« Il n’y a pas de stratégie de rechange », prévient Gilles Simeoni
La venue d’Emmanuel Macron sur l’île de beauté est très attendue. Invité de Territoires d’Infos, le leader autonomiste corse prévient, les revendications formulées ne pourraient souffrir d’une fin de non-recevoir. Et en même temps, Gilles Simeoni ouvre la porte aux discussions.

« Il n’y a pas de stratégie de rechange », prévient Gilles Simeoni

La venue d’Emmanuel Macron sur l’île de beauté est très attendue. Invité de Territoires d’Infos, le leader autonomiste corse prévient, les revendications formulées ne pourraient souffrir d’une fin de non-recevoir. Et en même temps, Gilles Simeoni ouvre la porte aux discussions.
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le président du conseil exécutif corse abat ses cartes. À quelques heures de l’arrivée du chef de l’État sur l’île de beauté, il prévient : « Il n’y a pas de stratégie alternative ». Inscription de la spécificité corse dans la Constitution, instauration d’un statut de résidence, co-officialité de la langue corse… Les revendications du leader autonomiste sont claires.

« Si nous nous perdons, ce sera aussi l’échec de la démocratie et ce sera forcément derrière l’échec de l’État et de la République »

« Aujourd’hui il n’y a pas de stratégie alternative, il n’y a pas de stratégie de rechange, les forces politiques qui aujourd’hui combattent les nationalistes n’ont pas la ressource, la vision, le soutien populaire indispensable pour réussir là où nous, nous pouvons réussir », avertit Gilles Simeoni. Et de prévenir, « si nous nous perdons, ce sera aussi l’échec de la démocratie et ce sera forcément derrière, l’échec de l’État et de la République ».  

Lire aussi. Hommage au préfet Érignac : « Ces 20 ans doivent permettre d’être dans une logique de réconciliation », affirme Gilles Simeoni.

Le président du conseil exécutif corse estime que « les heures qui s’annoncent sont décisives pour la Corse et pour l’État ». Les dirigeants corses se sont préalablement entretenus avec le Premier ministre, le président du Sénat et la ministre en charge du dossier corse. À l’issue de ces entretiens, les leaders corses avaient dénoncé une fin de non-recevoir (lire notre article).

Une manifestation aux airs de démonstration de force s’est tenue ce week-end. En outre, l'Assemblée de Corse a voté une résolution instaurant une forme de statut de résident. Le texte, qui sera sûrement retoqué, conditionne le droit à la propriété à une résidence permanente d'au moins 5 ans. Une manière de lutter contre la spéculation immobilière qui sévit sur l'île de beauté.  

« Il ne faut pas manquer le rendez-vous d’aujourd’hui (…) la balle est dans le camp du président de la République »

L’indépendantiste Jean-Guy Talamoni et l’autonomiste Gilles Simeoni rencontreront Emmanuel Macron ce soir à 20 heures. « Il ne faut pas manquer le rendez-vous d’aujourd’hui (…) la balle est dans le camp du président de la République », prévient Gilles Simeoni.

« On défend des solutions parce qu’on pense qu’elles sont les meilleures », plaide Gilles Simeoni
01:41

« Nous, on pose des principes et on défend des solutions parce qu’on pense qu’elles sont les meilleures : statut de résident pour le foncier, statut de co-officialité pour la langue, amnistie pour les prisonniers politiques », déroule l’autonomiste corse qui insiste sur sa disposition au dialogue. « Acceptons de le mettre dans le champ du dialogue », plaide-t-il. Gilles Simeoni esquisse même des alternatives : si « l’amnistie des prisonniers n’est pas possible, rapprochons-les (géographiquement NDLR) ».    

Le préalable à une partie des revendications est l’inscription de la spécificité corse dans la Constitution. « Il ne s’agit de faire une exception corse, ça existe déjà pour beaucoup de territoires qui sont cités expressément » dans la Constitution, tempère Gilles Simeoni. L’avocat de formation précise également que cette inscription, selon lui, devrait passer « par l’article 74 de la Constitution qui est celui qui ouvre le spectre le plus large » et suggère de « ne pas rester dans l’article 72, qui est en fait l’article de droit commun, qui ne correspond pas aux intérêts de la Corse ».

Plus conciliant que son allié indépendantiste, Jean-Guy Talamoni, le président du conseil exécutif corse rappelle sa volonté de tracer « un chemin de paix et d’espoir ».        

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le