Hollande va officiellement appeler à voter pour Macron
François Hollande, qui avait soutenu du bout des lèvres Emmanuel Macron avant le premier tour, lèvera "très clairement" et ...

Hollande va officiellement appeler à voter pour Macron

François Hollande, qui avait soutenu du bout des lèvres Emmanuel Macron avant le premier tour, lèvera "très clairement" et ...
Public Sénat

Par Hervé ASQUIN et Sabine WIBAUX

Temps de lecture :

3 min

Publié le

François Hollande, qui avait soutenu du bout des lèvres Emmanuel Macron avant le premier tour, lèvera "très clairement" et "rapidement" toute ambiguïté pour appeler à voter en faveur de son ancien protégé et ministre au second tour face à Marine Le Pen.

De quelle manière? L'Elysée préserve l'effet de surprise, se contentant d'indiquer qu'il le fera "sous la forme qu'il décidera".

Mais le soutien du chef de l'Etat au leader d'En Marche ! ne fait désormais plus l'ombre d'un doute. "Bien entendu, le président exprimera très clairement son choix pour le deuxième tour de l'élection", dit-on à l'Elysée.

"Le président, dès qu'il a eu les premières estimations solides, vers 20H15, a appelé Emmanuel Macron pour le féliciter pour sa qualification pour le deuxième tour", ajoute-t-on de même source.

"Vous imaginez bien son choix entre un de ses anciens ministres qui a travaillé avec lui et la représentante de l'extrême droite", a insisté un proche du chef de l'Etat, qui constate qu'Emmanuel Macron "est en situation de remporter l'élection présidentielle", ayant su, selon lui, "proposer une offre renouvelée qui a permis de rassembler".

Ces dernières semaines, le chef de l'Etat s'était abstenu de soutenir ouvertement l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée et ministre de l'Economie, soucieux de ne pas donner du grain à moudre au candidat de la droite François Fillon, qui faisait d'"Emmanuel Hollande" l'une de ses cibles de prédilection.

- "Baiser de la mort" -

C'eût été "le baiser de la mort", avait analysé le politologue Gaël Sliman, directeur de l'institut Odoxa, le leader d'En Marche ! risquant de perdre, avec ce soutien encombrant, "une grande partie des électeurs de droite" qu'il avait réussi à séduire.

En privé, François Hollande assurait pour sa part que si la candidate du Front national Marine Le Pen se qualifiait pour le second tour, il appellerait à voter pour son adversaire, quel qu'il soit.

L'enjeu du second tour est "qu'elle fasse le score le moins élevé possible", souligne à présent un proche du chef de l'Etat.

Mais les relations entre le président et son fils spirituel n'ont pas toujours été sans aspérités. François Hollande avait ainsi estimé que l'ascension d'Emmanuel Macron n'était que le fruit d'un "concours de circonstances", dans une interview au Point.

Ceci "ne suffit pas, il faut un contenu qu’il doit affirmer encore", avait-il encore averti, semblant douter de sa carrure présidentielle.

Réponse peu amène d'Emmanuel Macron à son ex-mentor: ni les Français ni les candidats n'attendent la position politique du chef de l'Etat. Quant au "concours de circonstances", il relevait selon lui d'une "profonde erreur" d'analyse des "gens de gauche comme de droite (qui) ne veulent pas voir ce qui est en train de se passer".

"Ce que nous portons c'est une rupture, un changement profond des pratiques de la vie politique et de son organisation. Ils ne veulent pas comprendre, qu'importe ! Les gens comprennent", avait-il opposé.

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le