« Il faut un vrai changement au Parti socialiste » : Carole Delga met la pression sur Olivier Faure

Invitée de notre matinale, la présidente de la région Occitanie a appelé Olivier Faure à « tirer les conséquences en responsabilité » de la séquence qui a suivi les élections municipales. L’opposante interne au Premier secrétaire soutient pour le moment Raphaël Glucksmann dans le cadre de la prochaine présidentielle.
Louis Mollier-Sabet

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Après un bureau national électrique qui a suivi les élections municipales, la direction d’Olivier Faure est remise en cause par ses opposants internes. Sous pression du président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud, le Premier secrétaire mise sur un vote des militants « avant juin » sur le « processus présidentiel » (voir notre article). Carole Delga, membre du courant de Nicolas Mayer-Rossignol qui s’oppose depuis plusieurs années à la direction fauriste, a regretté des « déclarations préjudiciables » du Premier secrétaire du parti socialiste dans l’entre deux tours des municipales.

« On ne peut pas donner cette image d’un parti qui s’achète à la découpe »

La présidente de la région Occitanie déplore que son parti ait « donné l’image d’un parti qui se vendait en fonction d’accords électoraux », en mettant notamment en cause les accords avec la France Insoumise. « On ne peut pas donner cette image d’un parti qui s’achète à la découpe. Il faut de la droiture, la clarté ça donne de la force », a ajouté Carole Delga, en affirmant que les Français avaient « sanctionné » le Parti socialiste au second tour des élections municipales, « parce qu’ils en ont ras le bol des magouilles. »

Et la présidente de Régions de France d’en tirer la conclusion qu’Olivier Faure doit quitter la direction du PS : « Il faut que nous ayons un vrai changement au Parti socialiste. Nous sommes dans un débat en interne. Une ligne claire avait été approuvée par le Bureau national : aucune union avec LFI. Le Premier secrétaire n’a pas respecté ce vote et il doit en tirer les conséquences en responsabilité. »

« Je suis républicaine, contre le communautarisme et européenne, cela fait beaucoup de différences avec LFI »

Carole Delga fait partie de celles et ceux, au Parti Socialiste, qui n’ont jamais soutenu les unions avec LFI, ni en 2022 (Nupes), ni en 2024 (NFP), ni aux dernières élections municipales, donc. « J’ai un désaccord maintenant depuis 4 ans. Ce sont des positions qui affaiblissent les valeurs socialistes », précise-t-elle en rappelant qu’elle n’a pas donné de consigne de vote au second tour des élections municipales à Toulouse, qui opposait Jean-Luc Moudenc (DVD) à François Piquemal (LFI), qui avait fusionné avec la liste du Parti socialiste arrivée en troisième position.

« Il était nécessaire d’avoir beaucoup de clarté dès le départ, j’ai soutenu le candidat socialiste d’union de la gauche jusqu’au soir du 1er tour. Chacun sait que pour moi, l’alliance avec LFI n’est pas souhaitable parce que nous n’avons pas la même vision pour le pays. Nous voulons des Français rassemblés et pas une fracturation perpétuelle. Sur Toulouse il y avait un besoin de changement, pour autant je n’approuverais jamais d’alliance avec LFI. Je suis républicaine, laïque – contre le communautarisme – et européenne, cela fait beaucoup de différences », a détaillé la présidente de la région Occitanie.

Pour la prochaine présidentielle, Carole Delga estime « qu’il y a assez de candidats à gauche » et qu’il faut maintenant « se mettre autour de la table » pour faire émerger une personnalité. « Raphaël Glucksmann pourrait porter cette vision d’une France plus européenne, avec plus de justice sociale, et qui retrouve sa puissance au niveau industriel ou énergétique », a-t-elle poursuivi.

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