Hôpital : Macron s’engage et promet de répondre à «l’urgence» avec «un investissement plus fort»
Face à la crise de l’hôpital, Emmanuel Macron promet un nouveau plan, mais il faudra attendre la semaine prochaine pour les détails. Sa prise de parole le jour de la manifestation montre aussi l’inquiétude de l’exécutif, confronté à la multiplication des fronts sociaux.

Hôpital : Macron s’engage et promet de répondre à «l’urgence» avec «un investissement plus fort»

Face à la crise de l’hôpital, Emmanuel Macron promet un nouveau plan, mais il faudra attendre la semaine prochaine pour les détails. Sa prise de parole le jour de la manifestation montre aussi l’inquiétude de l’exécutif, confronté à la multiplication des fronts sociaux.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Il veut répondre à l’urgence. Mais ça attendra une semaine. Alors que les soignants sont dans la rue face à la crise de moyens que connaît l’hôpital public, Emmanuel Macron a décidé de prendre la parole « de façon solennelle ». Le chef de l’Etat veut « répondre très concrètement à l’urgence à laquelle nous faisons face » à l’hôpital public, a-t-il dit depuis Epernay (Marne), assurant avoir « entendu la colère et l'indignation ». Reconnaissant que « le plan mis en œuvre (par le gouvernement) ne va pas assez vite », il défend néanmoins les mesures prises, il y a un an, et le premier plan pour les urgences, d’un montant de 750 millions d’euros, présenté à la rentrée par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Mais aujourd’hui, ce n’est pas assez.

« Un plan conséquent »

Une nouvelle salve de mesures va donc être annoncée. Mais il faudra attendre… la semaine prochaine. « J’ai demandé au gouvernement, à la ministre de la Santé, de travailler avec vigueur pour un plan d’action renforcé et des décisions fortes seront annoncées par le premier ministre mercredi prochain, après le Conseil des ministres » a annoncé le chef de l’Etat. A Edouard Philippe de « donner les montants, l’ampleur, les modalités techniques et le calendrier. Ce sera un plan conséquent, qui engagera jusqu’à la fin du quinquennat ».

 Il faut assumer à court terme un investissement plus fort, plus massif, pour notre santé » a insisté Emmanuel Macron, sans donner de chiffre. Il évoque la possibilité de « recruter », une demande des manifestants, ou « d’investir dans l’outil de travail ». Il souhaite un « budget sur plusieurs années », qui « permettra aussi d’accélérer les réorganisations qui ont commencé et qui sont nécessaires ». Pas sûr que ce dernier point plaise à tous les manifestants.

Macron cherche à éteindre la colère alors que les fronts sociaux se multiplient

Des annonces qui viendront mercredi, soit le lendemain du vote du budget de la Sécu, et donc de l’hôpital, par les sénateurs… qui apprécient peu et le font savoir. Apprenant la nouvelle, ils ont suspendu la séance cet après-midi. Fait rare, ils se sont montrés solidaires des manifestants, en recevant ce mercredi, en commission des affaires sociales, une délégation du collectif inter-hôpitaux.

La politique est aussi une affaire de timing. Et Emmanuel Macron, en prenant la parole le jour même d’une manifestation, montre un changement d’attitude qu’on ne connaissait pas chez un Président qui se refuse, habituellement, à répondre sous la pression. Il cherche ainsi à éteindre la colère des soignants, alors que les fronts sociaux se multiplient, quasi-pile un an après le commencement de la crise des gilets jaunes. L’exécutif sait bien qu’il n’est pas à l’abri d’un nouvel embrasement social. Les braises sont encore chaudes et les étincelles sont partout.

Partager cet article

Dans la même thématique

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le

Macron Sénat 3 ok
14min

Politique

[Série 3/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : lors du second quinquennat, « le Sénat est un peu le roi du pétrole »

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffements, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après sa réélection historique en 2022, Emmanuel Macron n’a qu’une majorité relative, l’obligeant à composer avec les LR pour obtenir des majorités. Le Sénat y trouvera son intérêt et un pouvoir d’influence. Après la dissolution manquée en 2024, la droite entre au gouvernement et fait partie de la majorité. L’opposant d’hier se retrouve aux côtés des macronistes, tout en gardant ses distances.

Le

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le