Hôpital public : « Les conditions de travail sont très dures » reconnaît Martin Hirsch
Ce matin, la commission des affaires sociales du Sénat auditionnait Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), dans le cadre de la future loi santé et organisation de la protection sociale.

Hôpital public : « Les conditions de travail sont très dures » reconnaît Martin Hirsch

Ce matin, la commission des affaires sociales du Sénat auditionnait Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), dans le cadre de la future loi santé et organisation de la protection sociale.
Public Sénat

Par Marion D'Hondt

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Martin Hirsch dresse un bilan de la situation de l’AP-HP. Cette structure, qui concentre 10 % des lits d’hospitalisation en France, fait face à d’énormes enjeux. Le premier est l’attractivité face au privé. Mais aussi la gestion interne, dans le cadre d’une réforme des process. La loi santé devrait, dans ce cadre, permettre de décloisonner médecine de ville et hôpital.

Martin Hirsch est aussi revenu sur les salaires des infirmiers, trop mal payés. Il parle des masseurs kinésithérapeutes, obligés de se mettre en libéral pour gagner leur vie. Enfin, sur la rémunération de l’hôpital, les procédures sont trop longues, il faut vérifier sans cesse la sécurité sociale, la complémentaire et le reste à charge. Cela entraîne trop d’impayés.

L’AP-HP est en déficit, à hauteur de 200 millions d’euros. Le président en est conscient. Il prévoit donc une stabilité de la masse salariale pendant cinq ans ainsi qu’une réorganisation des activités et des services. Pour lui, on a intérêt à avoir des grands centres plutôt que de la dispersion.

Sur la rumeur d’une demande de démission, il met les choses au clair. Il n’a jamais été question de sa démission, mais qu’il aille « pousser un coup de gueule à France Inter. » La durée du mandat des directeurs de l’AP-HP est trop courte, en moyenne 3 ans et 8 mois, ce qui pénalise la structure.

Martin Hirsch n’est pas naïf, il reconnaît que « les conditions de travail à l’hôpital sont très dures. » Il met en avant les résultats de la réforme du temps de travail qui a réduit l’absentéisme, amélioré le cadre de vie et réduit les maladies nosocomiales.

À propos de la transition digitale, il déplore la saturation des investissements. L’AP-HP peut investir 60 millions d’euros par an quand il en faudrait 80 millions. Il concède que la digitalisation laisse des personnes de côté, mais quand seulement un appel sur cinq aboutit à l’AP-HP, la situation ne peut que s’améliorer.

Interrogé sur le sexisme dans le milieu médical, il reconnaît le problème. Il était intervenu à la radio lors de #Metoo pour mettre fin aux traditions et autres coutumes qui gangrènent la profession. Il s’était alors fait traiter de « gros con » par un confrère médecin, pour qui la grivoiserie n’est qu’un rite de passage en médecine.

À propos de l’ouverture de l’hôpital sur l’extérieur, il précise que la chaire de philosophie existe toujours et que des centres d’éthique sont mis en place. Il revient sur sa définition du médecin heureux qui est, selon lui, celui qui s’entend bien avec son équipe. Or, à l’heure actuelle, « les conditions ne sont pas réunies. »

Il conclut enfin en laissant toute latitude à Agnès Buzyn, ministre de la Santé, qui a « une approche pragmatique et connaît bien les sujets. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Blois: Socialist Party figure at the Socialist Party summer camp
4min

Politique

Sénatoriales : après l’aval des socialistes en Seine-Maritime, l’accord national PS-Ecologistes n’est plus menacé

L’accord national entre les socialistes et les écologistes pour les sénatoriales a failli partir à vau-l’eau. Les réticences de la fédération PS de Seine-Maritime pour céder la deuxième place à une écologiste ont entraîné un bras de fer entre Verts et Roses. Bras de fer qui s’est soldé par un retour au calme et un gentlemen’s agreement entre les deux parties.

Le

Paris : Sarah Knafo – Meeting au Dome de Paris
8min

Politique

Présidentielle : Sarah Knafo, une campagne peut en cacher une autre

À quelques mois de la présidentielle de 2027, Sarah Knafo s’impose comme l’un des visages les plus en vue de Reconquête !. Omniprésente dans les médias, en librairie le 2 septembre avec « Le Casse du siècle », l’eurodéputée de 33 ans assure pourtant qu’Éric Zemmour reste le « candidat naturel » du parti. Une complémentarité revendiquée entre les deux, mais qui nourrit inévitablement une question, derrière la campagne de Éric Zemmour, Sarah Knafo prépare-t-elle aussi la sienne ?

Le

Bapteme du grand amphitheatre du ministere des Armees du nom de Pierre Messmer.
4min

Politique

Mort d’Édouard Balladur : « Serviteur exigeant de la France » pour Emmanuel Macron, « un mentor », salue Nicolas Sarkozy

L’ancien Premier ministre Édouard Balladur, rival honni de Jacques Chirac lors de la campagne présidentielle de 1995, est décédé, lundi soir, à l’âge de 97 ans. « Un serviteur exigeant » pour la France », a salué Emmanuel Macron. « Un exemple, un mentor et un ami », pour Nicolas Sarkozy. De nombreux hommages lui ont été rendus de la part des responsables politiques.

Le