Hôpital : « Les mesures proposées ne sont pas à la hauteur du problème »
Après que 1.000 médecins hospitaliers ont démissionné de leurs fonctions administratives pour protester contre le manque de moyens, la ministre de la Santé assure que son plan d’urgence répond aux problèmes. Elle recevra le collectif en fin de semaine. Mais selon le sénateur LR Alain Milon, « il n’y a pas une vraie prise de conscience du sujet ».

Hôpital : « Les mesures proposées ne sont pas à la hauteur du problème »

Après que 1.000 médecins hospitaliers ont démissionné de leurs fonctions administratives pour protester contre le manque de moyens, la ministre de la Santé assure que son plan d’urgence répond aux problèmes. Elle recevra le collectif en fin de semaine. Mais selon le sénateur LR Alain Milon, « il n’y a pas une vraie prise de conscience du sujet ».
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Malgré les annonces successives du gouvernement, l’hôpital est toujours en situation de crise. C’est le message que veulent donner plus de 1.000 médecins hospitaliers, dont quelque 600 chefs de service, ont « démissionné collectivement » de leurs fonctions administratives. Ils demandent que la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, engage des « négociations » sur le budget et les salaires de l'hôpital. « L'hôpital doit être réformé, mais il n'y a pas de grande réforme possible sans moyens », selon les signataires de cette lettre publiée par Libération. Ils dénoncent « l'insuffisance du plan d'urgence ».

Interpellée lors des questions d’actualité au gouvernement à l’Assemblée, Agnès Buzyn a assuré avoir répondu au malaise. « Je voudrais qu’on explique aux Français que 1,5 milliard d’investissement dans l’hôpital public et une reprise de dette de 10 milliards d’euros, ce qui va dégager un milliard d’euros par an pour investir, s’appelle un plan d’économie » a lancé la ministre en réponse aux attaques de la gauche. La ministre de la Santé recevra « le collectif en fin de semaine » assure-t-elle. « Je vais leur expliquer à quel point aujourd’hui les mesures proposées répondent exactement aux enjeux qu’ils ont pointé : revalorisation du personnel, investissement dans l’hôpital public ». Regardez :

Démission collective de médecins : Agnès Buzyn recevra le collectif en fin de semaine
01:29

« S’ils m’avaient demandé si je cosignais la tribune, j’aurais cosigné »

Au Sénat, les médecins reçoivent le soutien d’Alain Milon, président LR de la commission des affaires sociales. « S’ils m’avaient demandé si je cosignais la tribune, j’aurais cosigné » réagit auprès de publicsenat.fr le sénateur du Vaucluse. « Les mesures proposées ne sont pas à la hauteur du problème. L’hôpital souffre depuis plusieurs années, antérieurement à l’équipe Macron, de budgets qui ne sont pas à la hauteur des besoins. Et ce qu’on leur propose ne correspond en rien aux besoins réels des hôpitaux. Il n’y a pas une vraie prise de conscience du sujet » selon le sénateur LR, médecin de profession.

Alain Milon souligne que « le plan prévoit 1,5 milliard d’euros sur 3 ans, alors qu’on demande aux hôpitaux de faire un effort de 800 millions d’euros par an en même temps (dans le budget de la Sécu, ndlr), soit 2,4 milliards d’euros sur 3 ans. Le compte n’y est pas ».

« Ce n’est pas très nouveau »

Jean-Marie Vanlerenberghe, rapporteur général du budget de la Sécurité sociale, est lui plus mesuré et reste prudent. « Il s’agit de quelques médecins hospitaliers. Vous avez Marseille et Paris, si vous regardez bien » souligne le sénateur Modem du Pas-de-Calais. « Ils veulent protester contre le manque de moyens, ce n’est pas très nouveau. C’est variable, vous avez des services d’urgence qui marchent bien, d’autres pas. Il faut peut-être s’interroger sur la qualité du fonctionnement de l’hôpital, globalement » note le rapporteur de la commission des affaires sociales.

« Il aurait fallu mettre plus de moyens » ajoute cependant Jean-Marie Vanlerenberghe, qui « pense que si on avait compensé intégralement les heures supplémentaires à la Sécu, ça donnait un milliard et quelques. Cela permettait de donner tout de suite ce milliard à l’hôpital, au lieu de le fractionner sur trois ans ».

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