L'humanité doit faire "la paix" avec la nature et la France doit montrer la voie pour stopper l'effondrement de la biodiversité qui menace notre...
Hulot veut que la France montre l’exemple pour faire « la paix » avec la nature
L'humanité doit faire "la paix" avec la nature et la France doit montrer la voie pour stopper l'effondrement de la biodiversité qui menace notre...
Par Francois BECKER, Amélie BOTTOLLIER-DEPOIS
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L'humanité doit faire "la paix" avec la nature et la France doit montrer la voie pour stopper l'effondrement de la biodiversité qui menace notre survie, a plaidé vendredi Nicolas Hulot en lançant ses premières pistes en la matière.
Nature empoisonnée, sols bétonnés, hécatombe d'abeilles ou d'oiseaux... Le ministre de la Transition écologique veut hisser la question de la biodiversité au même plan que celle du climat, et souligne que le combat pour l'un n'ira pas sans l'autre.
"La société française doit maintenant être une société qui prend soin de la nature. La nature a besoin qu'on lui déclare la paix", a déclaré l'ancien militant lors d'un discours prononcé à Marseille.
Il a choisi la cité phocéenne pour lancer sa stratégie nationale de mobilisation pour la biodiversité, qui doit aboutir en juillet à un plan interministériel pour protéger un patrimoine français particulièrement riche, avec plus de 16.500 espèces endémiques (à 80% en outre-mer).
Alors que la disparition d'espèces animales s'accélère et met en péril l'humanité, "l'heure de vérité" a sonné, et la France doit rentrer dans une démarche de réparation de la nature, a poursuivi M. Hulot, très attendu par les associations de défense de l'environnement sur ce sujet.
- "Des réparateurs du vivant" -
Comme pour la fin des moteurs thermiques, programmée pour 2040, M. Hulot a fixé un objectif de long terme, "que nous soyons capables (...) à l'horizon 2030 de ne plus contribuer à détruire la nature, mais de devenir des réparateurs de vivant".
Si l'humanité vivait comme les Français, elle aurait consommé dès le 5 mai 2018 l'ensemble des ressources que la planète peut renouveler en un an, selon WWF
AFP
"Il faut voir grand, ce n'est pas une question d'ambition, c'est une question de survie", a-t-il ajouté, en lançant une consultation publique, ouverte sur internet jusqu'au 7 juin (www.consultation-plan-biodiversite.gouv.fr).
Les détails du plan seront fixés lors d'un comité interministériel, façon de montrer que tous les ministres sont concernés par l'impératif de protection de la nature.
Dans le détail, M. Hulot souhaite favoriser le retour de la nature dans la ville, "dans un monde où le virtuel s'est substitué au réel". Il fixe également un objectif "zéro artificialisation nette des sols", en arrêtant "rapidement (notre) consommation insoutenable des terres agricoles".
L'artificialisation des sols a fait perdre depuis 2006 à l'agriculture et aux milieux naturels une surface équivalente au département de la Seine-et-Marne, selon l'Observatoire national de la biodiversité.
- Loin des spéculations -
Le ministre veut aussi "mobiliser les acteurs économiques, dont nous avons absolument besoin pour protéger la biodiversité", y compris via des modifications de la Politique agricole commune.
La France va aussi "protéger les espaces et les espèces" en créant "de nouvelles aires et réserves naturelles, ou en les agrandissant "le plus possible". Sans attendre ce plan, Nicolas Hulot s'est déjà penché depuis un an au chevet de deux espèces emblématiques : le loup et l'ours.
"Nous nous réjouissons que notre pays prenne ses responsabilités car il est impératif de mettre fin à la disparition du vivant sur notre planète", a réagi le directeur général du WWF France, Pascal Canfin, dans un communiqué, estimant que la France se positionnait ainsi "comme un leader mondial en matière de biodiversité".
Tout en saluant la "volonté politique du gouvernement en faveur de la lutte contre l'érosion de la biodiversité", l'association Humanité et Biodiversité a mis en garde: "Ce plan devra être ambitieux".
Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot visite les îles du Frioul à Marseille, le 18 mai 2018
AFP
Le ministre a également présenté un "calendrier diplomatique international qui va jalonner les trois prochaines années" en France : réunion au printemps 2019 de la séance plénière de l'IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les systèmes écosystémiques), G7 dont l'un des sujets principaux sera la biodiversité, et réunion à Marseille du Congrès mondial de la nature en 2020. Une réunion majeure de l'ONU est prévue la même année en Chine.
Son déplacement à Marseille a également été pour M. Hulot l'occasion de renouer avec son image d'amoureux de la nature, humant une plante rare ou allant à la rencontre d'écoliers dans une crique, lors d'une sortie dans le Parc national des Calanques.
Une séquence ensoleillée, bien loin des spéculations sur son avenir au gouvernement, qu'il a lui-même contribué à relancer en annonçant qu'il ferait le point cet été sur sa capacité à mettre en place la "transformation sociétale" qu'il souhaite.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.