« Il faut que l’État réquisitionne les entreprises » affirme Fabien Roussel
Le secrétaire national du Parti Communiste, Fabien Roussel appelle à la mobilisation du tissu économique pour répondre aux besoins en matériels médicaux. Pour Fabien Roussel, l’État doit pouvoir réquisitionner les entreprises. Il répond aux questions d’Oriane Mancini.

« Il faut que l’État réquisitionne les entreprises » affirme Fabien Roussel

Le secrétaire national du Parti Communiste, Fabien Roussel appelle à la mobilisation du tissu économique pour répondre aux besoins en matériels médicaux. Pour Fabien Roussel, l’État doit pouvoir réquisitionner les entreprises. Il répond aux questions d’Oriane Mancini.
Public Sénat

Par Oriane Mancini

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Édouard Philippe :

« Le Premier ministre se rend disponible pour répondre aux parlementaires et aux Français et c’est une bonne chose. Cet échange est important. Ce jeudi, c’était la 4ème fois qu’il nous réunissait en un mois et c’est la 4ème fois que nous alertons sur la pénurie de matériel médical sans que cela ne change véritablement sur le terrain. Ce n’est pas une affaire politicienne, il est urgent qu’il entende et que le gouvernement sache répondre à ce besoin. Ça arrive, ça arrive, ce n’est pas une réponse ! Nous avons proposé que soit créé un ministère dédié à cette question, une sorte de commissaire au plan. Ça a déjà été fait en période de guerre. Il faut demander aux entreprises de gré ou de force qu’elles produisent jour et nuit ce dont nous avons besoin !

Nous bricolons alors qu’il faudrait une véritable commande de l’État quitte à réquisitionner les entreprises. Il ne faut pas attendre qu’elles se manifestent. Il faut leur fixer des objectifs en nombre et en temps. On parle de fin avril-début mai mais c’est maintenant que nous avons besoin de masques ou d’appareils respiratoires. Nous avons besoin d’une production à l’échelle nationale et européenne. L’Union européenne devrait servir à cela et organiser une coopération entre les États membres. Nous devrions être tous solidaires. »

 

Relocalisation et nationalisation :

« L’État doit être en capacité de produire en France ce qui est essentiel au pays. Les paroles d’Emmanuel Macron sont belles, il découvre les bienfaits des services publics et des relocalisations mais il faut que cela se traduise dans les faits et que la France retrouve de la souveraineté économique. Nous avons par exemple demandé que l’État entre au capital de deux entreprises. L’usine FAMAR à Lyon qui fabrique un médicament essentiel et celle de LUXFER à Clermont-Ferrand qui fabrique des bouteilles d’oxygène. Ces deux entreprises sont en redressement judiciaire. LUXFER est à l’arrêt et Bruno Le Maire nous a répondu que ça ne servait à rien de nationaliser parce que les salariés ne peuvent retravailler. C’est faux ! Les salariés sont prêts à reprendre le travail. Pour FAMAR, il faut un repreneur ! C’est possible et nous attendons une réponse de Bruno Le Maire. Nous voulons un repreneur français ou que l’État intervienne directement dans le capital. C’est ça aussi l’indépendance nationale. »

 

Situation dans les EHPAD :

« Nous avons des craintes parce que le matériel médical n’arrive toujours pas ou pas partout. Il faut des masques, des blouses et des tests. C’est urgentissime. Si on veut pouvoir confiner les personnels avec les pensionnaires, il faut pouvoir les tester. C’est pour ça que parfois, il y a de la colère qui s’exprime. Ce n’est pas rompre l’unité nationale que d’alerter et cela fait longtemps que nous le faisons et je ne comprends pas que ce ne soit pas plus entendu. »

 

La Poste :

« Je regrette que La Poste ne réponde pas à sa mission de service public. Nous avons un service public de santé qui montre l’exemple. Malgré les difficultés, les personnels soignants répondent aux attentes, ce sont tous des héros. La direction de La Poste doit mettre en place les conditions de sécurité pour faire fonctionner ce service public tous les jours. Nous sommes en début de mois, beaucoup de gens ont besoin d’avoir accès à un bureau de poste pour retirer de l’argent, leurs allocations. Il va y avoir de grandes difficultés pour de nombreuses familles. La Poste doit créer les conditions d’un bon accès à ses services tout en protégeant ses salariés. »

 

Le report des municipales :

«Il reste 5000 communes sans maire aujourd’hui. Si le scrutin peut se faire en juin selon les directives du conseil scientifique alors faisons-le. Si les conditions ne sont pas réunies, alors décalons-le en octobre. Dans ce cas, il faudrait faire jouer les 2 tours. Il y a une autre urgence, c’est celle d’installer les conseils municipaux à l’issue de ce confinement pour les autres communes. On en a besoin pour organiser la vie dans ces communes. Ces élus sont en première ligne. »

 

La régularisation des sans-papiers :

« Nous n’avons pas eu de réponse du Premier ministre sur cette demande. Elle fait partie des 50 propositions formulées par le PCF et présentées hier. Ces sans-papiers vivaient déjà dans des conditions très précaires. Aujourd’hui ils n’ont plus d’activité. Il faut pouvoir les protéger comme tous les Français et c’est pourquoi nous demandons leur régularisation. »

 

Le pouvoir de contrôle du Parlement :

« Il y aura une commission d’enquête à l’issue de cette crise. Il faut en tirer les enseignements et faire la lumière sur ce qui a fonctionné ou non. Mais ce qui me préoccupe c’est l’après. C’est le plan de relance que nous allons faire en France pour relancer l’économie. Nous ne voulons pas revivre la situation de 2008. Pour nous, l’exécutif nous prépare une nouvelle cure d’austérité. Au contraire, il faudra un plan de relance massif. Nous voulons des embauches et investissements massifs. »

 

Pendant toute la période du confinement, retrouvez chaque jour de semaine à midi notre interview politique, en ligne sur publicsenat.fr et notre chaîne YouTube.

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