Surpoids ou obésité ? Difficile d’établir une distinction claire. Le spécialiste Serge Hercberg clarifie la différence : « Le surpoids correspond à une accumulation de graisse dans l’organisme. Ça peut se traduire simplement par une augmentation du poids par rapport à la taille. Si l’accumulation de graisse continue, on arrive à un état d’obésité. Pour caractériser le surpoids et l’obésité, on utilise un indicateur qui est le rapport du poids sur la talle au carré, un indice de masse corporelle, l’IMC, qui permet à chacun de se situer soit dans l’état normal, soit dans le surpoids, soit [dans] l’obésité qui a différentes classes : l’obésité modérée, sévère et même morbide ».
L’obésité, une maladie révélatrice des fractures sociales
Aujourd’hui pourtant, l’obésité peine à être reconnue comme « maladie » dans les politiques de santé publique, constituant de facto un obstacle à sa prévention et à son traitement. Pour Brigitte Devésa, « c’est une maladie chronique c’est-à-dire qu’elle va s’amplifier dans le temps en apportant notamment des problèmes différents, que ce soit le diabète, le cancer, des problèmes au niveau du corps, des os. » La sénatrice appelle à « prendre en compte » ce problème, sans toutefois « culpabiliser ces personnes qui sont en situation d‘obésité et de surpoids ».
Mais cette accumulation de graisse dans l’organisme est aussi un marqueur des inégalités sociales. En France, 75% des enfants en surpoids appartiennent au milieu populaire. La faute à une alimentation de qualité devenue inaccessible : « Il faut aussi pouvoir acheter 5 fruits et légumes par jour, il faut pouvoir acheter du poisson, de la viande fraîche et tout cela à un coût que malheureusement les personnes en situation de précarité ne peuvent pas [couvrir]. C‘est là où l’Etat doit prendre le relais pour venir en aide à ses personnes qui sont en grande difficulté », estime la sénatrice du groupe Union centriste.
Pour Serge Hercberg, « malheureusement les produits industriels, souvent ultra transformés, sont plus économiques, plus pratiques, et flattent l’appétence [car] il y a un marketing qui est fait autour pour pousser à la consommation ».
Les solutions existantes sont-elles suffisantes ?
Pour éviter la consommation à la valeur nutritive pauvre, plusieurs dispositifs existent comme la loi Egalim, adoptée en 2018, améliorant en partie les repas des cantines scolaires. Selon Brigitte Devésa, « les collectivités ont pris conscience que bien souvent, dans les collèges comme dans les écoles primaires, c’était le seul repas équilibré finalement que certains allaient prendre ». Une mesure impactant 8 millions d’élèves inscrits en demi-pension dans leur établissement. Mais l’élue des Bouches-du-Rhône, veut aller plus loin en interdisant les fast-foods à proximités des écoles : « Il faut qu’autour des écoles, on n’ait pas de MacDo et de kebab. »
De son côté, le nutritionniste Serge Hercberg appelle à la vigilance des consommateurs et souhaite que le nutri-score soit étendu à tous les produits : « Il faudrait le rendre obligatoire pour espérer cette fois que les consommateurs puissent avoir accès, sur l’ensemble des aliments, à une transparence sur leurs compositions. C’est un droit des consommateurs, un devoir des industriels […] Le deuxième objectif du nutri-score c’est aussi de pousser les industriels à reformuler leurs produits, on peut retirer un peu de gras, un peu de sucre, un peu de sel […], ça a été fait par beaucoup d’industriels. »
L’émission est à retrouver en intégralité ici.
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