-t-il ainsi souligné, craignant que le verdict des urnes soient encore plus sévère que lors de la présidentielle de 2002, quand après l'élimination de Lionel Jospin, Jacques Chirac avait battu Jean-Marie Le Pen à 80% contre 20%.

Une façon indirecte mais néanmoins limpide de faire la leçon au candidat, qui dimanche soir avait choisi de fêter sa qualification à La Rotonde, un restaurant renommé de la capitale.

- "Procès d'intention", selon Royal -

L'intéressé a reçu le message cinq sur cinq, répliquant très peu de temps après n'avoir "jamais considéré que quoi que ce soit était gagné". Il a aussi ironisé sur "ceux qui se sont réveillés avec la gueule de bois", au lendemain de la qualification de Mme Le Pen, visant notamment le chef de l’État.

Les sondages publiés depuis dimanche donnent 62% à 64% d'intentions de vote pour le candidat d'En Marche!, contre 36% à 38% à la candidate du Front national, mais les analystes n'excluent pas un score plus serré le 7 mai.

M. Hollande a été tout aussi critique sur la méthode de son possible successeur, l'appelant indirectement à être "beaucoup plus concret" face à Mme Le Pen en ciblant les conséquences qu'auraient son programme si elle accédait au pouvoir.

Face au danger, M. Hollande, qu'une impopularité record a contraint à ne pas se représenter, une première sous la Ve république, est bien décidé pour sa part à faire entendre sa voix dans l'entre-deux-tours, pendant lequel il doit multiplier les déplacements. Il doit se rendre jeudi à Bourges puis vendredi dans le Morbihan et les Côtes-d'Armor.

Se démarquant de son ex-compagnon, la ministre de l'Environnement Ségolène Royal a critiqué sur CNews "tous ces procès d'intention" contre Emmanuel Macron, qu'elle a appelé "notre candidat".

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